--- title: "À Pornichet, la vie sans électricité : trois jours de bougies, d'absence de douche et de chauffage" url: https://www.nouvelouest.com/a-pornichet-la-vie-sans-electricite-trois-jours-de-bougies-dabsence-de-douche-et-de-chauffage.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-11-28T07:31:59+01:00 date_modified: 2026-09-10T08:01:26+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Trois jours sans électricité à Pornichet fin novembre 2024, ce n'est pas d'abord une histoire de bougies. C'est une succession de pannes en cascade, dans un ordre..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # À Pornichet, la vie sans électricité : trois jours de bougies, d'absence de douche et de chauffage Trois jours sans électricité à Pornichet fin novembre 2024, ce n'est pas d'abord une histoire de bougies. C'est une succession de pannes en cascade, dans un ordre assez prévisible, que la plupart des gens découvrent au fur et à mesure : le chauffage part avant la lumière, la douche part avant le frigo, et le téléphone tient plus longtemps que la box internet. Voici ce qui lâche, quand, et ce qu'on peut faire à chaque étape. **L'ordre des pertes** Minute zéro : lumière, plaques, box internet. Heure une : le chauffage, y compris au gaz, parce que la chaudière a besoin de courant pour s'allumer et faire tourner son circulateur. Heure quatre à six : l'eau chaude sanitaire du ballon est épuisée. Heure quarante-huit : le congélateur commence à céder. ## La chaudière au gaz s'arrête aussi, et c'est la mauvaise surprise Beaucoup de foyers pensent être protégés parce qu'ils se chauffent au gaz. Sur une **chaudière murale** moderne, l'allumage est électronique, la pompe qui pousse l'eau dans les radiateurs est électrique, et le thermostat aussi. Sans courant, l'installation reste muette. Seuls les poêles à bois, les inserts et les vieux appareils à allumage manuel continuent de fonctionner. Dans une maison de bord de mer en novembre, avec une température extérieure autour de 8 à 10 degrés et du vent d'ouest, la température intérieure perd grossièrement un degré toutes les trois à cinq heures selon l'isolation. Au bout de deux jours, un logement mal isolé descend vers 13 ou 14 degrés. C'est vivable, c'est désagréable, et ça devient un vrai problème pour un nourrisson ou une personne âgée. **Le réflexe qui tue chaque hiver** Ne jamais faire fonctionner un barbecue, un brasero ou un groupe électrogène à l'intérieur, garage et véranda compris. Le monoxyde de carbone est inodore et l'intoxication commence par un simple mal de tête. Un réchaud de camping à gaz s'utilise avec une fenêtre entrouverte, jamais dans une pièce fermée. ## L'eau chaude : quatre heures de réserve, puis plus rien Un ballon d'eau chaude classique garde sa réserve tiède un moment, mais il ne réchauffe plus. Une famille de quatre personnes vide un cumulus de 200 litres en deux ou trois douches. Ensuite, la question devient celle du bassin d'eau chauffée sur un réchaud, ce qui consomme du gaz en cartouche à un rythme que peu de gens ont anticipé : une cartouche de 220 grammes fait environ deux heures de flamme moyenne. C'est le point qui use le plus les nerfs sur trois jours. On s'accommode du noir, on s'accommode du froid en empilant les couches, on s'accommode beaucoup moins bien de ne pas pouvoir se laver correctement avant d'aller travailler. Les habitants qui s'en sont le mieux sortis sont ceux qui ont demandé une douche à des proches raccordés, à Saint-Nazaire ou vers La Baule, plutôt que d'improviser sur place. ## Le frigo, le congélateur et ce qu'il faut vraiment jeter Un **réfrigérateur fermé** tient environ quatre heures avant de sortir de la zone de sécurité sanitaire. Un congélateur plein tient entre 24 et 48 heures, un congélateur à moitié vide beaucoup moins, parce que ce sont les aliments gelés eux-mêmes qui font office de réserve de froid. La règle simple : ouvrir le moins possible, et ne jamais recongeler un produit qui a ramolli. Sur une coupure de trois jours, la viande, le poisson et les plats cuisinés du congélateur sont perdus si la porte a été ouverte plusieurs fois. Le pain, les légumes et les préparations à base de farine se rattrapent. Les assurances multirisques habitation couvrent parfois les pertes de contenu de congélateur au-delà d'une durée de coupure fixée au contrat, souvent autour de 48 heures : le relevé de la panne fourni par le distributeur sert de justificatif. **Ce qui marche vraiment** Une lampe frontale par personne, plutôt que des bougies posées partout. Une batterie externe de 20 000 mAh, qui recharge un téléphone quatre à cinq fois. Un poste radio à piles pour les informations locales. Et le chargeur allume-cigare de la voiture, qui reste la source d'énergie la plus fiable du foyer. ## Le réseau téléphonique tient, la box non La **fibre** et l'ADSL s'arrêtent net : la box est chez vous, elle est branchée sur votre prise. Le réseau mobile, lui, tient plus longtemps, parce que les antennes relais disposent de batteries de secours dimensionnées pour plusieurs heures, parfois davantage sur les sites principaux. Sur une coupure longue, la couverture se dégrade quand même, secteur par secteur. Conséquence pratique : le paiement par carte tombe dans les commerces du secteur touché, les distributeurs automatiques aussi. Les habitants qui gardent un peu d'espèces chez eux achètent du pain et des piles, les autres font vingt kilomètres. **Signaler et suivre la panne** Le dépannage du réseau de distribution relève d'Enedis, joignable en continu, y compris quand la coupure vient d'un incident sur le réseau et non du compteur. Le numéro d'urgence dépannage figure sur la facture d'électricité, pas chez le fournisseur commercial : c'est la confusion la plus fréquente. ## Trois jours, c'est le seuil où l'entraide devient organisée Sur une coupure de quelques heures, chacun reste chez soi. À partir du deuxième jour, les choses se réorganisent : on partage un congélateur encore froid, une cafetière italienne sur réchaud, un poêle allumé dans la maison d'à côté. Les habitants d'un même immeuble finissent par savoir qui a un bébé au troisième et qui vit seul au rez-de-chaussée, ce qu'ils ignoraient la semaine précédente. Cette solidarité est réelle, elle n'a rien de romantique pour autant. Trois jours de froid, de linge sale et de repas froids fatiguent tout le monde, et le récit qu'on en fait après coup enjolive largement l'expérience. Ce que ces trois jours laissent surtout, c'est une liste de courses très concrète pour la fois suivante : des piles, une frontale, une batterie chargée, et le numéro de dépannage noté quelque part sur papier. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !