{
    "id": 138777,
    "type": "post",
    "title": "Le foyer Jean-Barrais de Pornichet, un havre de vacances pour les personnes en situation de handicap depuis plus de 60 ans",
    "slug": "le-foyer-jean-barrais-de-pornichet-un-havre-de-vacances-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap-depuis-plus-de-60-ans",
    "url": "https://www.nouvelouest.com/le-foyer-jean-barrais-de-pornichet-un-havre-de-vacances-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap-depuis-plus-de-60-ans.html",
    "description": "Le foyer Jean-Barrais tient depuis 1963 sur une équation que peu de structures oseraient assumer aujourd'hui : des vacances au bord de la mer pour des adultes en...",
    "date_published": "2025-03-23T07:41:20+01:00",
    "date_modified": "2026-09-10T09:01:31+02:00",
    "language": "fr-FR",
    "categories": [
        {
            "name": "Actualités",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/category/actualites/"
        }
    ],
    "tags": [
        {
            "name": "Côte d'amour",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/tag/cote-amour/"
        }
    ],
    "word_count": 1034,
    "reading_time_min": 5,
    "image": null,
    "image_alt": null,
    "author": {
        "name": "Geoffrey Miron",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/author/geoffrey-miron/",
        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
        "avatar": null
    },
    "content_markdown": "Le foyer Jean-Barrais tient depuis 1963 sur une équation que peu de structures oseraient assumer aujourd'hui : des vacances au bord de la mer pour des adultes en situation de handicap, encadrées trois mois par an par des bénévoles. Pas des saisonniers, pas des salariés en renfort d'été, des bénévoles. C'est ce qui rend le lieu attachant, et c'est aussi ce qui le fragilise chaque printemps, quand il faut de nouveau remplir les équipes de juillet et d'août.\n\n## Un été qui se prépare toute l'année\n\nLa saison du foyer se joue sur trois mois. Pendant cette période, les vacanciers se succèdent par séjours de 8 à 15 jours, seuls, en groupe venu d'un établissement spécialisé, ou accompagnés de leur famille. En 2023, environ 150 personnes ont été accueillies. Ce sont des chiffres modestes à l'échelle du tourisme de la Côte d'Amour, considérables à l'échelle d'une maison qui fonctionne au bénévolat.\n\nLes bénévoles viennent principalement de Loire-Atlantique, du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine et de la Vendée. Certains posent une semaine de congés, d'autres reviennent chaque année depuis longtemps et connaissent les habitudes de tel ou tel vacancier mieux que le planning. Cette continuité vaut mieux que n'importe quelle procédure d'accueil : savoir qu'un vacancier n'aime pas être réveillé brusquement, ou qu'il faut lui laisser dix minutes avant le petit-déjeuner, ne s'écrit pas dans un classeur.\n\n  **Trois mois, 150 vacanciers, zéro équipe permanente l'été**\n\nLes séjours durent de 8 à 15 jours et s'enchaînent sur la saison estivale. En 2023, près de 150 personnes ont séjourné au foyer. L'encadrement repose sur des bénévoles venus surtout du 44, du 56, du 35 et du 85, qui posent des congés pour tenir la maison.\n\n## Ce que l'abbé Barrais avait en tête en 1963\n\nLe foyer a été créé par l'abbé Jean Barrais, prêtre du diocèse de Nantes. L'idée de départ était simple et, pour l'époque, assez peu répandue : des personnes en situation de handicap devaient pouvoir passer des vacances au bord de la mer comme tout le monde. En 1963, l'accessibilité n'était pas une norme réglementaire, la loi de 1975 n'existait pas, celle de 2005 encore moins. Il fallait donc bricoler, transporter, porter, improviser.\n\nSoixante ans plus tard, le cadre réglementaire a changé du tout au tout, mais la difficulté de fond reste la même : trouver un lieu de vacances où une personne dépendante puisse aller sans que sa famille organise une expédition. Le foyer répond à ce besoin sans discours, ce qui explique sa longévité mieux que n'importe quel projet associatif.\n\n  **Une réponse au répit familial**\n\nUn séjour au foyer offre aussi une respiration aux proches aidants, qui vivent souvent l'année entière sans coupure. C'est une fonction rarement mise en avant dans la présentation de ce type de structure, alors qu'elle pèse lourd dans la décision de réserver.\n\n## La mer, mais encore faut-il pouvoir y aller\n\nLe foyer est installé à Pornichet, à proximité du front de mer. La proximité ne suffit pas : entre la porte d'entrée et le sable, il y a le trottoir, la pente d'accès, la nature du sol, et la question de savoir qui pousse le fauteuil quand la roue s'enfonce. Les communes du littoral ont progressé sur ces sujets, avec les tapis d'accès, les fauteuils de mise à l'eau et la formation des équipes de surveillance, et Pornichet fait partie de celles qui s'y sont mises.\n\nCes aménagements sont saisonniers et dépendent des dispositifs de surveillance estivale, dont l'organisation est détaillée dans [notre article sur le calendrier de la surveillance des plages à Pornichet](https://www.nouvelouest.com/decouvrez-letonnante-raison-pour-laquelle-la-surveillance-des-plages-demarre-a-pornichet.html). Le détail a son importance : une baignade accompagnée dépend de la présence des sauveteurs sur le poste, et donc de dates précises.\n\nLes activités proposées pendant les séjours suivent la même logique de débrouille organisée : sorties en bord de mer, jeux, veillées, et parfois des découvertes que personne n'avait anticipées, comme le kayak adapté, qui a marqué certains vacanciers bien plus qu'une visite guidée.\n\n## Le bénévolat, force du modèle et point de rupture\n\nUn séjour encadré par des bénévoles coûte moins cher qu'un séjour encadré par du personnel salarié. C'est ce qui maintient les tarifs à un niveau accessible pour des vacanciers dont les ressources dépendent souvent d'une allocation. C'est aussi ce qui rend le fonctionnement dépendant d'un facteur qu'aucune subvention ne remplace : la disponibilité de gens qui donnent leurs congés d'été.\n\nSur ce point, il faut être direct. Le renouvellement des bénévoles est le sujet numéro un de toutes les structures de ce type, davantage que le bâtiment ou le budget. Les équipes vieillissent, les jeunes s'engagent volontiers mais sur des durées plus courtes et avec moins de régularité. Une association qui ne prépare pas cette relève à cinq ans se retrouve un jour à réduire le nombre de séjours faute d'encadrement, pas faute de demande.\n\n  **Le risque n'est pas financier, il est humain**\n\nCe qui menace ce type de foyer, ce n'est pas le coût du chauffage, c'est le nombre de bénévoles disponibles la deuxième quinzaine d'août. Une année de creux se rattrape, deux années de suite obligent à fermer des séjours.\n\n## Se renseigner avant de réserver\n\nPour une famille qui envisage un séjour, deux informations comptent avant toutes les autres : le niveau d'accompagnement possible et le tarif. Le niveau d'accompagnement se discute au cas par cas, en fonction de l'autonomie de la personne, et cette conversation vaut mieux qu'un formulaire. Les récits d'anciens vacanciers publiés sur le [site officiel](https://www.foyerjeanbarrais.fr/temoignage/) donnent une idée assez juste de l'ambiance des séjours, plus utile qu'une plaquette. Les tarifs à jour sont consultables [ici](https://www.foyerjeanbarrais.fr/tarifs/), et il est prudent de s'y prendre tôt : sur une saison de trois mois, les places partent vite.\n\n  **Réserver tôt, appeler avant**\n\nLes séjours se concentrent sur juillet et août, avec un nombre de places limité par l'encadrement disponible. Un appel en amont pour décrire les besoins réels de la personne évite une déception à l'arrivée et permet à l'équipe d'ajuster sa composition.\n\nUne équipe présidentielle renouvelée a repris la barre récemment. Le chantier qui l'attend est moins spectaculaire qu'une extension de bâtiment : convaincre une génération de trentenaires que deux semaines de congés passées à Pornichet, à pousser un fauteuil et à faire la vaisselle, valent le déplacement.",
    "content_html": "<p>Le foyer Jean-Barrais tient depuis 1963 sur une équation que peu de structures oseraient assumer aujourd'hui : des vacances au bord de la mer pour des adultes en situation de handicap, encadrées trois mois par an par des bénévoles. Pas des saisonniers, pas des salariés en renfort d'été, des bénévoles. C'est ce qui rend le lieu attachant, et c'est aussi ce qui le fragilise chaque printemps, quand il faut de nouveau remplir les équipes de juillet et d'août.</p>\n<h2>Un été qui se prépare toute l'année</h2>\n<p>La saison du foyer se joue sur trois mois. Pendant cette période, les vacanciers se succèdent par séjours de 8 à 15 jours, seuls, en groupe venu d'un établissement spécialisé, ou accompagnés de leur famille. En 2023, environ 150 personnes ont été accueillies. Ce sont des chiffres modestes à l'échelle du tourisme de la Côte d'Amour, considérables à l'échelle d'une maison qui fonctionne au bénévolat.</p>\n<p>Les bénévoles viennent principalement de Loire-Atlantique, du Morbihan, de l'Ille-et-Vilaine et de la Vendée. Certains posent une semaine de congés, d'autres reviennent chaque année depuis longtemps et connaissent les habitudes de tel ou tel vacancier mieux que le planning. Cette continuité vaut mieux que n'importe quelle procédure d'accueil : savoir qu'un vacancier n'aime pas être réveillé brusquement, ou qu'il faut lui laisser dix minutes avant le petit-déjeuner, ne s'écrit pas dans un classeur.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Trois mois, 150 vacanciers, zéro équipe permanente l'été</strong>\n<p>Les séjours durent de 8 à 15 jours et s'enchaînent sur la saison estivale. En 2023, près de 150 personnes ont séjourné au foyer. L'encadrement repose sur des bénévoles venus surtout du 44, du 56, du 35 et du 85, qui posent des congés pour tenir la maison.</p>\n</aside>\n<h2>Ce que l'abbé Barrais avait en tête en 1963</h2>\n<p>Le foyer a été créé par l'abbé Jean Barrais, prêtre du diocèse de Nantes. L'idée de départ était simple et, pour l'époque, assez peu répandue : des personnes en situation de handicap devaient pouvoir passer des vacances au bord de la mer comme tout le monde. En 1963, l'accessibilité n'était pas une norme réglementaire, la loi de 1975 n'existait pas, celle de 2005 encore moins. Il fallait donc bricoler, transporter, porter, improviser.</p>\n<p>Soixante ans plus tard, le cadre réglementaire a changé du tout au tout, mais la difficulté de fond reste la même : trouver un lieu de vacances où une personne dépendante puisse aller sans que sa famille organise une expédition. Le foyer répond à ce besoin sans discours, ce qui explique sa longévité mieux que n'importe quel projet associatif.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Une réponse au répit familial</strong>\n<p>Un séjour au foyer offre aussi une respiration aux proches aidants, qui vivent souvent l'année entière sans coupure. C'est une fonction rarement mise en avant dans la présentation de ce type de structure, alors qu'elle pèse lourd dans la décision de réserver.</p>\n</aside>\n<h2>La mer, mais encore faut-il pouvoir y aller</h2>\n<p>Le foyer est installé à Pornichet, à proximité du front de mer. La proximité ne suffit pas : entre la porte d'entrée et le sable, il y a le trottoir, la pente d'accès, la nature du sol, et la question de savoir qui pousse le fauteuil quand la roue s'enfonce. Les communes du littoral ont progressé sur ces sujets, avec les tapis d'accès, les fauteuils de mise à l'eau et la formation des équipes de surveillance, et Pornichet fait partie de celles qui s'y sont mises.</p>\n<p>Ces aménagements sont saisonniers et dépendent des dispositifs de surveillance estivale, dont l'organisation est détaillée dans <a href=\"https://www.nouvelouest.com/decouvrez-letonnante-raison-pour-laquelle-la-surveillance-des-plages-demarre-a-pornichet.html\">notre article sur le calendrier de la surveillance des plages à Pornichet</a>. Le détail a son importance : une baignade accompagnée dépend de la présence des sauveteurs sur le poste, et donc de dates précises.</p>\n<p>Les activités proposées pendant les séjours suivent la même logique de débrouille organisée : sorties en bord de mer, jeux, veillées, et parfois des découvertes que personne n'avait anticipées, comme le kayak adapté, qui a marqué certains vacanciers bien plus qu'une visite guidée.</p>\n<h2>Le bénévolat, force du modèle et point de rupture</h2>\n<p>Un séjour encadré par des bénévoles coûte moins cher qu'un séjour encadré par du personnel salarié. C'est ce qui maintient les tarifs à un niveau accessible pour des vacanciers dont les ressources dépendent souvent d'une allocation. C'est aussi ce qui rend le fonctionnement dépendant d'un facteur qu'aucune subvention ne remplace : la disponibilité de gens qui donnent leurs congés d'été.</p>\n<p>Sur ce point, il faut être direct. Le renouvellement des bénévoles est le sujet numéro un de toutes les structures de ce type, davantage que le bâtiment ou le budget. Les équipes vieillissent, les jeunes s'engagent volontiers mais sur des durées plus courtes et avec moins de régularité. Une association qui ne prépare pas cette relève à cinq ans se retrouve un jour à réduire le nombre de séjours faute d'encadrement, pas faute de demande.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Le risque n'est pas financier, il est humain</strong>\n<p>Ce qui menace ce type de foyer, ce n'est pas le coût du chauffage, c'est le nombre de bénévoles disponibles la deuxième quinzaine d'août. Une année de creux se rattrape, deux années de suite obligent à fermer des séjours.</p>\n</aside>\n<h2>Se renseigner avant de réserver</h2>\n<p>Pour une famille qui envisage un séjour, deux informations comptent avant toutes les autres : le niveau d'accompagnement possible et le tarif. Le niveau d'accompagnement se discute au cas par cas, en fonction de l'autonomie de la personne, et cette conversation vaut mieux qu'un formulaire. Les récits d'anciens vacanciers publiés sur le <a href=\"https://www.foyerjeanbarrais.fr/temoignage/\">site officiel</a> donnent une idée assez juste de l'ambiance des séjours, plus utile qu'une plaquette. Les tarifs à jour sont consultables <a href=\"https://www.foyerjeanbarrais.fr/tarifs/\">ici</a>, et il est prudent de s'y prendre tôt : sur une saison de trois mois, les places partent vite.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Réserver tôt, appeler avant</strong>\n<p>Les séjours se concentrent sur juillet et août, avec un nombre de places limité par l'encadrement disponible. Un appel en amont pour décrire les besoins réels de la personne évite une déception à l'arrivée et permet à l'équipe d'ajuster sa composition.</p>\n</aside>\n<p>Une équipe présidentielle renouvelée a repris la barre récemment. Le chantier qui l'attend est moins spectaculaire qu'une extension de bâtiment : convaincre une génération de trentenaires que deux semaines de congés passées à Pornichet, à pousser un fauteuil et à faire la vaisselle, valent le déplacement.</p>",
    "alternates": {
        "html": "https://www.nouvelouest.com/le-foyer-jean-barrais-de-pornichet-un-havre-de-vacances-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap-depuis-plus-de-60-ans.html",
        "markdown": "https://www.nouvelouest.com/le-foyer-jean-barrais-de-pornichet-un-havre-de-vacances-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap-depuis-plus-de-60-ans.md",
        "json": "https://www.nouvelouest.com/api/post/le-foyer-jean-barrais-de-pornichet-un-havre-de-vacances-pour-les-personnes-en-situation-de-handicap-depuis-plus-de-60-ans.json"
    },
    "site": {
        "name": "Nouvel Ouest",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/"
    },
    "license": "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
}