Vainqueur par K.O. d’une droite à terre…

Hollande est décidément très fort. Au plus bas dans les sondages, comme jamais aucun président ne l’avait été avant lui, il réussit une sortie incroyable en ouvrant les portes du palais de l’Elysée à l’un de ses plus fidèles amis. Contraint et forcé sans doute mais impérial dans la stratégie menée depuis sa décision de ne pas briguer un nouveau quinquennat. Du grand art. Machiavélique sans doute mais tellement mené de mains de maître !
Le jeune Macron, révélé par Jacques Attali, coaché par Jean-Pierre Jouyet, dressé par Hollande, réalise le parcours sans faute du fils spirituel attiré par la Lumière. Sans mandat, sans parti, sans armée, il réussit la prouesse en quelques mois d’inverser la tendance avec un mouvement « En marche » et 400.000 soldats improbables prêts à en découdre…
On connait le résultat. Seul devant la pyramide du Louvre, dans une posture très mitterrandienne, pour saluer ses supporters, sur fond d’Hymne à la joie, plus royal que Royal ! Moins socialiste aussi.

Inspecteur des Finances, Emmanuel Macron est le 4e énarque à diriger l’Etat après Giscard, Chirac et Hollande. Pompidou,
Mitterrand et Sarkozy appartenaient à une autre monde.
L’ancien secrétaire général adjoint de l’Elysée qui peaufina le programme économique de l’ancien président de la Corrèze et qui rêvait de Bercy, y séjourna quelque temps avant de démissionner pour faire cavalier seul.
L’obstination de François Fillon et les atermoiements des Républicains depuis les stupides Primaires de la droite et du centre ont certainement aidé l’homme en marche à gravir les échelons vers les plus hauts sommets…
A 39 ans, cet ancien banquier privé, casse tous les codes et brouille les cartes. Il est apparu quasiment comme un libéral quand Marine Le Pen, déstabilisée, jouait lors du débat final les femmes de gauche…
Désireux d’asseoir son pouvoir rapidement, il entend composer avec ses adversaires pour gouverner. Ces derniers, sans grande retenue, ont d’ailleurs multiplié les propositions de collaboration. De Lemaire à Estrosi, des contorsions peu louables!
Maintenant à Emmanuel Macron de faire ses preuves. Mondialiste, européen et progressiste ( son programme ), il aime les entreprises et leur capacité à créer de l’emploi. C’est un atout. Incontestable.
On verra avec la désignation de son Premier ministre et de son gouvernement, s’il est un homme de parole. L’ambition du renouveau est proclamée. Haut et fort.
Elle s’incarnera vite dans une nouvelle manière de faire de la politique ou dans le moule rigide et désuet des pires habitudes et des petits certitudes!
Alors, comme l’on dit, attendons de voir. Coincé entre une extrême gauche ravivée et une extrême droite consolidée, le plus jeune Chef d’Etat de la République Française qui vint au Puy du Fou, l’été dernier, confesser qu’il n’était pas socialiste trace sa route…
Elle sera difficile et parsemée d’embûches mais elle sera aussi ambitieuse et libre. C’est ce parcours là que les Français jugeront.
Pour ne pas avoir à dire un jour, déçus, avec André Gide, que l’amertume est in fine une ferveur retombée…

 

 

 

 

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