{
    "id": 137266,
    "type": "post",
    "title": "Les Pornichauffeurs : comment ils font germer les graines de la solidarité ?",
    "slug": "les-pornichauffeurs-comment-ils-font-germer-les-graines-de-la-solidarite",
    "url": "https://www.nouvelouest.com/les-pornichauffeurs-comment-ils-font-germer-les-graines-de-la-solidarite.html",
    "description": "Le chiffre qui résume l'année 2023 des Pornichauffeurs n'est pas 159, ni 939. C'est le nombre de conducteurs bénévoles, et c'est lui qui bloque. L'association de...",
    "date_published": "2024-04-25T23:06:15+02:00",
    "date_modified": "2026-09-14T10:54:35+02:00",
    "language": "fr-FR",
    "categories": [
        {
            "name": "Actualités",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/category/actualites/"
        }
    ],
    "tags": [
        {
            "name": "Côte d'amour",
            "url": "https://www.nouvelouest.com/tag/cote-amour/"
        }
    ],
    "word_count": 645,
    "reading_time_min": 3,
    "image": "https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/04/-112.webp",
    "image_alt": "découvrez comment les pornichauffeurs cultivent la solidarité en semant des graines d'entraide. apprenez comment ils font germer la solidarité dans leur communauté.",
    "author": {
        "name": "Geoffrey Miron",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/author/geoffrey-miron/",
        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
        "avatar": null
    },
    "content_markdown": "Le chiffre qui résume l'année 2023 des Pornichauffeurs n'est pas 159, ni 939. C'est le nombre de conducteurs bénévoles, et c'est lui qui bloque. L'association de transport solidaire de Pornichet a assuré 939 missions l'an dernier pour 159 bénéficiaires, soit une progression de 66 % en douze mois, et elle passe désormais le plus clair de son énergie à chercher des gens disponibles un matin par semaine. La demande, elle, n'a jamais manqué.\n\n  **Le bilan 2023 en trois nombres**\n\n159 bénéficiaires, 939 trajets assurés, 66 % de croissance sur un an. Ramené à l'année, cela fait environ 18 courses par semaine, portées par une poignée de conducteurs bénévoles. C'est ce dernier nombre, jamais mis en avant, qui décide de tout le reste.\n\n![Un conducteur bénévole aide une passagère âgée à monter dans une voiture](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/04/-111.webp)\n\n## Une réponse à un trou dans la carte des transports\n\nLes Pornichauffeurs sont nés en 2019, à l'initiative de la commune et du CCAS. Le constat de départ tenait à la géographie de Pornichet autant qu'à l'âge de sa population. La ville s'étire sur près de six kilomètres entre le Congrigoux et Sainte-Marguerite, les lignes régulières desservent correctement l'axe du bord de mer et la gare, beaucoup moins les rues résidentielles qui montent vers l'intérieur. Pour une personne de 84 ans qui ne conduit plus, **un arrêt de bus à sept cents mètres est un arrêt de bus qui n'existe pas**.\n\nLe principe est simple : on adhère, on appelle quelques jours à l'avance, un bénévole vient chercher la personne devant chez elle et la ramène. La participation demandée reste calée sur le kilomètre parcouru, très en dessous d'une course de taxi. Le rendez-vous chez le cardiologue à la Cité sanitaire de Saint-Nazaire, à une dizaine de kilomètres, est le trajet type.\n\n  **Ce que le taxi ne fait pas**\n\nLe bénévole attend pendant la consultation, aide à porter les courses jusqu'à la cuisine, sonne à la porte plutôt que de klaxonner. Sur un aller-retour d'une heure et demie, le temps de conduite représente moins de la moitié. Le reste, c'est du temps passé avec quelqu'un. Aucune ligne de bus ne fait ça.\n\n## Les courses ne sont pas toutes médicales\n\nOn imagine volontiers ce type de service réservé aux rendez-vous à l'hôpital. Dans les faits, une bonne part des trajets sert à faire les courses, à aller à la banque, à se rendre à un enterrement ou chez une amie de l'autre côté de la ville. Les conducteurs racontent souvent la même chose : la personne s'excuse de déranger pour une raison qui n'est pas médicale, comme si sortir de chez soi pour le plaisir **méritait moins qu'un rendez-vous chez le médecin**. C'est probablement la barrière la plus difficile à faire tomber.\n\n## Un modèle qui a essaimé sur la presqu'île\n\nSaint-Nazaire, Saint-André-des-Eaux, Guérande et La Baule ont monté des associations comparables, regroupées au sein de l'UDAMS 44, l'union départementale des associations de mobilité solidaire. En 2023, l'ensemble de ces structures a dépassé le million de kilomètres parcourus sur la Loire-Atlantique. À l'échelle du département, cela reste modeste. À l'échelle d'un canton où le vieillissement est plus marqué que la moyenne nationale, c'est un maillage parallèle qui s'est construit sans ligne budgétaire dédiée.\n\n  **Devenir conducteur**\n\nIl faut un permis, une voiture assurée, et de la disponibilité en journée, en semaine. **Une matinée tous les quinze jours suffit** à faire la différence : c'est ce format court qui manque le plus, plus que les bénévoles capables de donner deux jours par semaine.\n\nReste une question que l'association ne pose pas à voix haute mais qui traîne derrière la progression de 66 %. Un service porté par des bénévoles majoritairement retraités finit par vieillir avec eux. Si la courbe des demandes continue de monter au même rythme, le recrutement de conducteurs plus jeunes, disponibles en journée, deviendra le vrai sujet des deux ou trois prochaines années. Pour l'instant, il n'existe pas de réponse évidente.\n\nSource : [www.ville-pornichet.fr](https://www.ville-pornichet.fr/les-pornichauffeurs-font-germer-les-graines-de-la-solidarite)",
    "content_html": "<p>Le chiffre qui résume l'année 2023 des Pornichauffeurs n'est pas 159, ni 939. C'est le nombre de conducteurs bénévoles, et c'est lui qui bloque. L'association de transport solidaire de Pornichet a assuré 939 missions l'an dernier pour 159 bénéficiaires, soit une progression de 66 % en douze mois, et elle passe désormais le plus clair de son énergie à chercher des gens disponibles un matin par semaine. La demande, elle, n'a jamais manqué.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Le bilan 2023 en trois nombres</strong>\n<p>159 bénéficiaires, 939 trajets assurés, 66 % de croissance sur un an. Ramené à l'année, cela fait environ 18 courses par semaine, portées par une poignée de conducteurs bénévoles. C'est ce dernier nombre, jamais mis en avant, qui décide de tout le reste.</p>\n</aside>\n\n<figure>\n<img width=\"2040\" height=\"1152\" src=\"/wp-content/uploads/2024/04/-111.webp\" alt=\"Un conducteur bénévole aide une passagère âgée à monter dans une voiture\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\">\n</figure>\n\n<h2>Une réponse à un trou dans la carte des transports</h2>\n\n<p>Les Pornichauffeurs sont nés en 2019, à l'initiative de la commune et du CCAS. Le constat de départ tenait à la géographie de Pornichet autant qu'à l'âge de sa population. La ville s'étire sur près de six kilomètres entre le Congrigoux et Sainte-Marguerite, les lignes régulières desservent correctement l'axe du bord de mer et la gare, beaucoup moins les rues résidentielles qui montent vers l'intérieur. Pour une personne de 84 ans qui ne conduit plus, <strong>un arrêt de bus à sept cents mètres est un arrêt de bus qui n'existe pas</strong>.</p>\n\n<p>Le principe est simple : on adhère, on appelle quelques jours à l'avance, un bénévole vient chercher la personne devant chez elle et la ramène. La participation demandée reste calée sur le kilomètre parcouru, très en dessous d'une course de taxi. Le rendez-vous chez le cardiologue à la Cité sanitaire de Saint-Nazaire, à une dizaine de kilomètres, est le trajet type.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Ce que le taxi ne fait pas</strong>\n<p>Le bénévole attend pendant la consultation, aide à porter les courses jusqu'à la cuisine, sonne à la porte plutôt que de klaxonner. Sur un aller-retour d'une heure et demie, le temps de conduite représente moins de la moitié. Le reste, c'est du temps passé avec quelqu'un. Aucune ligne de bus ne fait ça.</p>\n</aside>\n\n<h2>Les courses ne sont pas toutes médicales</h2>\n\n<p>On imagine volontiers ce type de service réservé aux rendez-vous à l'hôpital. Dans les faits, une bonne part des trajets sert à faire les courses, à aller à la banque, à se rendre à un enterrement ou chez une amie de l'autre côté de la ville. Les conducteurs racontent souvent la même chose : la personne s'excuse de déranger pour une raison qui n'est pas médicale, comme si sortir de chez soi pour le plaisir <strong>méritait moins qu'un rendez-vous chez le médecin</strong>. C'est probablement la barrière la plus difficile à faire tomber.</p>\n\n<h2>Un modèle qui a essaimé sur la presqu'île</h2>\n\n<p>Saint-Nazaire, Saint-André-des-Eaux, Guérande et La Baule ont monté des associations comparables, regroupées au sein de l'UDAMS 44, l'union départementale des associations de mobilité solidaire. En 2023, l'ensemble de ces structures a dépassé le million de kilomètres parcourus sur la Loire-Atlantique. À l'échelle du département, cela reste modeste. À l'échelle d'un canton où le vieillissement est plus marqué que la moyenne nationale, c'est un maillage parallèle qui s'est construit sans ligne budgétaire dédiée.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Devenir conducteur</strong>\n<p>Il faut un permis, une voiture assurée, et de la disponibilité en journée, en semaine. <strong>Une matinée tous les quinze jours suffit</strong> à faire la différence : c'est ce format court qui manque le plus, plus que les bénévoles capables de donner deux jours par semaine.</p>\n</aside>\n\n<p>Reste une question que l'association ne pose pas à voix haute mais qui traîne derrière la progression de 66 %. Un service porté par des bénévoles majoritairement retraités finit par vieillir avec eux. Si la courbe des demandes continue de monter au même rythme, le recrutement de conducteurs plus jeunes, disponibles en journée, deviendra le vrai sujet des deux ou trois prochaines années. Pour l'instant, il n'existe pas de réponse évidente.</p>\n\n<p>Source : <a href=\"https://www.ville-pornichet.fr/les-pornichauffeurs-font-germer-les-graines-de-la-solidarite\">www.ville-pornichet.fr</a></p>",
    "alternates": {
        "html": "https://www.nouvelouest.com/les-pornichauffeurs-comment-ils-font-germer-les-graines-de-la-solidarite.html",
        "markdown": "https://www.nouvelouest.com/les-pornichauffeurs-comment-ils-font-germer-les-graines-de-la-solidarite.md",
        "json": "https://www.nouvelouest.com/api/post/les-pornichauffeurs-comment-ils-font-germer-les-graines-de-la-solidarite.json"
    },
    "site": {
        "name": "Nouvel Ouest",
        "url": "https://www.nouvelouest.com/"
    },
    "license": "Reproduction autorisée avec lien vers la source."
}