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    "title": "Pornichet : Une ingénieure se mobilise pour promouvoir les sciences auprès des femmes",
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    "description": "Le meilleur argument d'Alice Bigot pour parler des sciences à des collégiennes n'est pas son diplôme, c'est un bout de carbone. Ingénieure en matériaux composites...",
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        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
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    "content_markdown": "Le meilleur argument d'Alice Bigot pour parler des sciences à des collégiennes n'est pas son diplôme, c'est un bout de carbone. Ingénieure en matériaux composites et skippeuse au club nautique APCC, sur le port de Pornichet, elle travaille sur des pièces qu'on peut tenir dans la main et sur des bateaux qu'on peut monter. C'est ce décalage qui rend son intervention efficace là où beaucoup d'opérations de sensibilisation tournent à la conférence sur les parcours.\n\n  **Ce qu'elle fait, en résumé**\n\nIngénieure composite et skippeuse, membre du club nautique APCC à Pornichet. Elle intervient auprès de collégiennes et de lycéennes dans le cadre de l'opération « Elles bougent pour l'orientation », et participe aux Konkours IBM Numérique, qui ont réuni plus de 1 200 élèves cette année.\n\n## Le composite, un métier qu'on peut montrer\n\nLes matériaux composites, dans le nautisme, ce sont les coques, les mâts, les safrans, les appendices. Le métier consiste à choisir les fibres et les résines, à calculer les épaisseurs, à comprendre pourquoi une pièce casse là où elle a cassé. Sur un bateau de course, chaque gramme économisé se paie en risque de rupture, et l'arbitrage est le cœur du travail.\n\nC'est un métier qui se raconte bien devant une classe, parce qu'il produit des objets. Une élève de troisième qui n'a jamais entendu le mot « ingénieure » comprend en trente secondes le problème posé par un mât qui doit être à la fois léger et incassable. C'est un point d'entrée que la physique du programme scolaire ne donne pas.\n\n  **Ce qui marche**\n\nMontrer une pièce, un plan, un bateau, plutôt que raconter un parcours scolaire. Les interventions qui partent d'un objet concret retiennent l'attention d'une classe entière. Celles qui commencent par « après le bac, j'ai fait une prépa » perdent la moitié de la salle au bout de cinq minutes.\n\n## Le port de Pornichet comme salle de classe\n\nLe club nautique APCC est installé sur le port, à quelques centaines de mètres des pontons : on sort, on marche, on monte à bord. La voile ajoute ce que l'atelier seul n'a pas, la répartition des rôles à bord. Sur un bateau, personne ne discute de savoir si une fille peut tenir la barre : soit le bateau avance, soit il n'avance pas.\n\nAlice Bigot n'intervient pas seule. D'autres **ingénieures** de la région participent aux mêmes actions, ce qui évite l'effet « exception » : une femme seule devant une classe est vue comme un cas particulier, trois ou quatre changent la perception du métier.\n\n  **Les Konkours IBM Numérique**\n\nPlus de 1 200 élèves y ont participé cette année. Le format du concours change la donne par rapport à une simple présentation : les élèves manipulent, se trompent, recommencent. C'est ce qui reste six mois plus tard, quand le nom de l'intervenante a été oublié depuis longtemps.\n\n## « Elles bougent » : ce que l'opération peut faire, et ce qu'elle ne peut pas\n\nL'opération **Elles bougent pour l'orientation** repose sur une idée simple : mettre des femmes qui exercent des métiers techniques en face de collégiennes et de lycéennes, et laisser les questions venir. Les marraines racontent leur travail et répondent sur les horaires, le salaire, la place des femmes dans les équipes. Les questions posées sont beaucoup plus concrètes que ce que les adultes imaginent.\n\nSur ce point, un avis : une intervention ponctuelle ne suffit pas. Elle ouvre une porte, elle ne construit pas un choix d'orientation. Ce qui fait basculer une élève vers une spécialité scientifique en première, c'est la répétition de ces contacts sur deux ou trois ans, plus un professeur qui reprend le sujet en classe. Une matinée isolée en quatrième produit surtout un bon souvenir.\n\n  **La limite du modèle**\n\nLe choix des spécialités scientifiques se joue en fin de seconde, et il se joue aussi sur la confiance en soi en mathématiques. Aucune rencontre ponctuelle ne compense un décrochage installé depuis la cinquième. Les actions de sensibilisation valent, mais elles ne remplacent pas le travail sur les résultats et l'estime de soi en classe.\n\n## Après le diplôme : négocier, se faire connaître, rester\n\nLe second volet de ces réseaux concerne les femmes déjà en poste. Des formations à la **négociation salariale** et à la conduite de carrière sont proposées, notamment via des réseaux comme l'UPSTI, et un maillage d'entraide s'est constitué dans la région nantaise. L'objectif est moins d'attirer que de retenir : dans les métiers techniques, une partie des départs se produit après quelques années d'exercice, sujet dont on parle beaucoup moins que celui de l'orientation.\n\nDes organismes de recherche comme l'INRAE ouvrent aussi leurs laboratoires aux scolaires. La visite d'un lieu de travail réel fait le même effet que le bout de carbone d'Alice Bigot : elle transforme une idée abstraite en un endroit où l'on peut s'imaginer.\n\n  **Pour les parents et les enseignants**\n\nLes demandes d'intervention passent par les réseaux de marraines et par les établissements. Un conseil : préparer la rencontre en classe, avec des questions écrites en amont, double son intérêt. Sans préparation, les vingt premières minutes partent en silence gêné.\n\nCe qui rend la démarche crédible à Pornichet tient au fait qu'elle n'est pas hors sol. Le nautisme est une industrie locale, avec des emplois de technicien et d'ingénieur à Saint-Nazaire et sur la côte. 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    "content_html": "<p>Le meilleur argument d'Alice Bigot pour parler des sciences à des collégiennes n'est pas son diplôme, c'est un bout de carbone. Ingénieure en matériaux composites et skippeuse au club nautique APCC, sur le port de Pornichet, elle travaille sur des pièces qu'on peut tenir dans la main et sur des bateaux qu'on peut monter. C'est ce décalage qui rend son intervention efficace là où beaucoup d'opérations de sensibilisation tournent à la conférence sur les parcours.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Ce qu'elle fait, en résumé</strong>\n<p>Ingénieure composite et skippeuse, membre du club nautique APCC à Pornichet. Elle intervient auprès de collégiennes et de lycéennes dans le cadre de l'opération « Elles bougent pour l'orientation », et participe aux Konkours IBM Numérique, qui ont réuni plus de 1 200 élèves cette année.</p>\n</aside>\n<h2>Le composite, un métier qu'on peut montrer</h2>\n<p>Les matériaux composites, dans le nautisme, ce sont les coques, les mâts, les safrans, les appendices. Le métier consiste à choisir les fibres et les résines, à calculer les épaisseurs, à comprendre pourquoi une pièce casse là où elle a cassé. Sur un bateau de course, chaque gramme économisé se paie en risque de rupture, et l'arbitrage est le cœur du travail.</p>\n<p>C'est un métier qui se raconte bien devant une classe, parce qu'il produit des objets. Une élève de troisième qui n'a jamais entendu le mot « ingénieure » comprend en trente secondes le problème posé par un mât qui doit être à la fois léger et incassable. C'est un point d'entrée que la physique du programme scolaire ne donne pas.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Ce qui marche</strong>\n<p>Montrer une pièce, un plan, un bateau, plutôt que raconter un parcours scolaire. Les interventions qui partent d'un objet concret retiennent l'attention d'une classe entière. Celles qui commencent par « après le bac, j'ai fait une prépa » perdent la moitié de la salle au bout de cinq minutes.</p>\n</aside>\n<h2>Le port de Pornichet comme salle de classe</h2>\n<p>Le club nautique APCC est installé sur le port, à quelques centaines de mètres des pontons : on sort, on marche, on monte à bord. La voile ajoute ce que l'atelier seul n'a pas, la répartition des rôles à bord. Sur un bateau, personne ne discute de savoir si une fille peut tenir la barre : soit le bateau avance, soit il n'avance pas.</p>\n<p>Alice Bigot n'intervient pas seule. D'autres <strong>ingénieures</strong> de la région participent aux mêmes actions, ce qui évite l'effet « exception » : une femme seule devant une classe est vue comme un cas particulier, trois ou quatre changent la perception du métier.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Les Konkours IBM Numérique</strong>\n<p>Plus de 1 200 élèves y ont participé cette année. Le format du concours change la donne par rapport à une simple présentation : les élèves manipulent, se trompent, recommencent. C'est ce qui reste six mois plus tard, quand le nom de l'intervenante a été oublié depuis longtemps.</p>\n</aside>\n<h2>« Elles bougent » : ce que l'opération peut faire, et ce qu'elle ne peut pas</h2>\n<p>L'opération <strong>Elles bougent pour l'orientation</strong> repose sur une idée simple : mettre des femmes qui exercent des métiers techniques en face de collégiennes et de lycéennes, et laisser les questions venir. Les marraines racontent leur travail et répondent sur les horaires, le salaire, la place des femmes dans les équipes. Les questions posées sont beaucoup plus concrètes que ce que les adultes imaginent.</p>\n<p>Sur ce point, un avis : une intervention ponctuelle ne suffit pas. Elle ouvre une porte, elle ne construit pas un choix d'orientation. Ce qui fait basculer une élève vers une spécialité scientifique en première, c'est la répétition de ces contacts sur deux ou trois ans, plus un professeur qui reprend le sujet en classe. Une matinée isolée en quatrième produit surtout un bon souvenir.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>La limite du modèle</strong>\n<p>Le choix des spécialités scientifiques se joue en fin de seconde, et il se joue aussi sur la confiance en soi en mathématiques. Aucune rencontre ponctuelle ne compense un décrochage installé depuis la cinquième. Les actions de sensibilisation valent, mais elles ne remplacent pas le travail sur les résultats et l'estime de soi en classe.</p>\n</aside>\n<h2>Après le diplôme : négocier, se faire connaître, rester</h2>\n<p>Le second volet de ces réseaux concerne les femmes déjà en poste. Des formations à la <strong>négociation salariale</strong> et à la conduite de carrière sont proposées, notamment via des réseaux comme l'UPSTI, et un maillage d'entraide s'est constitué dans la région nantaise. L'objectif est moins d'attirer que de retenir : dans les métiers techniques, une partie des départs se produit après quelques années d'exercice, sujet dont on parle beaucoup moins que celui de l'orientation.</p>\n<p>Des organismes de recherche comme l'INRAE ouvrent aussi leurs laboratoires aux scolaires. La visite d'un lieu de travail réel fait le même effet que le bout de carbone d'Alice Bigot : elle transforme une idée abstraite en un endroit où l'on peut s'imaginer.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rose\">\n<strong>Pour les parents et les enseignants</strong>\n<p>Les demandes d'intervention passent par les réseaux de marraines et par les établissements. Un conseil : préparer la rencontre en classe, avec des questions écrites en amont, double son intérêt. Sans préparation, les vingt premières minutes partent en silence gêné.</p>\n</aside>\n<p>Ce qui rend la démarche crédible à Pornichet tient au fait qu'elle n'est pas hors sol. Le nautisme est une industrie locale, avec des emplois de technicien et d'ingénieur à Saint-Nazaire et sur la côte. Les élèves qui écoutent Alice Bigot parler de composite parlent d'un métier qui s'exerce à vingt minutes de chez elles.</p>",
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