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    "title": "Pornichet déploie des mesures renforcées pour protéger sa dune face à une plante envahissante",
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    "description": "Sur la dune du port d'échouage, il faut se baisser pour voir le problème. L'éragrostis courbé ressemble à l'oyat : mêmes touffes serrées, même vert un peu gris...",
    "date_published": "2024-11-19T07:31:08+01:00",
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    "author": {
        "name": "Geoffrey Miron",
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        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
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    "content_markdown": "Sur la dune du port d'échouage, il faut se baisser pour voir le problème. L'**éragrostis courbé** ressemble à l'oyat : mêmes touffes serrées, même vert un peu gris, même façon de coucher au vent. Sauf que l'oyat tient le sable depuis toujours, et que l'autre le laisse partir. Cette ressemblance a permis à la graminée de s'installer sans que personne ne s'en inquiète. C'est pour cette raison que la Ville de Pornichet a fait appel à Bretagne Vivante en novembre 2024, plutôt que d'envoyer une équipe d'espaces verts avec une débroussailleuse.\n\n![Touffes de graminées et sable nu sur la dune du port d'échouage à Pornichet](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/11/-68.webp)\n\n  **Ce que fait le chantier**\n\nDeux semaines d'arrachage sur la dune du port d'échouage, menées avec l'association Bretagne Vivante. Cible : l'éragrostis courbé, une graminée venue d'ailleurs qui prend la place de l'oyat. En parallèle, un inventaire de la flore et de la faune, et la mise à l'écart de certaines zones par des clôtures.\n\n## Deux graminées qui se ressemblent, une seule qui tient le sable\n\nL'oyat pousse en touffes espacées, avec de longues tiges souterraines qui courent à l'horizontale sous la surface. Ce réseau fait tenir une dune : le sable s'accroche, la butte monte, elle encaisse les coups de mer d'hiver. L'éragrostis courbé, lui, forme des touffes denses, fermées sur elles-mêmes, sans ce maillage sous le sol. Il occupe le terrain, chasse les espèces qui poussaient là, et laisse entre ses touffes des couloirs de sable nu par où le vent s'engouffre.\n\nLe sujet dépasse la botanique. Une dune colonisée résiste moins bien. Sur un cordon aussi étroit que celui du port d'échouage, coincé entre le bâti et l'estran, quelques mètres perdus se voient à l'oeil nu au bout de trois ou quatre hivers.\n\n## Pourquoi on arrache à la main plutôt qu'à la machine\n\nUn engin sur une dune fait plus de dégâts que la plante qu'il vient enlever. Il tasse le sable, il écrase les jeunes pousses d'oyat, il ouvre des ornières que le vent élargit ensuite tout seul. L'arrachage se fait donc touffe par touffe, avec les racines, en sortant les mottes entières. Une touffe simplement coupée repart au printemps suivant : c'est du travail refait.\n\nD'où les deux semaines annoncées. Le volume est modeste, le rythme est lent, et la plus grande partie du temps passe à trier ce qu'on enlève de ce qu'on laisse en place. Il faudra aussi y revenir. Un arrachage sans passage de contrôle l'année d'après ne sert pas à grand-chose : les graines restées dans le sable germent, et on se retrouve au point de départ trois ans plus tard.\n\n  **Le geste qui marche**\n\nArrachage manuel avec les racines, puis un passage de contrôle la saison suivante. Couper les tiges ne donne rien : la touffe repart au printemps. La méthode est lente, peu spectaculaire, et c'est la seule qui tienne sur un cordon dunaire.\n\n## Des clôtures à Bonne Source, et pourquoi c'est le point sensible\n\nL'autre volet du programme touche directement les habitants : la **mise en défens** de certaines zones, dont la dune grise de Bonne Source. La dune grise, c'est la partie arrière du cordon, celle qui ne bouge plus, tapissée de mousses et de lichens. Elle a l'air d'un terrain vague. Elle met des dizaines d'années à se reconstituer quand on la piétine.\n\nPoser des ganivelles revient à concentrer le passage sur des accès identifiés, au lieu de laisser se creuser dix sentes parallèles. Sur ce point, le calcul est simple : un accès balisé et entretenu tient mieux qu'une dune ouverte de partout. Reste que la mesure sera mal reçue par ceux qui coupent depuis vingt ans par le même raccourci, et que la Ville gagnerait à expliquer le tracé avant de planter les piquets.\n\n## L'inventaire, pour savoir ce qu'on protège avant de le protéger\n\nBretagne Vivante mène en même temps un relevé des espèces présentes. C'est la partie invisible du chantier, et sans doute la plus utile sur la durée : sans état des lieux, on ne sait pas si l'arrachage a marché, ni ce qui repousse à la place. Un arrêté de protection de biotope encadre déjà ces secteurs, ce qui donne une base réglementaire aux restrictions d'accès et aux travaux.\n\n  **Le calendrier réel**\n\nDeux semaines de chantier à l'automne 2024, puis un suivi qui se compte en années. Un cordon dunaire ne se restaure pas en une saison : les graines d'éragrostis restent dans le sable, et la dune grise de Bonne Source met des décennies à se refaire une fois piétinée.\n\n## Ce que peut faire quelqu'un qui habite là\n\nRester sur les caillebotis et les accès balisés, tenir son chien près de soi sur le cordon, ne pas arracher d'oyat, et surtout ne pas **vider de fond de jardinière dans le sable**. C'est souvent comme ça que les graminées exotiques arrivent sur les dunes du littoral : par un tas de déchets verts déposé au bord d'un chemin, l'été, quand le cabanon déborde. Le reste, l'arrachage, l'inventaire, les ganivelles, relève d'équipes spécialisées.\n\nLa ville communique volontiers sur sa biodiversité. La mesure la plus efficace de tout ce programme n'a pourtant rien de technique : c'est la carte des accès à la plage, et le fait que les gens la suivent.",
    "content_html": "<p>Sur la dune du port d'échouage, il faut se baisser pour voir le problème. L'<strong>éragrostis courbé</strong> ressemble à l'oyat : mêmes touffes serrées, même vert un peu gris, même façon de coucher au vent. Sauf que l'oyat tient le sable depuis toujours, et que l'autre le laisse partir. Cette ressemblance a permis à la graminée de s'installer sans que personne ne s'en inquiète. C'est pour cette raison que la Ville de Pornichet a fait appel à Bretagne Vivante en novembre 2024, plutôt que d'envoyer une équipe d'espaces verts avec une débroussailleuse.</p>\n<figure>\n<img width=\"2016\" height=\"1152\" src=\"/wp-content/uploads/2024/11/-68.webp\" alt=\"Touffes de graminées et sable nu sur la dune du port d'échouage à Pornichet\" decoding=\"async\" loading=\"lazy\">\n</figure>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Ce que fait le chantier</strong>\n<p>Deux semaines d'arrachage sur la dune du port d'échouage, menées avec l'association Bretagne Vivante. Cible : l'éragrostis courbé, une graminée venue d'ailleurs qui prend la place de l'oyat. En parallèle, un inventaire de la flore et de la faune, et la mise à l'écart de certaines zones par des clôtures.</p>\n</aside>\n<h2>Deux graminées qui se ressemblent, une seule qui tient le sable</h2>\n<p>L'oyat pousse en touffes espacées, avec de longues tiges souterraines qui courent à l'horizontale sous la surface. Ce réseau fait tenir une dune : le sable s'accroche, la butte monte, elle encaisse les coups de mer d'hiver. L'éragrostis courbé, lui, forme des touffes denses, fermées sur elles-mêmes, sans ce maillage sous le sol. Il occupe le terrain, chasse les espèces qui poussaient là, et laisse entre ses touffes des couloirs de sable nu par où le vent s'engouffre.</p>\n<p>Le sujet dépasse la botanique. Une dune colonisée résiste moins bien. Sur un cordon aussi étroit que celui du port d'échouage, coincé entre le bâti et l'estran, quelques mètres perdus se voient à l'oeil nu au bout de trois ou quatre hivers.</p>\n<h2>Pourquoi on arrache à la main plutôt qu'à la machine</h2>\n<p>Un engin sur une dune fait plus de dégâts que la plante qu'il vient enlever. Il tasse le sable, il écrase les jeunes pousses d'oyat, il ouvre des ornières que le vent élargit ensuite tout seul. L'arrachage se fait donc touffe par touffe, avec les racines, en sortant les mottes entières. Une touffe simplement coupée repart au printemps suivant : c'est du travail refait.</p>\n<p>D'où les deux semaines annoncées. Le volume est modeste, le rythme est lent, et la plus grande partie du temps passe à trier ce qu'on enlève de ce qu'on laisse en place. Il faudra aussi y revenir. Un arrachage sans passage de contrôle l'année d'après ne sert pas à grand-chose : les graines restées dans le sable germent, et on se retrouve au point de départ trois ans plus tard.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Le geste qui marche</strong>\n<p>Arrachage manuel avec les racines, puis un passage de contrôle la saison suivante. Couper les tiges ne donne rien : la touffe repart au printemps. La méthode est lente, peu spectaculaire, et c'est la seule qui tienne sur un cordon dunaire.</p>\n</aside>\n<h2>Des clôtures à Bonne Source, et pourquoi c'est le point sensible</h2>\n<p>L'autre volet du programme touche directement les habitants : la <strong>mise en défens</strong> de certaines zones, dont la dune grise de Bonne Source. La dune grise, c'est la partie arrière du cordon, celle qui ne bouge plus, tapissée de mousses et de lichens. Elle a l'air d'un terrain vague. Elle met des dizaines d'années à se reconstituer quand on la piétine.</p>\n<p>Poser des ganivelles revient à concentrer le passage sur des accès identifiés, au lieu de laisser se creuser dix sentes parallèles. Sur ce point, le calcul est simple : un accès balisé et entretenu tient mieux qu'une dune ouverte de partout. Reste que la mesure sera mal reçue par ceux qui coupent depuis vingt ans par le même raccourci, et que la Ville gagnerait à expliquer le tracé avant de planter les piquets.</p>\n<h2>L'inventaire, pour savoir ce qu'on protège avant de le protéger</h2>\n<p>Bretagne Vivante mène en même temps un relevé des espèces présentes. C'est la partie invisible du chantier, et sans doute la plus utile sur la durée : sans état des lieux, on ne sait pas si l'arrachage a marché, ni ce qui repousse à la place. Un arrêté de protection de biotope encadre déjà ces secteurs, ce qui donne une base réglementaire aux restrictions d'accès et aux travaux.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Le calendrier réel</strong>\n<p>Deux semaines de chantier à l'automne 2024, puis un suivi qui se compte en années. Un cordon dunaire ne se restaure pas en une saison : les graines d'éragrostis restent dans le sable, et la dune grise de Bonne Source met des décennies à se refaire une fois piétinée.</p>\n</aside>\n<h2>Ce que peut faire quelqu'un qui habite là</h2>\n<p>Rester sur les caillebotis et les accès balisés, tenir son chien près de soi sur le cordon, ne pas arracher d'oyat, et surtout ne pas <strong>vider de fond de jardinière dans le sable</strong>. C'est souvent comme ça que les graminées exotiques arrivent sur les dunes du littoral : par un tas de déchets verts déposé au bord d'un chemin, l'été, quand le cabanon déborde. Le reste, l'arrachage, l'inventaire, les ganivelles, relève d'équipes spécialisées.</p>\n<p>La ville communique volontiers sur sa biodiversité. La mesure la plus efficace de tout ce programme n'a pourtant rien de technique : c'est la carte des accès à la plage, et le fait que les gens la suivent.</p>",
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