--- title: "À Pornichet, les gravures dévoilent une poésie envoûtante" url: https://www.nouvelouest.com/a-pornichet-les-gravures-devoilent-une-poesie-envoutante.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-04-15T08:32:26+02:00 date_modified: 2026-09-14T11:01:01+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2025/04/-15.webp description: "Une gravure ne se regarde pas comme un dessin. C'est une image imprimée, tirée à partir d'une plaque de cuivre, de zinc ou d'un bloc de bois que l'artiste a creusé..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # À Pornichet, les gravures dévoilent une poésie envoûtante Une gravure ne se regarde pas comme un dessin. C'est une image imprimée, tirée à partir d'une plaque de cuivre, de zinc ou d'un bloc de bois que l'artiste a creusé, mordu à l'acide ou entaillé au canif, puis encré et passé sous presse. Cette différence de fabrication change tout ce qu'on voit : la marque du cuivre dans le papier, le noir qui se dépose en relief, le numéro au crayon en bas à gauche. À Pornichet, deux expositions du printemps 2025 permettaient de vérifier ça de près, à la Chapelle Sainte-Marguerite et à la médiathèque. Voilà ce qu'il fallait y chercher. ![Gravures encadrées accrochées sur un mur clair lors d'une exposition](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2025/04/-14.webp) **Sept jours, pas un de plus** L'exposition de Michelle Quélard à la Chapelle Sainte-Marguerite courait du 14 au 20 avril 2025, soit une semaine pleine. Notre article d'origine, publié le 15, l'annonçait encore au futur alors qu'elle avait ouvert la veille. Sur une exposition d'une semaine, un jour d'erreur coûte cher. ## Ce qui distingue une estampe d'une reproduction La question revient à chaque accrochage : pourquoi payer une image imprimée alors qu'une affiche coûte dix fois moins ? Parce qu'une estampe n'est pas une photocopie de l'œuvre, elle est l'œuvre. La plaque gravée n'existe que pour produire ces tirages, l'artiste les encre et les imprime lui-même le plus souvent, et le tirage est limité. Les chiffres au crayon sous l'image le disent : 4/30 signifie quatrième épreuve d'un tirage de trente. Les mentions EA, pour épreuve d'artiste, désignent les exemplaires que le graveur garde hors tirage. En taille-douce, la plaque laisse une empreinte rectangulaire dans le papier humide, la cuvette. On la sent du bout du doigt, à deux centimètres du bord. Devant une reproduction, cette empreinte n'existe pas. C'est le test le plus rapide pour savoir ce qu'on a sous les yeux, et il ne demande aucune connaissance en histoire de l'art. ## Michelle Quélard à la chapelle, entre trait et masse Le travail présenté par l'association des Amis de la Chapelle Sainte-Marguerite oscillait entre figuration et abstraction. Ce va-et-vient est courant chez les graveurs, et il a une raison technique : selon qu'on travaille à la pointe sèche ou à l'aquatinte, on obtient soit un trait, soit une masse. La pointe sèche creuse directement le métal et laisse des barbes qui retiennent l'encre, d'où ces contours un peu veloutés. L'aquatinte, elle, produit des aplats granuleux, presque des lavis. Un même artiste passe de l'un à l'autre selon ce qu'il cherche, et une exposition bien accrochée le montre en quelques cadres. **Le vocabulaire minimum** Taille-douce : gravure en creux sur métal. Pointe sèche : trait creusé à l'outil, contours veloutés. Aquatinte : grain de résine et acide, pour les aplats. Xylogravure : gravure sur bois, en relief. Quatre mots suffisent à suivre une visite guidée sans décrocher. ## Jean Bonnet, vingt-cinq ans de plaques Enseignant et graveur, Jean Bonnet pratique l'estampe depuis près de vingt-cinq ans. Cette durée n'est pas anecdotique dans une discipline où le geste ne se rattrape pas : une entaille trop profonde ne se gomme pas, elle s'imprime. Les graveurs expérimentés parlent volontiers de leurs plaques ratées, qu'ils gardent parfois pour les regraver dix ans plus tard. Demander à voir une plaque, quand l'artiste est présent dans la salle, reste la meilleure façon de comprendre son travail. La plaque est en miroir de l'image finale, ce qui surprend toujours au premier coup d'œil. ## À la médiathèque, l'illustration au lieu de la gravure Le second volet, à la médiathèque de Pornichet, présentait les créations de Gaëtan Doremus. On change de registre : Doremus est illustrateur jeunesse, il travaille la couleur directe et l'album, pas la presse à taille-douce. Ranger les deux expositions sous une même bannière « poésie des gravures » brouille la lecture. Les enfants des écoles de la commune y participaient avec des portraits chinois et des ateliers d'écriture, ce qui a du sens pour un travail d'illustration, beaucoup moins pour une démonstration d'estampe, où l'acide et la presse interdisent de fait la manipulation par des classes entières. **Comment visiter en vingt minutes** Regarder l'ensemble du mur à trois mètres, choisir trois images, puis revenir à cinquante centimètres sur chacune. Chercher la cuvette dans le papier, lire les mentions au crayon, repérer le sens du trait. Vingt minutes bien employées valent mieux qu'une heure passée à défiler devant tous les cadres. ## Le reste de la saison culturelle Ces deux accrochages s'inséraient dans une programmation municipale plus large, portée notamment par la salle de spectacle de la ville. [Découvrir le programme](https://www.ville-pornichet.fr/quai-des-arts-une-saison-pour-reenchanter-le-monde) donne les dates de la saison et les tarifs, ce qui reste le point de départ le plus fiable pour organiser une sortie sur un week-end. ## Y aller, concrètement Pour une exposition d'estampes, le meilleur moment est un après-midi de semaine : lumière naturelle correcte, peu de monde, et souvent l'artiste ou un membre de l'association disponible pour parler. Le détail des horaires de l'accrochage de Michelle Quélard à la [Chapelle Sainte-Marguerite](https://www.ensemble-en-presqu-ile.com/2025/03/pornichet/chapelle-sainte-marguerite-exposition-de-michelle-quelard-du-lundi-14-au-dimanche-20-avril-2025.html) avait été publié en mars, avant l'ouverture. Un conseil qui vaut pour toutes les expositions de ce type : notez la date de fin, pas celle de début. C'est la seule qui vous fera bouger. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !