{
    "id": 138621,
    "type": "post",
    "title": "Les CRS sauveteurs de retour cet été sur les plages de La Baule, Pornichet et du Pouliguen",
    "slug": "les-crs-sauveteurs-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-la-baule-pornichet-et-du-pouliguen",
    "url": "https://www.nouvelouest.com/les-crs-sauveteurs-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-la-baule-pornichet-et-du-pouliguen.html",
    "description": "En février 2025, l'annonce du retour des CRS maîtres-nageurs sauveteurs sur les plages de La Baule, Pornichet et du Pouliguen a été accueillie avec soulagement par...",
    "date_published": "2025-02-15T07:31:45+01:00",
    "date_modified": "2026-09-10T08:38:29+02:00",
    "language": "fr-FR",
    "categories": [
        {
            "name": "Actualités",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/category/actualites/"
        }
    ],
    "tags": [
        {
            "name": "Côte d'amour",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/tag/cote-amour/"
        }
    ],
    "word_count": 869,
    "reading_time_min": 4,
    "image": null,
    "image_alt": null,
    "author": {
        "name": "Geoffrey Miron",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/author/geoffrey-miron/",
        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
        "avatar": null
    },
    "content_markdown": "En février 2025, l'annonce du retour des CRS maîtres-nageurs sauveteurs sur les plages de La Baule, Pornichet et du Pouliguen a été accueillie avec soulagement par les maires. Derrière le soulagement, il y a une ligne budgétaire. Un CRS sauveteur est payé par l'État, un sauveteur saisonnier communal est payé par la commune, et c'est toute la différence. On a essayé de regarder ce que ce retour changeait concrètement dans le dispositif de surveillance de la Côte d'Amour, plutôt que de répéter le communiqué.\n\n  **Qui paie quoi**\n\nLe CRS maître-nageur sauveteur est un fonctionnaire de police mis à disposition par l'État : sa rémunération ne pèse pas sur le budget municipal. Le sauveteur saisonnier recruté par la commune, lui, est payé par elle, du contrat aux heures supplémentaires d'août. Deux ou trois postes de CRS en moins, ce sont deux ou trois contrats saisonniers à financer.\n\n## Ce que l'annonce disait, et ce qu'elle ne disait pas\n\nÀ la mi-février 2025, le ministre de l'Intérieur **Bruno Retailleau** confirmait le principe du retour des CRS sur les plages pour l'été qui venait. Le principe seulement. Ni le nombre de sauveteurs affectés à chaque commune, ni les dates exactes de déploiement n'étaient arrêtés à ce moment-là.\n\nPour une mairie, cette imprécision n'est pas neutre. Les recrutements de saisonniers pour juillet et août se bouclent en général au premier trimestre, souvent avant fin mars. Une commune qui attend la confirmation des effectifs de l'État pour dimensionner son équipe risque de se retrouver en avril face à un vivier de BNSSA déjà embauché ailleurs.\n\n## Un CRS sauveteur, ce n'est pas seulement un nageur de plus\n\nLes CRS maîtres-nageurs sauveteurs assurent la surveillance de la baignade, comme les autres. Ils ont aussi une compétence que les saisonniers n'ont pas : ce sont des **policiers**. Sur une plage bondée un 15 août, cela compte pour les vols à la tire, les différends entre usagers, les disparitions d'enfants qui mobilisent d'un coup tout le poste de secours. Le dispositif existe depuis la fin des années 1950 précisément pour cette double casquette.\n\nSur la Côte d'Amour, la surveillance repose sur un montage à plusieurs étages : les postes de secours communaux, les sauveteurs de la **SNSM** sur certains sites, et les CRS. Retirer un étage oblige à en épaissir un autre. C'est ce qui s'est passé les deux étés précédents.\n\n  **La responsabilité ne bouge pas**\n\nQuel que soit le dispositif, le maire reste responsable de la sécurité des baignades sur le littoral de sa commune, en vertu du code général des collectivités territoriales. L'État peut retirer ses CRS du jour au lendemain, la responsabilité pénale du maire, elle, ne se délègue pas. C'est ce qui explique la nervosité des communes chaque hiver.\n\n## Deux étés compliqués avant celui-là\n\nL'été 2023 avait déjà été perturbé : après les émeutes urbaines de juin, une partie des compagnies affectées aux plages avait été redéployée, avant un rétablissement partiel. L'**été 2024** a été celui des Jeux olympiques de Paris, avec des effectifs de CRS massivement mobilisés en Île-de-France. Deux saisons de suite, les communes littorales ont donc appris à faire sans, ou avec moins.\n\nElles s'en sont sorties, en recrutant davantage de saisonniers et en resserrant les zones surveillées. C'est justement ce qui rend le débat glissant : une fois qu'une commune a démontré qu'elle savait absorber le retrait, elle affaiblit son propre argument pour réclamer le retour du dispositif. Plusieurs maires du littoral l'ont dit ouvertement.\n\n  **Le calendrier d'une saison**\n\nRecrutement des saisonniers au premier trimestre. Surveillance qui démarre en général mi-juin sur les plages principales et se prolonge jusqu'à début septembre. Les CRS, quand ils sont déployés, arrivent classiquement pour le cœur de saison, en juillet et en août.\n\n## Ce que ça change pour un baigneur de La Baule ou de Pornichet\n\nHonnêtement, presque rien de visible. Le drapeau reste vert, orange ou rouge, le poste de secours est ouvert aux mêmes horaires, et l'uniforme du sauveteur ne change pas l'issue d'une noyade. La différence est ailleurs : dans le nombre de postes ouverts simultanément et dans l'étendue de la zone effectivement surveillée. Une plage de neuf kilomètres comme celle de la baie ne se couvre pas avec deux postes.\n\nLe vrai risque, sur cette côte, reste le même d'une année sur l'autre : la **baignade hors zone surveillée** et hors horaires d'ouverture des postes. La majorité des noyades en mer se produisent là, quand plus personne ne regarde.\n\n  **La règle qui sauve**\n\nSe baigner entre les drapeaux, aux heures d'ouverture du poste de secours. C'est banal à écrire et c'est le seul comportement qui déplace vraiment les statistiques de noyade. Le reste, y compris le débat sur les effectifs, se joue au-dessus de la tête du baigneur.\n\n## Ailleurs sur les côtes françaises\n\nLa question s'est posée dans les mêmes termes partout. [Sud Ouest](https://www.sudouest.fr/environnement/mer/apres-les-emeutes-en-france-les-sauveteurs-crs-de-retour-sur-les-plages-des-ce-week-end-15831063.php) avait raconté le retour des sauveteurs après les émeutes de 2023, et [La Gazette des Communes](https://www.lagazettedescommunes.com/928375/les-villes-sorganisent-pour-pallier-labsence-de-crs-sur-les-plages/) a détaillé la façon dont les villes se sont organisées pour compenser leur absence. Du côté breton, [Actu](https://actu.fr/bretagne/saint-malo_35288/les-crs-seront-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-saint-malo_62243349.html) annonçait le même retour à Saint-Malo, et [Sud Ouest](https://www.sudouest.fr/gironde/lacanau/gironde-l-etat-renouvelle-le-deploiement-des-sauveteurs-nautiques-crs-sur-les-plages-23136176.php) le renouvellement du déploiement en Gironde. Nous avions par le passé expliqué [pourquoi la surveillance des plages démarre à Pornichet](https://www.nouvelouest.com/decouvrez-letonnante-raison-pour-laquelle-la-surveillance-des-plages-demarre-a-pornichet.html) avant les communes voisines.",
    "content_html": "<p>En février 2025, l'annonce du retour des CRS maîtres-nageurs sauveteurs sur les plages de La Baule, Pornichet et du Pouliguen a été accueillie avec soulagement par les maires. Derrière le soulagement, il y a une ligne budgétaire. Un CRS sauveteur est payé par l'État, un sauveteur saisonnier communal est payé par la commune, et c'est toute la différence. On a essayé de regarder ce que ce retour changeait concrètement dans le dispositif de surveillance de la Côte d'Amour, plutôt que de répéter le communiqué.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Qui paie quoi</strong>\n<p>Le CRS maître-nageur sauveteur est un fonctionnaire de police mis à disposition par l'État : sa rémunération ne pèse pas sur le budget municipal. Le sauveteur saisonnier recruté par la commune, lui, est payé par elle, du contrat aux heures supplémentaires d'août. Deux ou trois postes de CRS en moins, ce sont deux ou trois contrats saisonniers à financer.</p>\n</aside>\n<h2>Ce que l'annonce disait, et ce qu'elle ne disait pas</h2>\n<p>À la mi-février 2025, le ministre de l'Intérieur <strong>Bruno Retailleau</strong> confirmait le principe du retour des CRS sur les plages pour l'été qui venait. Le principe seulement. Ni le nombre de sauveteurs affectés à chaque commune, ni les dates exactes de déploiement n'étaient arrêtés à ce moment-là.</p>\n<p>Pour une mairie, cette imprécision n'est pas neutre. Les recrutements de saisonniers pour juillet et août se bouclent en général au premier trimestre, souvent avant fin mars. Une commune qui attend la confirmation des effectifs de l'État pour dimensionner son équipe risque de se retrouver en avril face à un vivier de BNSSA déjà embauché ailleurs.</p>\n<h2>Un CRS sauveteur, ce n'est pas seulement un nageur de plus</h2>\n<p>Les CRS maîtres-nageurs sauveteurs assurent la surveillance de la baignade, comme les autres. Ils ont aussi une compétence que les saisonniers n'ont pas : ce sont des <strong>policiers</strong>. Sur une plage bondée un 15 août, cela compte pour les vols à la tire, les différends entre usagers, les disparitions d'enfants qui mobilisent d'un coup tout le poste de secours. Le dispositif existe depuis la fin des années 1950 précisément pour cette double casquette.</p>\n<p>Sur la Côte d'Amour, la surveillance repose sur un montage à plusieurs étages : les postes de secours communaux, les sauveteurs de la <strong>SNSM</strong> sur certains sites, et les CRS. Retirer un étage oblige à en épaissir un autre. C'est ce qui s'est passé les deux étés précédents.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>La responsabilité ne bouge pas</strong>\n<p>Quel que soit le dispositif, le maire reste responsable de la sécurité des baignades sur le littoral de sa commune, en vertu du code général des collectivités territoriales. L'État peut retirer ses CRS du jour au lendemain, la responsabilité pénale du maire, elle, ne se délègue pas. C'est ce qui explique la nervosité des communes chaque hiver.</p>\n</aside>\n<h2>Deux étés compliqués avant celui-là</h2>\n<p>L'été 2023 avait déjà été perturbé : après les émeutes urbaines de juin, une partie des compagnies affectées aux plages avait été redéployée, avant un rétablissement partiel. L'<strong>été 2024</strong> a été celui des Jeux olympiques de Paris, avec des effectifs de CRS massivement mobilisés en Île-de-France. Deux saisons de suite, les communes littorales ont donc appris à faire sans, ou avec moins.</p>\n<p>Elles s'en sont sorties, en recrutant davantage de saisonniers et en resserrant les zones surveillées. C'est justement ce qui rend le débat glissant : une fois qu'une commune a démontré qu'elle savait absorber le retrait, elle affaiblit son propre argument pour réclamer le retour du dispositif. Plusieurs maires du littoral l'ont dit ouvertement.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Le calendrier d'une saison</strong>\n<p>Recrutement des saisonniers au premier trimestre. Surveillance qui démarre en général mi-juin sur les plages principales et se prolonge jusqu'à début septembre. Les CRS, quand ils sont déployés, arrivent classiquement pour le cœur de saison, en juillet et en août.</p>\n</aside>\n<h2>Ce que ça change pour un baigneur de La Baule ou de Pornichet</h2>\n<p>Honnêtement, presque rien de visible. Le drapeau reste vert, orange ou rouge, le poste de secours est ouvert aux mêmes horaires, et l'uniforme du sauveteur ne change pas l'issue d'une noyade. La différence est ailleurs : dans le nombre de postes ouverts simultanément et dans l'étendue de la zone effectivement surveillée. Une plage de neuf kilomètres comme celle de la baie ne se couvre pas avec deux postes.</p>\n<p>Le vrai risque, sur cette côte, reste le même d'une année sur l'autre : la <strong>baignade hors zone surveillée</strong> et hors horaires d'ouverture des postes. La majorité des noyades en mer se produisent là, quand plus personne ne regarde.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>La règle qui sauve</strong>\n<p>Se baigner entre les drapeaux, aux heures d'ouverture du poste de secours. C'est banal à écrire et c'est le seul comportement qui déplace vraiment les statistiques de noyade. Le reste, y compris le débat sur les effectifs, se joue au-dessus de la tête du baigneur.</p>\n</aside>\n<h2>Ailleurs sur les côtes françaises</h2>\n<p>La question s'est posée dans les mêmes termes partout. <a href=\"https://www.sudouest.fr/environnement/mer/apres-les-emeutes-en-france-les-sauveteurs-crs-de-retour-sur-les-plages-des-ce-week-end-15831063.php\">Sud Ouest</a> avait raconté le retour des sauveteurs après les émeutes de 2023, et <a href=\"https://www.lagazettedescommunes.com/928375/les-villes-sorganisent-pour-pallier-labsence-de-crs-sur-les-plages/\">La Gazette des Communes</a> a détaillé la façon dont les villes se sont organisées pour compenser leur absence. Du côté breton, <a href=\"https://actu.fr/bretagne/saint-malo_35288/les-crs-seront-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-saint-malo_62243349.html\">Actu</a> annonçait le même retour à Saint-Malo, et <a href=\"https://www.sudouest.fr/gironde/lacanau/gironde-l-etat-renouvelle-le-deploiement-des-sauveteurs-nautiques-crs-sur-les-plages-23136176.php\">Sud Ouest</a> le renouvellement du déploiement en Gironde. Nous avions par le passé expliqué <a href=\"https://www.nouvelouest.com/decouvrez-letonnante-raison-pour-laquelle-la-surveillance-des-plages-demarre-a-pornichet.html\">pourquoi la surveillance des plages démarre à Pornichet</a> avant les communes voisines.</p>",
    "alternates": {
        "html": "https://www.nouvelouest.com/les-crs-sauveteurs-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-la-baule-pornichet-et-du-pouliguen.html",
        "markdown": "https://www.nouvelouest.com/les-crs-sauveteurs-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-la-baule-pornichet-et-du-pouliguen.md",
        "json": "https://www.nouvelouest.com/api/post/les-crs-sauveteurs-de-retour-cet-ete-sur-les-plages-de-la-baule-pornichet-et-du-pouliguen.json"
    },
    "site": {
        "name": "Nouvel Ouest",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/"
    },
    "license": "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
}