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    "title": "Pornichet : Le vieux môle s'apprête à accueillir à nouveau sa passerelle emblématique",
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        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
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    "content_markdown": "Quatre mille deux cent cinquante euros le mètre. C'est le chiffre à retenir du chantier lancé à l'automne 2024 sur le vieux môle de Pornichet : **450 000 euros** pour **106 mètres** de passerelle, large de 3 mètres. Le prix paraît élevé tant qu'on raisonne en passerelle de jardin. Il devient compréhensible dès qu'on regarde où l'ouvrage se pose, et ce que la mer fait subir à tout ce qu'on y plante.\n\n![Le vieux môle de Pornichet, où la passerelle démolie en 2010 doit être reconstruite](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/10/-24.webp)\n\n## Quatorze ans de vide\n\nL'ancienne passerelle a été démolie en 2010, après le passage de la tempête Xynthia dans la nuit du 27 au 28 février. La structure était déjà fatiguée, la tempête a tranché la question. Depuis, le môle est resté là, visible et inaccessible, ce qui est la situation la plus frustrante qui soit pour un ouvrage de bord de mer.\n\nQuatorze ans, ce n'est pas de la négligence municipale : c'est le temps qu'il faut pour une opération de ce type. Il a fallu décider si l'on reconstruisait, monter le financement, faire les études de sol sous l'eau, obtenir les autorisations sur le domaine public maritime, passer le marché, puis caler le chantier hors saison touristique et hors période de coefficients trop forts. Chacune de ces étapes se compte en mois.\n\n  **Les chiffres du projet**\n\nPasserelle de 106 mètres de long et 3 mètres de large, pour un coût estimé à 450 000 euros, soit environ 4 250 euros le mètre linéaire. Démolition de l'ouvrage précédent en 2010, après la tempête Xynthia de février. Travaux annoncés jusqu'à l'été 2025.\n\n## Les micropieux, la partie invisible du chantier\n\nLa première phase des travaux consiste à forer des **micropieux**. Ce sont des fondations de faible diamètre, forées puis scellées en profondeur, qui vont chercher le point d'appui sous le sable et la vase. Cette technique est utilisée quand l'engin de forage doit travailler dans un espace contraint, avec des créneaux imposés par la marée.\n\nC'est là que part une bonne partie du budget. Sur le môle, l'équipe ne travaille pas huit heures d'affilée : elle travaille entre deux marées, elle démonte, elle revient. Il faut aussi que tout ce qui reste en place résiste à l'eau salée, ce qui écarte l'acier ordinaire au profit d'aciers protégés ou d'inox, et fait grimper la facture au mètre. Le tablier, lui, est la partie la plus simple et la moins coûteuse de l'affaire.\n\n  **Pourquoi ça coûte ce prix**\n\nLe poste principal n'est pas le tablier sur lequel on marchera, ce sont les fondations. Micropieux forés en zone de marnage, fenêtres de travail limitées par la marée, matériaux résistant à l'eau de mer : trois contraintes qui font qu'un mètre de passerelle maritime coûte plusieurs fois le prix d'un mètre de passerelle à terre.\n\n## Ce que ça change pour ceux qui habitent là\n\nUne passerelle de 106 mètres, ce sont deux à trois minutes de marche pour rejoindre l'extrémité du môle. Le gain n'est pas dans le temps de trajet, il est dans le point de vue. Depuis le bout de l'ouvrage, on regarde la baie de face, avec la ville dans le dos, ce qu'aucun autre accès du front de mer ne permet. C'est un endroit à marée montante, un autre à marée basse, et encore un autre au coucher du soleil, quand la lumière arrive par l'ouest sur toute la baie.\n\nLes pêcheurs à la ligne attendent aussi la réouverture. Un môle donne accès à une profondeur d'eau qu'on n'atteint pas depuis la plage, et les habitués savent exactement quel coefficient et quelle heure valent le déplacement.\n\n  **Trois minutes de marche, un autre paysage**\n\nLe môle est le seul point du front de mer d'où l'on peut se retourner et voir Pornichet depuis l'eau. Pour un habitant, c'est ce que la passerelle rend : un accès à pied, gratuit, à un point de vue autrement réservé aux bateaux.\n\n## La souscription, et ce qu'elle signifie\n\nUne souscription a été ouverte pour participer au financement de la restauration du vieux môle. Ce type d'appel aux dons remplit deux fonctions. Il apporte de l'argent, évidemment, mais surtout il installe l'ouvrage dans le patrimoine reconnu de la commune, ce qui pèse ensuite quand il s'agit d'obtenir des cofinancements publics.\n\nSur le fond, on peut trouver discutable qu'un ouvrage public communal soit en partie financé par la générosité des riverains. On peut aussi constater que ce mécanisme est devenu la norme pour le petit patrimoine maritime, et que sans lui, plusieurs cales et jetées de la Côte d'Amour seraient encore fermées.\n\n  **Le calendrier annoncé**\n\nLe chantier a démarré à l'automne 2024 par les fondations et devait se poursuivre jusqu'à l'été 2025. Sur ce type d'ouvrage, les aléas viennent presque toujours des conditions de mer en hiver, quand une série de coups de vent d'ouest fait sauter plusieurs fenêtres de travail d'affilée.\n\n## Le point qu'il faudra surveiller\n\nUne passerelle en bord de mer se juge sur trente ans, pas sur son inauguration. La question qui vaudra d'être posée à la livraison porte sur le plan d'entretien : à quelle fréquence les fixations seront contrôlées, qui paie les reprises, et ce qui est prévu si un hiver arrache une partie du garde-corps. L'ouvrage précédent est parti parce que sa fatigue n'avait pas été traitée à temps. Recommencer serait dommage à ce prix-là.",
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Depuis, le môle est resté là, visible et inaccessible, ce qui est la situation la plus frustrante qui soit pour un ouvrage de bord de mer.</p>\n<p>Quatorze ans, ce n'est pas de la négligence municipale : c'est le temps qu'il faut pour une opération de ce type. Il a fallu décider si l'on reconstruisait, monter le financement, faire les études de sol sous l'eau, obtenir les autorisations sur le domaine public maritime, passer le marché, puis caler le chantier hors saison touristique et hors période de coefficients trop forts. Chacune de ces étapes se compte en mois.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Les chiffres du projet</strong>\n<p>Passerelle de 106 mètres de long et 3 mètres de large, pour un coût estimé à 450 000 euros, soit environ 4 250 euros le mètre linéaire. Démolition de l'ouvrage précédent en 2010, après la tempête Xynthia de février. Travaux annoncés jusqu'à l'été 2025.</p>\n</aside>\n<h2>Les micropieux, la partie invisible du chantier</h2>\n<p>La première phase des travaux consiste à forer des <strong>micropieux</strong>. Ce sont des fondations de faible diamètre, forées puis scellées en profondeur, qui vont chercher le point d'appui sous le sable et la vase. Cette technique est utilisée quand l'engin de forage doit travailler dans un espace contraint, avec des créneaux imposés par la marée.</p>\n<p>C'est là que part une bonne partie du budget. Sur le môle, l'équipe ne travaille pas huit heures d'affilée : elle travaille entre deux marées, elle démonte, elle revient. Il faut aussi que tout ce qui reste en place résiste à l'eau salée, ce qui écarte l'acier ordinaire au profit d'aciers protégés ou d'inox, et fait grimper la facture au mètre. Le tablier, lui, est la partie la plus simple et la moins coûteuse de l'affaire.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Pourquoi ça coûte ce prix</strong>\n<p>Le poste principal n'est pas le tablier sur lequel on marchera, ce sont les fondations. Micropieux forés en zone de marnage, fenêtres de travail limitées par la marée, matériaux résistant à l'eau de mer : trois contraintes qui font qu'un mètre de passerelle maritime coûte plusieurs fois le prix d'un mètre de passerelle à terre.</p>\n</aside>\n<h2>Ce que ça change pour ceux qui habitent là</h2>\n<p>Une passerelle de 106 mètres, ce sont deux à trois minutes de marche pour rejoindre l'extrémité du môle. Le gain n'est pas dans le temps de trajet, il est dans le point de vue. Depuis le bout de l'ouvrage, on regarde la baie de face, avec la ville dans le dos, ce qu'aucun autre accès du front de mer ne permet. C'est un endroit à marée montante, un autre à marée basse, et encore un autre au coucher du soleil, quand la lumière arrive par l'ouest sur toute la baie.</p>\n<p>Les pêcheurs à la ligne attendent aussi la réouverture. Un môle donne accès à une profondeur d'eau qu'on n'atteint pas depuis la plage, et les habitués savent exactement quel coefficient et quelle heure valent le déplacement.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Trois minutes de marche, un autre paysage</strong>\n<p>Le môle est le seul point du front de mer d'où l'on peut se retourner et voir Pornichet depuis l'eau. Pour un habitant, c'est ce que la passerelle rend : un accès à pied, gratuit, à un point de vue autrement réservé aux bateaux.</p>\n</aside>\n<h2>La souscription, et ce qu'elle signifie</h2>\n<p>Une souscription a été ouverte pour participer au financement de la restauration du vieux môle. Ce type d'appel aux dons remplit deux fonctions. Il apporte de l'argent, évidemment, mais surtout il installe l'ouvrage dans le patrimoine reconnu de la commune, ce qui pèse ensuite quand il s'agit d'obtenir des cofinancements publics.</p>\n<p>Sur le fond, on peut trouver discutable qu'un ouvrage public communal soit en partie financé par la générosité des riverains. On peut aussi constater que ce mécanisme est devenu la norme pour le petit patrimoine maritime, et que sans lui, plusieurs cales et jetées de la Côte d'Amour seraient encore fermées.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Le calendrier annoncé</strong>\n<p>Le chantier a démarré à l'automne 2024 par les fondations et devait se poursuivre jusqu'à l'été 2025. Sur ce type d'ouvrage, les aléas viennent presque toujours des conditions de mer en hiver, quand une série de coups de vent d'ouest fait sauter plusieurs fenêtres de travail d'affilée.</p>\n</aside>\n<h2>Le point qu'il faudra surveiller</h2>\n<p>Une passerelle en bord de mer se juge sur trente ans, pas sur son inauguration. La question qui vaudra d'être posée à la livraison porte sur le plan d'entretien : à quelle fréquence les fixations seront contrôlées, qui paie les reprises, et ce qui est prévu si un hiver arrache une partie du garde-corps. L'ouvrage précédent est parti parce que sa fatigue n'avait pas été traitée à temps. Recommencer serait dommage à ce prix-là.</p>",
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