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    "content_markdown": "Le cours descend pendant six mois, remonte en trois semaines, puis redescend. À chaque épisode, on trouve un spécialiste pour expliquer que c'était prévisible, et un autre pour expliquer l'inverse. Le problème vient de la question posée. Le bitcoin n'a pas de chiffre d'affaires, pas de dividende, pas de bénéfice à comparer au prix. Son offre est écrite dans le code une fois pour toutes. Tout ce qui bouge se trouve donc du côté de la demande, et cette demande obéit à quatre mécanismes qu'on peut nommer. Vous ne trouverez aucun niveau de prix ici : cet article porte sur ce qui les fabrique.\n\n## Une offre gravée dans le code, une demande qui fait le reste\n\nLe protocole plafonne la création à 21 millions d'unités. Les nouveaux bitcoins arrivent par la récompense versée aux mineurs à chaque bloc validé, et cette récompense est divisée par deux tous les 210 000 blocs, soit à peu près tous les quatre ans. C'est ce qu'on appelle le halving. La conséquence est simple : personne ne peut décider d'émettre davantage parce que le prix monte, ni de retirer des unités du marché parce qu'il baisse.\n\nUn marché d'actions absorbe une hausse de la demande par des augmentations de capital ; le marché des changes, par l'intervention d'une banque centrale. Ici, rien de tout cela. **Un flux d'achat un peu massif se traduit directement dans le prix**, un flux de vente aussi. D'où ces journées à 5 % de variation sans qu'aucune nouvelle particulière ne soit tombée.\n\n  **Ce que le halving change vraiment**\n\nTous les 210 000 blocs, la récompense de minage est divisée par deux. L'émission neuve ralentit donc mécaniquement, mais elle ne représente déjà qu'une fraction minuscule des volumes échangés chaque jour. Le halving pèse sur l'économie des mineurs bien plus que sur le prix du jour. Ceux dont le coût d'électricité est trop élevé arrêtent leurs machines dans les mois qui suivent.\n\n![Une pièce dorée à l'effigie du bitcoin posée à côté de billets en euros](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2022/07/Euro-et-bitcoin.webp)\n\n## Le premier moteur : le prix de l'argent\n\nQuand les banques centrales remontent leurs taux directeurs, un placement sans risque se met à rapporter quelque chose. L'arbitrage devient défavorable à tous les actifs qui ne versent rien et dont on n'attend qu'une plus-value. Le bitcoin est le cas extrême de cette catégorie. C'est pour cette raison que ses grands mouvements de baisse coïncident avec des phases de resserrement monétaire, et ses phases de hausse avec des périodes de taux bas ou de détente annoncée.\n\nL'idée d'un actif refuge déconnecté des marchés traditionnels a été mise à mal par les faits. En période de tension, **le bitcoin se comporte comme une action technologique très volatile**. Il monte quand les investisseurs acceptent le risque, il tombe quand ils le fuient. Sur ce point, le discours commercial du secteur et les données ne disent pas la même chose.\n\n## Le deuxième moteur : l'effet de levier\n\nUne grande partie des volumes se traite en produits dérivés, avec un levier que certaines plateformes poussent très haut. L'acheteur immobilise une fraction de la position et emprunte le reste. Tant que le marché monte, l'effet est spectaculaire. Dès que le prix passe sous un seuil, la position est liquidée d'office, ce qui déclenche une vente, ce qui fait baisser le prix, ce qui liquide la position suivante.\n\nD'où la forme si reconnaissable des chutes : quelques heures de glissement lent, puis une bougie verticale au milieu de la nuit. Une **réaction en chaîne de comptes fermés automatiquement**, sans qu'aucun avis sur la valeur du bitcoin n'ait changé entre-temps.\n\n  **Le levier est le premier tueur de portefeuille**\n\nUn particulier qui achète comptant peut attendre. Un particulier qui achète avec cinq fois son capital n'a plus le choix : une variation défavorable de 20 % efface sa position, même si le cours revient au même endroit la semaine suivante. La perte n'est pas due à une erreur d'analyse mais au calendrier de la liquidation.\n\n## Le troisième moteur : la confiance dans les intermédiaires\n\nLe protocole n'a jamais été piraté. Les intermédiaires, si. L'histoire du secteur est jalonnée de plateformes qui se sont effondrées avec les avoirs de leurs clients : Mt. Gox en 2014, FTX en novembre 2022. À chaque fois, le même enchaînement. Les utilisateurs retirent leurs fonds en urgence, les plateformes vendent pour honorer les retraits, le cours décroche, et la méfiance se propage à des acteurs qui n'avaient rien à voir avec l'affaire.\n\nCes épisodes ont laissé une trace réglementaire. En France, les prestataires doivent être enregistrés auprès de l'AMF, et le règlement européen MiCA impose depuis fin 2024 un agrément harmonisé dans toute l'Union. **Vérifier qu'un intermédiaire figure sur la liste publiée par l'AMF prend deux minutes** et écarte une bonne partie des mauvaises surprises.\n\n## Le quatrième moteur : qui achète, et pour combien de temps\n\nLa composition de la demande compte autant que son volume. Un particulier qui achète 200 euros par mois et ne regarde pas son application ne vend pas dans la panique. Un fonds qui doit justifier ses positions chaque trimestre, lui, vend. L'arrivée d'acteurs institutionnels a donné de la profondeur au marché ; elle a aussi importé leurs contraintes de gestion.\n\n  **La fiscalité française, à connaître avant d'acheter**\n\nLes plus-values sur actifs numériques réalisées par un particulier relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, avec une option possible pour le barème progressif depuis l'imposition des revenus 2023. Les comptes ouverts sur une plateforme établie hors de France doivent être déclarés chaque année. L'oubli de cette déclaration coûte une amende par compte non déclaré.\n\n## Ce qu'il faut retenir avant de lire le prochain titre alarmiste\n\nUn article qui annonce une baisse et cite « les spécialistes » décrit un état du marché à une date. Trois mois plus tard il est faux, dans un sens ou dans l'autre. Les quatre mécanismes ci-dessus, eux, tiennent : offre rigide, sensibilité aux taux, levier qui amplifie, dépendance à la solidité des intermédiaires.\n\nLa règle de prudence tient en une ligne : n'engagez que ce que vous pouvez laisser dormir trois ans sans y toucher. Le reste, les analyses de cours à court terme comprises, relève du commentaire sportif.",
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La conséquence est simple : personne ne peut décider d'émettre davantage parce que le prix monte, ni de retirer des unités du marché parce qu'il baisse.</p>\n\n<p>Un marché d'actions absorbe une hausse de la demande par des augmentations de capital ; le marché des changes, par l'intervention d'une banque centrale. Ici, rien de tout cela. <strong>Un flux d'achat un peu massif se traduit directement dans le prix</strong>, un flux de vente aussi. D'où ces journées à 5 % de variation sans qu'aucune nouvelle particulière ne soit tombée.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Ce que le halving change vraiment</strong>\n<p>Tous les 210 000 blocs, la récompense de minage est divisée par deux. L'émission neuve ralentit donc mécaniquement, mais elle ne représente déjà qu'une fraction minuscule des volumes échangés chaque jour. Le halving pèse sur l'économie des mineurs bien plus que sur le prix du jour. Ceux dont le coût d'électricité est trop élevé arrêtent leurs machines dans les mois qui suivent.</p>\n</aside>\n\n<img src=\"/wp-content/uploads/2022/07/Euro-et-bitcoin.webp\" alt=\"Une pièce dorée à l'effigie du bitcoin posée à côté de billets en euros\" width=\"640\" height=\"428\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\">\n\n<h2>Le premier moteur : le prix de l'argent</h2>\n\n<p>Quand les banques centrales remontent leurs taux directeurs, un placement sans risque se met à rapporter quelque chose. L'arbitrage devient défavorable à tous les actifs qui ne versent rien et dont on n'attend qu'une plus-value. Le bitcoin est le cas extrême de cette catégorie. C'est pour cette raison que ses grands mouvements de baisse coïncident avec des phases de resserrement monétaire, et ses phases de hausse avec des périodes de taux bas ou de détente annoncée.</p>\n\n<p>L'idée d'un actif refuge déconnecté des marchés traditionnels a été mise à mal par les faits. En période de tension, <strong>le bitcoin se comporte comme une action technologique très volatile</strong>. Il monte quand les investisseurs acceptent le risque, il tombe quand ils le fuient. Sur ce point, le discours commercial du secteur et les données ne disent pas la même chose.</p>\n\n<h2>Le deuxième moteur : l'effet de levier</h2>\n\n<p>Une grande partie des volumes se traite en produits dérivés, avec un levier que certaines plateformes poussent très haut. L'acheteur immobilise une fraction de la position et emprunte le reste. Tant que le marché monte, l'effet est spectaculaire. Dès que le prix passe sous un seuil, la position est liquidée d'office, ce qui déclenche une vente, ce qui fait baisser le prix, ce qui liquide la position suivante.</p>\n\n<p>D'où la forme si reconnaissable des chutes : quelques heures de glissement lent, puis une bougie verticale au milieu de la nuit. Une <strong>réaction en chaîne de comptes fermés automatiquement</strong>, sans qu'aucun avis sur la valeur du bitcoin n'ait changé entre-temps.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le levier est le premier tueur de portefeuille</strong>\n<p>Un particulier qui achète comptant peut attendre. Un particulier qui achète avec cinq fois son capital n'a plus le choix : une variation défavorable de 20 % efface sa position, même si le cours revient au même endroit la semaine suivante. La perte n'est pas due à une erreur d'analyse mais au calendrier de la liquidation.</p>\n</aside>\n\n<h2>Le troisième moteur : la confiance dans les intermédiaires</h2>\n\n<p>Le protocole n'a jamais été piraté. Les intermédiaires, si. L'histoire du secteur est jalonnée de plateformes qui se sont effondrées avec les avoirs de leurs clients : Mt. Gox en 2014, FTX en novembre 2022. À chaque fois, le même enchaînement. Les utilisateurs retirent leurs fonds en urgence, les plateformes vendent pour honorer les retraits, le cours décroche, et la méfiance se propage à des acteurs qui n'avaient rien à voir avec l'affaire.</p>\n\n<p>Ces épisodes ont laissé une trace réglementaire. En France, les prestataires doivent être enregistrés auprès de l'AMF, et le règlement européen MiCA impose depuis fin 2024 un agrément harmonisé dans toute l'Union. <strong>Vérifier qu'un intermédiaire figure sur la liste publiée par l'AMF prend deux minutes</strong> et écarte une bonne partie des mauvaises surprises.</p>\n\n<h2>Le quatrième moteur : qui achète, et pour combien de temps</h2>\n\n<p>La composition de la demande compte autant que son volume. Un particulier qui achète 200 euros par mois et ne regarde pas son application ne vend pas dans la panique. Un fonds qui doit justifier ses positions chaque trimestre, lui, vend. L'arrivée d'acteurs institutionnels a donné de la profondeur au marché ; elle a aussi importé leurs contraintes de gestion.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>La fiscalité française, à connaître avant d'acheter</strong>\n<p>Les plus-values sur actifs numériques réalisées par un particulier relèvent du prélèvement forfaitaire unique de 30 %, avec une option possible pour le barème progressif depuis l'imposition des revenus 2023. Les comptes ouverts sur une plateforme établie hors de France doivent être déclarés chaque année. L'oubli de cette déclaration coûte une amende par compte non déclaré.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce qu'il faut retenir avant de lire le prochain titre alarmiste</h2>\n\n<p>Un article qui annonce une baisse et cite « les spécialistes » décrit un état du marché à une date. Trois mois plus tard il est faux, dans un sens ou dans l'autre. Les quatre mécanismes ci-dessus, eux, tiennent : offre rigide, sensibilité aux taux, levier qui amplifie, dépendance à la solidité des intermédiaires.</p>\n\n<p>La règle de prudence tient en une ligne : n'engagez que ce que vous pouvez laisser dormir trois ans sans y toucher. Le reste, les analyses de cours à court terme comprises, relève du commentaire sportif.</p>",
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