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    "title": "Les avantages et les inconvénients de l'utilisation de Bitcoin pour les transactions internationales",
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    "content_markdown": "La promesse tient en une phrase : envoyer de l'argent à l'autre bout du monde en dix minutes, pour quelques centimes, sans banque au milieu. Elle est vraie tant que la valeur reste en bitcoins du départ à l'arrivée. Dès qu'il faut partir d'un compte en euros et arriver sur un compte en dollars, la facture réapparaît, simplement déplacée : elle ne se paie plus au guichet du virement international, elle se paie chez les plateformes d'échange, à l'entrée et à la sortie. C'est de là qu'il faut partir pour juger sérieusement le bitcoin comme moyen de paiement transfrontalier.\n\n  **Où passe réellement l'argent**\n\nUn transfert en bitcoins se décompose en trois coûts, et le plus visible est le plus petit. Les frais de réseau, payés aux mineurs, vont de quelques dizaines de centimes à quelques euros selon la congestion. Les frais de conversion euros vers bitcoins, puis bitcoins vers monnaie locale, pèsent bien plus lourd, entre commission affichée et écart de cours appliqué. Le troisième coût, invisible sur la facture, c'est la variation du cours entre l'envoi et la réception.\n\n## Ce que le bitcoin fait mieux qu'un virement SWIFT\n\nUn virement international classique traverse une chaîne de banques correspondantes. Chacune prend sa part, chacune ajoute son délai, et le donneur d'ordre ne connaît le montant réellement crédité qu'à l'arrivée. Deux à cinq jours ouvrés, plus les week-ends, plus les jours fériés du pays de destination. Un envoi parti le vendredi soir vers Manille arrive le mercredi.\n\nLa blockchain bitcoin, elle, ne connaît ni week-end ni horaire d'ouverture. Un bloc toutes les dix minutes environ, en continu, dimanche compris. La règle prudente veut qu'on attende six confirmations, soit environ une heure, avant de considérer un paiement comme définitif. Une heure contre trois jours, sur un envoi vers un pays où la correspondance bancaire est mauvaise, l'écart est réel et il compte.\n\nL'autre avantage est plus structurel : personne n'a besoin d'autorisation pour recevoir. Il n'y a pas de compte à ouvrir, pas de dossier à faire accepter, pas de banque locale qui refuse le pays d'origine des fonds. Pour un travailleur qui envoie de l'argent à sa famille dans un pays où le système bancaire ne couvre qu'une partie de la population, cet argument pèse plus que les frais.\n\n  **Les cas où ça fonctionne vraiment**\n\nLes transferts vers des pays à monnaie instable ou à faible bancarisation, les paiements entre professionnels déjà équipés en portefeuilles, et les envois de gros montants où les frais fixes du réseau deviennent négligeables. Dans ces trois situations, le raisonnement tient. Pour payer une facture de 200 euros à un prestataire allemand, un virement SEPA gratuit et instantané reste imbattable.\n\n![Pièce métallique gravée du logo bitcoin posée sur un clavier](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/03/Bitcoin-1-1.webp)\n\n## La confidentialité du bitcoin est un malentendu\n\nOn lit partout que les transactions en bitcoins sont anonymes. C'est faux, et cette erreur coûte cher à ceux qui la croient. La blockchain bitcoin est un registre public, consultable par n'importe qui, en permanence, depuis 2009. Chaque transaction, chaque montant, chaque adresse figure en clair et pour toujours. Le terme exact est pseudonyme : une adresse ne porte pas votre nom, mais elle porte tout votre historique.\n\nIl suffit d'un point de contact avec le monde réel pour lever le pseudonyme. Un achat de bitcoins sur une plateforme réglementée, avec pièce d'identité, relie définitivement votre identité à une adresse, et de proche en proche à celles avec lesquelles elle a échangé. Des sociétés d'analyse de chaîne vendent ce travail aux administrations fiscales et aux services d'enquête depuis des années. Un virement bancaire est en réalité plus discret : seule votre banque le voit.\n\nLa sécurité, en revanche, tient ses promesses au niveau du protocole. Le réseau bitcoin n'a jamais été piraté. Ce qui se fait voler, ce sont les clés privées et les comptes chez les intermédiaires, ce qui n'est pas la même chose et arrive tout aussi souvent.\n\n  **Une erreur de saisie ne se rattrape pas**\n\nUn virement bancaire mal adressé peut faire l'objet d'une demande de rappel de fonds. Une transaction bitcoin envoyée à la mauvaise adresse est définitive : il n'existe aucune autorité capable de l'annuler. Même chose pour la phrase de récupération d'un portefeuille : perdue, elle emporte les fonds avec elle. La contrepartie de l'absence de tiers de confiance, c'est l'absence de recours.\n\n## La volatilité annule l'économie de frais\n\nC'est l'objection la plus sérieuse et celle que les articles promotionnels traitent le moins. Entre le moment où vous achetez vos bitcoins et celui où le destinataire les revend en monnaie locale, il se passe une heure, parfois une journée. Sur un actif qui peut bouger de 5 % dans la journée, une heure d'exposition sur 10 000 euros représente un risque bien supérieur aux 40 euros de frais qu'un virement classique aurait coûtés.\n\nLe calcul est simple à poser. Économiser 0,5 % de frais pour s'exposer à 3 % de variation de cours, ça n'est pas une bonne affaire, c'est un pari. Les professionnels qui utilisent la blockchain pour des paiements l'ont compris depuis longtemps : ils passent par des stablecoins adossés au dollar, pas par le bitcoin. L'argument du bitcoin comme monnaie de transaction et l'argument du bitcoin comme réserve de valeur spéculative se contredisent, et il faut choisir.\n\n## Le cadre réglementaire français, en 2023\n\nL'idée d'un bitcoin hors de tout contrôle appartient au passé. En France, les prestataires de services sur actifs numériques doivent s'enregistrer auprès de l'Autorité des marchés financiers, avec un contrôle de l'ACPR sur les dispositifs de lutte contre le blanchiment, depuis la loi PACTE de 2019. Une plateforme qui n'est pas enregistrée exerce illégalement, et la liste publique de l'AMF permet de le vérifier en une minute.\n\nCôté fiscal, les plus-values de cession d'actifs numériques des particuliers relèvent du prélèvement forfaitaire unique, et les comptes ouverts sur des plateformes établies hors de France doivent être déclarés. Pour les entreprises, les paiements reçus en cryptomonnaies entrent dans la comptabilité normale et suivent les obligations déclaratives habituelles.\n\nL'échelon européen a bougé en 2023 avec l'adoption du règlement MiCA, qui harmonise l'agrément des prestataires et les obligations d'information sur l'ensemble du marché intérieur, avec une entrée en application échelonnée sur 2024 et 2025. Une entreprise qui bâtit un flux de paiement sur les cryptomonnaies doit intégrer ce calendrier plutôt que de le subir.\n\n  **Le temps de mise en place compte autant que le coût**\n\nOuvrir un compte professionnel sur une plateforme enregistrée, faire valider les justificatifs, écrire les procédures internes de conservation des clés, former les personnes qui manipulent les fonds : comptez plusieurs semaines avant le premier paiement. Ce délai est à mettre en face des frais que vous espérez économiser, et il ne se paie qu'une fois.\n\n## Les limites techniques qu'on oublie de mentionner\n\nLe réseau bitcoin traite de l'ordre de sept transactions par seconde. Les réseaux de cartes bancaires en traitent des dizaines de milliers. Quand la demande dépasse la capacité, les frais montent aux enchères et les transactions les moins bien payées attendent, parfois des heures. Le printemps 2023 en a donné une démonstration nette, avec des périodes de congestion où les frais ont grimpé bien au-delà des quelques centimes annoncés dans les brochures.\n\nDes solutions de seconde couche comme le Lightning Network répondent à ce problème pour les petits paiements, avec des transferts quasi instantanés et des frais très faibles. Elles demandent en revanche une compréhension technique nettement supérieure, la gestion de canaux et de liquidité, et une disponibilité du destinataire. On sort du geste à la portée de tout le monde.\n\n## Alors, oui ou non\n\nPour une entreprise qui paie régulièrement des prestataires dans des pays mal desservis par le système bancaire, l'outil mérite d'être étudié, à condition de passer par un prestataire enregistré, de limiter l'exposition au cours à quelques minutes, et d'accepter le coût de mise en place. Pour un particulier qui veut envoyer 500 euros à un proche en Europe, le détour par le bitcoin ajoute du risque et des frais de conversion sans rien apporter.\n\nLe débat mélange trop souvent deux choses : la qualité technique du réseau, réelle, et l'usage qu'on prétend en faire au quotidien. Le bitcoin est un système de règlement qui fonctionne sans interruption depuis 2009, ce qui est un exploit d'ingénierie. Ça n'en fait pas automatiquement le bon canal pour votre prochaine facture fournisseur.",
    "content_html": "<p>La promesse tient en une phrase : envoyer de l'argent à l'autre bout du monde en dix minutes, pour quelques centimes, sans banque au milieu. Elle est vraie tant que la valeur reste en bitcoins du départ à l'arrivée. Dès qu'il faut partir d'un compte en euros et arriver sur un compte en dollars, la facture réapparaît, simplement déplacée : elle ne se paie plus au guichet du virement international, elle se paie chez les plateformes d'échange, à l'entrée et à la sortie. C'est de là qu'il faut partir pour juger sérieusement le bitcoin comme moyen de paiement transfrontalier.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Où passe réellement l'argent</strong>\n<p>Un transfert en bitcoins se décompose en trois coûts, et le plus visible est le plus petit. Les frais de réseau, payés aux mineurs, vont de quelques dizaines de centimes à quelques euros selon la congestion. Les frais de conversion euros vers bitcoins, puis bitcoins vers monnaie locale, pèsent bien plus lourd, entre commission affichée et écart de cours appliqué. Le troisième coût, invisible sur la facture, c'est la variation du cours entre l'envoi et la réception.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce que le bitcoin fait mieux qu'un virement SWIFT</h2>\n<p>Un virement international classique traverse une chaîne de banques correspondantes. Chacune prend sa part, chacune ajoute son délai, et le donneur d'ordre ne connaît le montant réellement crédité qu'à l'arrivée. Deux à cinq jours ouvrés, plus les week-ends, plus les jours fériés du pays de destination. Un envoi parti le vendredi soir vers Manille arrive le mercredi.</p>\n\n<p>La blockchain bitcoin, elle, ne connaît ni week-end ni horaire d'ouverture. Un bloc toutes les dix minutes environ, en continu, dimanche compris. La règle prudente veut qu'on attende six confirmations, soit environ une heure, avant de considérer un paiement comme définitif. Une heure contre trois jours, sur un envoi vers un pays où la correspondance bancaire est mauvaise, l'écart est réel et il compte.</p>\n\n<p>L'autre avantage est plus structurel : personne n'a besoin d'autorisation pour recevoir. Il n'y a pas de compte à ouvrir, pas de dossier à faire accepter, pas de banque locale qui refuse le pays d'origine des fonds. Pour un travailleur qui envoie de l'argent à sa famille dans un pays où le système bancaire ne couvre qu'une partie de la population, cet argument pèse plus que les frais.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Les cas où ça fonctionne vraiment</strong>\n<p>Les transferts vers des pays à monnaie instable ou à faible bancarisation, les paiements entre professionnels déjà équipés en portefeuilles, et les envois de gros montants où les frais fixes du réseau deviennent négligeables. Dans ces trois situations, le raisonnement tient. Pour payer une facture de 200 euros à un prestataire allemand, un virement SEPA gratuit et instantané reste imbattable.</p>\n</aside>\n\n<img src=\"/wp-content/uploads/2023/03/Bitcoin-1-1.webp\" alt=\"Pièce métallique gravée du logo bitcoin posée sur un clavier\" width=\"640\" height=\"426\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\">\n\n<h2>La confidentialité du bitcoin est un malentendu</h2>\n<p>On lit partout que les transactions en bitcoins sont anonymes. C'est faux, et cette erreur coûte cher à ceux qui la croient. La blockchain bitcoin est un registre public, consultable par n'importe qui, en permanence, depuis 2009. Chaque transaction, chaque montant, chaque adresse figure en clair et pour toujours. Le terme exact est pseudonyme : une adresse ne porte pas votre nom, mais elle porte tout votre historique.</p>\n\n<p>Il suffit d'un point de contact avec le monde réel pour lever le pseudonyme. Un achat de bitcoins sur une plateforme réglementée, avec pièce d'identité, relie définitivement votre identité à une adresse, et de proche en proche à celles avec lesquelles elle a échangé. Des sociétés d'analyse de chaîne vendent ce travail aux administrations fiscales et aux services d'enquête depuis des années. Un virement bancaire est en réalité plus discret : seule votre banque le voit.</p>\n\n<p>La sécurité, en revanche, tient ses promesses au niveau du protocole. Le réseau bitcoin n'a jamais été piraté. Ce qui se fait voler, ce sont les clés privées et les comptes chez les intermédiaires, ce qui n'est pas la même chose et arrive tout aussi souvent.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Une erreur de saisie ne se rattrape pas</strong>\n<p>Un virement bancaire mal adressé peut faire l'objet d'une demande de rappel de fonds. Une transaction bitcoin envoyée à la mauvaise adresse est définitive : il n'existe aucune autorité capable de l'annuler. Même chose pour la phrase de récupération d'un portefeuille : perdue, elle emporte les fonds avec elle. La contrepartie de l'absence de tiers de confiance, c'est l'absence de recours.</p>\n</aside>\n\n<h2>La volatilité annule l'économie de frais</h2>\n<p>C'est l'objection la plus sérieuse et celle que les articles promotionnels traitent le moins. Entre le moment où vous achetez vos bitcoins et celui où le destinataire les revend en monnaie locale, il se passe une heure, parfois une journée. Sur un actif qui peut bouger de 5 % dans la journée, une heure d'exposition sur 10 000 euros représente un risque bien supérieur aux 40 euros de frais qu'un virement classique aurait coûtés.</p>\n\n<p>Le calcul est simple à poser. Économiser 0,5 % de frais pour s'exposer à 3 % de variation de cours, ça n'est pas une bonne affaire, c'est un pari. Les professionnels qui utilisent la blockchain pour des paiements l'ont compris depuis longtemps : ils passent par des stablecoins adossés au dollar, pas par le bitcoin. L'argument du bitcoin comme monnaie de transaction et l'argument du bitcoin comme réserve de valeur spéculative se contredisent, et il faut choisir.</p>\n\n<h2>Le cadre réglementaire français, en 2023</h2>\n<p>L'idée d'un bitcoin hors de tout contrôle appartient au passé. En France, les prestataires de services sur actifs numériques doivent s'enregistrer auprès de l'Autorité des marchés financiers, avec un contrôle de l'ACPR sur les dispositifs de lutte contre le blanchiment, depuis la loi PACTE de 2019. Une plateforme qui n'est pas enregistrée exerce illégalement, et la liste publique de l'AMF permet de le vérifier en une minute.</p>\n\n<p>Côté fiscal, les plus-values de cession d'actifs numériques des particuliers relèvent du prélèvement forfaitaire unique, et les comptes ouverts sur des plateformes établies hors de France doivent être déclarés. Pour les entreprises, les paiements reçus en cryptomonnaies entrent dans la comptabilité normale et suivent les obligations déclaratives habituelles.</p>\n\n<p>L'échelon européen a bougé en 2023 avec l'adoption du règlement MiCA, qui harmonise l'agrément des prestataires et les obligations d'information sur l'ensemble du marché intérieur, avec une entrée en application échelonnée sur 2024 et 2025. Une entreprise qui bâtit un flux de paiement sur les cryptomonnaies doit intégrer ce calendrier plutôt que de le subir.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Le temps de mise en place compte autant que le coût</strong>\n<p>Ouvrir un compte professionnel sur une plateforme enregistrée, faire valider les justificatifs, écrire les procédures internes de conservation des clés, former les personnes qui manipulent les fonds : comptez plusieurs semaines avant le premier paiement. Ce délai est à mettre en face des frais que vous espérez économiser, et il ne se paie qu'une fois.</p>\n</aside>\n\n<h2>Les limites techniques qu'on oublie de mentionner</h2>\n<p>Le réseau bitcoin traite de l'ordre de sept transactions par seconde. Les réseaux de cartes bancaires en traitent des dizaines de milliers. Quand la demande dépasse la capacité, les frais montent aux enchères et les transactions les moins bien payées attendent, parfois des heures. Le printemps 2023 en a donné une démonstration nette, avec des périodes de congestion où les frais ont grimpé bien au-delà des quelques centimes annoncés dans les brochures.</p>\n\n<p>Des solutions de seconde couche comme le Lightning Network répondent à ce problème pour les petits paiements, avec des transferts quasi instantanés et des frais très faibles. Elles demandent en revanche une compréhension technique nettement supérieure, la gestion de canaux et de liquidité, et une disponibilité du destinataire. On sort du geste à la portée de tout le monde.</p>\n\n<h2>Alors, oui ou non</h2>\n<p>Pour une entreprise qui paie régulièrement des prestataires dans des pays mal desservis par le système bancaire, l'outil mérite d'être étudié, à condition de passer par un prestataire enregistré, de limiter l'exposition au cours à quelques minutes, et d'accepter le coût de mise en place. Pour un particulier qui veut envoyer 500 euros à un proche en Europe, le détour par le bitcoin ajoute du risque et des frais de conversion sans rien apporter.</p>\n\n<p>Le débat mélange trop souvent deux choses : la qualité technique du réseau, réelle, et l'usage qu'on prétend en faire au quotidien. Le bitcoin est un système de règlement qui fonctionne sans interruption depuis 2009, ce qui est un exploit d'ingénierie. Ça n'en fait pas automatiquement le bon canal pour votre prochaine facture fournisseur.</p>",
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