{
    "id": 138420,
    "type": "post",
    "title": "À Pornichet, le kayak accessible à tous : une activité pour les personnes en situation de handicap",
    "slug": "a-pornichet-le-kayak-accessible-a-tous-une-activite-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap",
    "url": "https://www.nouvelouest.com/a-pornichet-le-kayak-accessible-a-tous-une-activite-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap.html",
    "description": "Embarquer dans un kayak quand on ne tient pas debout, ça se règle avec du matériel et une méthode, pas avec des bonnes intentions. Au Canoë-Kayak Presqu'île Côte...",
    "date_published": "2025-01-13T07:41:16+01:00",
    "date_modified": "2026-09-10T08:28:53+02:00",
    "language": "fr-FR",
    "categories": [
        {
            "name": "Actualités",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/category/actualites/"
        }
    ],
    "tags": [
        {
            "name": "Côte d'amour",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/tag/cote-amour/"
        }
    ],
    "word_count": 958,
    "reading_time_min": 5,
    "image": null,
    "image_alt": null,
    "author": {
        "name": "Geoffrey Miron",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/author/geoffrey-miron/",
        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
        "avatar": null
    },
    "content_markdown": "Embarquer dans un kayak quand on ne tient pas debout, ça se règle avec du matériel et une méthode, pas avec des bonnes intentions. Au Canoë-Kayak Presqu'île Côte d'Amour, à Pornichet, la question a été prise dans ce sens : un fauteuil qui monte à bord, un **joystick** à la place de la barre à pieds, une pirogue stable pour ceux qui veulent d'abord voir à quoi ça ressemble. Le club est labellisé pour l'accueil des personnes handicapées et les sorties sont encadrées par un moniteur breveté d'État. Voilà ce que recouvre concrètement le mot accessible, et c'est plus intéressant que le mot lui-même.\n\nLe point de départ tient en une phrase : un kayak se dirige avec les pieds. Le **gouvernail**, à l'arrière, est commandé par une barre sur laquelle on appuie du talon droit ou du talon gauche. Pour une personne paraplégique, cette commande n'existe pas. C'est le premier verrou technique, et le club l'a levé.\n\n  **Le dispositif en trois éléments**\n\nUn fauteuil roulant adapté qui peut être embarqué à bord, un système de joystick qui remplace la commande au pied du gouvernail, et le choix entre pirogue, kayak double et kayak simple selon l'autonomie de chacun. Chaque sortie se fait avec un moniteur breveté d'État.\n\n## Le joystick, une réponse simple à un problème mécanique\n\nRemplacer la barre à pieds par une commande à la main ne relève pas de la haute technologie. Une tringle, un levier placé à portée de bras, et le gouvernail répond de la même façon. L'intérêt de ce montage, c'est qu'il rend le bateau pilotable par son occupant plutôt que par l'accompagnateur assis derrière. La différence est énorme pour la personne concernée : elle ne se contente pas d'être emmenée, elle conduit.\n\nLe fauteuil embarqué répond à l'autre difficulté, celle du transfert. Passer du ponton au bateau est le moment le plus délicat d'une sortie, et celui qui décourage le plus de monde. Quand le fauteuil suit à bord, la personne sait qu'elle pourra redescendre et repartir sans dépendre d'un portage improvisé au retour.\n\n## Pirogue, kayak double, kayak simple : trois niveaux d'engagement\n\nLa **pirogue** est le bateau des premières fois. Large, stable, elle pardonne les mouvements maladroits et laisse le temps de s'habituer au plan d'eau. Le kayak double se pratique avec un pagayeur expérimenté à l'avant ou à l'arrière : le débutant fournit ce qu'il peut, le binôme fait le reste, et le bateau avance quand même. Le kayak simple vient ensuite, pour ceux qui ont acquis assez d'équilibre et de gainage.\n\nCette progression n'a rien de spécifique au handicap, c'est celle de n'importe quel club de canoë-kayak. C'est justement ce qui la rend intéressante : on ne fabrique pas un parcours à part, on fait entrer les gens dans le parcours normal avec le matériel qui va bien.\n\n  **Ce qui fonctionne le mieux**\n\nLa pirogue reste le meilleur premier bateau : sa largeur rassure et on tient une heure sur l'eau sans crainte du chavirage. Le kayak double vient ensuite, avec un équipier confirmé. Le passage au kayak simple demande un travail d'équilibre du buste, qui s'acquiert au fil des séances.\n\nPour connaître les créneaux, le tarif des sorties encadrées et les conditions d'accueil, le plus simple reste de passer par [le site du Canoë-Kayak Presqu'île Côte d'Amour](https://www.ckpca.fr/pratiquer/sport-adapte/), qui détaille la partie sport adapté. Un appel préalable évite les mauvaises surprises : la sortie dépend du coefficient de marée et de la météo, comme pour tout le monde.\n\n## Ce que raconte Alizée\n\nAlizée, jeune femme paraplégique, pratique au club. Elle décrit d'abord un effet physique : le kayak l'a obligée à travailler son équilibre assis et le maintien du buste, ce qui se ressent au quotidien, en dehors du bateau. Elle parle ensuite du reste, qui compte tout autant. Sur l'eau, un kayak reste un kayak. Personne ne regarde le fauteuil resté sur le ponton, tout le monde regarde qui pagaie droit.\n\nCe témoignage recoupe ce que montrent les données sur la pratique sportive des personnes en situation de handicap : elles font nettement moins de sport que le reste de la population, et l'écart tient largement à l'accès aux équipements et à l'encadrement. On peut lire à ce sujet un état des lieux sur [comment vivent les personnes handicapées](https://www.santementale.fr/2021/02/comment-vivent-les-personnes-handicapees/#:~:text=Les%20personnes%20handicap%C3%A9es%20ratiquent%20moins,lorsqu%27elles%20occupent%20un%20emploi.).\n\n## Le Beach Tour, et la question du bouche-à-oreille\n\nLe club sort de sa base à l'occasion d'événements comme le Beach Tour, où les kayakistes pornichétins installent leur matériel sur le sable et font essayer les bateaux. Ces journées servent à une chose précise : montrer le dispositif à des gens qui ignorent qu'il existe. C'est là que se recrutent la plupart des nouveaux pratiquants, bien plus que sur un site internet.\n\n  **Le vrai frein n'est pas technique**\n\nLe matériel adapté existe et fonctionne. Ce qui manque le plus souvent, c'est l'information : beaucoup de personnes concernées ne savent pas qu'un club de leur commune propose ce type de sortie. Le transport jusqu'à la base nautique reste l'autre obstacle concret, rarement pris en charge.\n\n## Ce qu'on voit depuis l'eau\n\nLa sortie type longe la côte pornichétine, avec vue sur la baie et la pointe du Bé. Par mer calme, une heure et demie suffit à sortir du port, longer la plage des Libraires et revenir. Ceux qui ont déjà pagayé sur ce parcours en gardent le même souvenir que les débutants valides, décrit dans notre reportage sur [les premières sorties en kayak des débutants pornichétins](https://www.nouvelouest.com/pornichet-les-novices-du-kayak-explorent-les-merveilles-de-la-cote.html).\n\n  **Avant de venir**\n\nPrévoir des vêtements qui peuvent être mouillés, une paire de lunettes attachée et de quoi se changer. Signaler à l'avance le type de handicap et le mode de transfert habituel : le moniteur prépare le bateau et le matériel en conséquence, ce qui fait gagner un quart d'heure sur le ponton.",
    "content_html": "<p>Embarquer dans un kayak quand on ne tient pas debout, ça se règle avec du matériel et une méthode, pas avec des bonnes intentions. Au Canoë-Kayak Presqu'île Côte d'Amour, à Pornichet, la question a été prise dans ce sens : un fauteuil qui monte à bord, un <strong>joystick</strong> à la place de la barre à pieds, une pirogue stable pour ceux qui veulent d'abord voir à quoi ça ressemble. Le club est labellisé pour l'accueil des personnes handicapées et les sorties sont encadrées par un moniteur breveté d'État. Voilà ce que recouvre concrètement le mot accessible, et c'est plus intéressant que le mot lui-même.</p>\n<p>Le point de départ tient en une phrase : un kayak se dirige avec les pieds. Le <strong>gouvernail</strong>, à l'arrière, est commandé par une barre sur laquelle on appuie du talon droit ou du talon gauche. Pour une personne paraplégique, cette commande n'existe pas. C'est le premier verrou technique, et le club l'a levé.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Le dispositif en trois éléments</strong>\n<p>Un fauteuil roulant adapté qui peut être embarqué à bord, un système de joystick qui remplace la commande au pied du gouvernail, et le choix entre pirogue, kayak double et kayak simple selon l'autonomie de chacun. Chaque sortie se fait avec un moniteur breveté d'État.</p>\n</aside>\n<h2>Le joystick, une réponse simple à un problème mécanique</h2>\n<p>Remplacer la barre à pieds par une commande à la main ne relève pas de la haute technologie. Une tringle, un levier placé à portée de bras, et le gouvernail répond de la même façon. L'intérêt de ce montage, c'est qu'il rend le bateau pilotable par son occupant plutôt que par l'accompagnateur assis derrière. La différence est énorme pour la personne concernée : elle ne se contente pas d'être emmenée, elle conduit.</p>\n<p>Le fauteuil embarqué répond à l'autre difficulté, celle du transfert. Passer du ponton au bateau est le moment le plus délicat d'une sortie, et celui qui décourage le plus de monde. Quand le fauteuil suit à bord, la personne sait qu'elle pourra redescendre et repartir sans dépendre d'un portage improvisé au retour.</p>\n<h2>Pirogue, kayak double, kayak simple : trois niveaux d'engagement</h2>\n<p>La <strong>pirogue</strong> est le bateau des premières fois. Large, stable, elle pardonne les mouvements maladroits et laisse le temps de s'habituer au plan d'eau. Le kayak double se pratique avec un pagayeur expérimenté à l'avant ou à l'arrière : le débutant fournit ce qu'il peut, le binôme fait le reste, et le bateau avance quand même. Le kayak simple vient ensuite, pour ceux qui ont acquis assez d'équilibre et de gainage.</p>\n<p>Cette progression n'a rien de spécifique au handicap, c'est celle de n'importe quel club de canoë-kayak. C'est justement ce qui la rend intéressante : on ne fabrique pas un parcours à part, on fait entrer les gens dans le parcours normal avec le matériel qui va bien.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Ce qui fonctionne le mieux</strong>\n<p>La pirogue reste le meilleur premier bateau : sa largeur rassure et on tient une heure sur l'eau sans crainte du chavirage. Le kayak double vient ensuite, avec un équipier confirmé. Le passage au kayak simple demande un travail d'équilibre du buste, qui s'acquiert au fil des séances.</p>\n</aside>\n<p>Pour connaître les créneaux, le tarif des sorties encadrées et les conditions d'accueil, le plus simple reste de passer par <a href=\"https://www.ckpca.fr/pratiquer/sport-adapte/\">le site du Canoë-Kayak Presqu'île Côte d'Amour</a>, qui détaille la partie sport adapté. Un appel préalable évite les mauvaises surprises : la sortie dépend du coefficient de marée et de la météo, comme pour tout le monde.</p>\n<h2>Ce que raconte Alizée</h2>\n<p>Alizée, jeune femme paraplégique, pratique au club. Elle décrit d'abord un effet physique : le kayak l'a obligée à travailler son équilibre assis et le maintien du buste, ce qui se ressent au quotidien, en dehors du bateau. Elle parle ensuite du reste, qui compte tout autant. Sur l'eau, un kayak reste un kayak. Personne ne regarde le fauteuil resté sur le ponton, tout le monde regarde qui pagaie droit.</p>\n<p>Ce témoignage recoupe ce que montrent les données sur la pratique sportive des personnes en situation de handicap : elles font nettement moins de sport que le reste de la population, et l'écart tient largement à l'accès aux équipements et à l'encadrement. On peut lire à ce sujet un état des lieux sur <a href=\"https://www.santementale.fr/2021/02/comment-vivent-les-personnes-handicapees/#:~:text=Les%20personnes%20handicap%C3%A9es%20ratiquent%20moins,lorsqu%27elles%20occupent%20un%20emploi.\">comment vivent les personnes handicapées</a>.</p>\n<h2>Le Beach Tour, et la question du bouche-à-oreille</h2>\n<p>Le club sort de sa base à l'occasion d'événements comme le Beach Tour, où les kayakistes pornichétins installent leur matériel sur le sable et font essayer les bateaux. Ces journées servent à une chose précise : montrer le dispositif à des gens qui ignorent qu'il existe. C'est là que se recrutent la plupart des nouveaux pratiquants, bien plus que sur un site internet.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le vrai frein n'est pas technique</strong>\n<p>Le matériel adapté existe et fonctionne. Ce qui manque le plus souvent, c'est l'information : beaucoup de personnes concernées ne savent pas qu'un club de leur commune propose ce type de sortie. Le transport jusqu'à la base nautique reste l'autre obstacle concret, rarement pris en charge.</p>\n</aside>\n<h2>Ce qu'on voit depuis l'eau</h2>\n<p>La sortie type longe la côte pornichétine, avec vue sur la baie et la pointe du Bé. Par mer calme, une heure et demie suffit à sortir du port, longer la plage des Libraires et revenir. Ceux qui ont déjà pagayé sur ce parcours en gardent le même souvenir que les débutants valides, décrit dans notre reportage sur <a href=\"https://www.nouvelouest.com/pornichet-les-novices-du-kayak-explorent-les-merveilles-de-la-cote.html\">les premières sorties en kayak des débutants pornichétins</a>.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Avant de venir</strong>\n<p>Prévoir des vêtements qui peuvent être mouillés, une paire de lunettes attachée et de quoi se changer. Signaler à l'avance le type de handicap et le mode de transfert habituel : le moniteur prépare le bateau et le matériel en conséquence, ce qui fait gagner un quart d'heure sur le ponton.</p>\n</aside>",
    "alternates": {
        "html": "https://www.nouvelouest.com/a-pornichet-le-kayak-accessible-a-tous-une-activite-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap.html",
        "markdown": "https://www.nouvelouest.com/a-pornichet-le-kayak-accessible-a-tous-une-activite-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap.md",
        "json": "https://www.nouvelouest.com/api/post/a-pornichet-le-kayak-accessible-a-tous-une-activite-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap.json"
    },
    "site": {
        "name": "Nouvel Ouest",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/"
    },
    "license": "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
}