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    "content_markdown": "Un feu de conduit ne ressemble pas à un incendie de film. Il commence par un ronflement sourd, comme une soufflerie qui monte en régime, puis des escarbilles sortent du haut de la souche, sur le toit. À l'intérieur, la température du boisseau peut dépasser 1 000 degrés en quelques minutes, assez pour fissurer la maçonnerie et enflammer une charpente qui la touche. Ce qui se joue à ce moment-là tient à deux choses : ce que vous faites dans les cinq premières minutes, et le bout de papier que vous a laissé le ramoneur au printemps dernier.\n\n  **Les gestes des cinq premières minutes**\n\nAppelez le 18 ou le 112, sans attendre de voir si ça se calme. Fermez la trappe et les arrivées d'air du foyer pour étouffer la combustion. Ne jetez jamais d'eau dans le conduit : le choc thermique fait éclater le boisseau. Prévenez les voisins mitoyens, dont la charpente peut toucher la vôtre, et sortez.\n\n## Le ramonage, et surtout la preuve du ramonage\n\nLe ramonage relève du règlement sanitaire départemental, sa fréquence varie donc d'un département à l'autre. En pratique, la règle courante impose **deux passages par an** pour un appareil au bois, dont un pendant la saison de chauffe, et le contrat multirisque habitation reprend presque toujours cette exigence. Comptez 60 à 100 euros par intervention dans le secteur de Saint-Nazaire et de la presqu'île, un peu plus si la souche est difficile d'accès.\n\nLe point que les propriétaires découvrent trop tard concerne le certificat. Le ramoneur remet un document mentionnant la date, le conduit concerné et sa vacuité sur toute la longueur. **Sans ce papier, un assureur peut réduire son indemnisation**, et il le fait. La bûche de ramonage chimique achetée en grande surface ne vaut aucun certificat : elle assouplit un peu les dépôts, elle ne remplace pas le passage du hérisson. Sur ce point le calcul est vite fait, 80 euros par an contre un sinistre partiellement à votre charge.\n\nAutre source classique de désaccord, dans un logement loué à l'année ou à la saison sur la côte : l'entretien courant du conduit incombe à l'occupant, l'état du conduit lui-même et son tubage restent à la charge du propriétaire. Gardez les factures, elles tranchent la discussion.\n\n  **Le calendrier d'une saison**\n\nSeptembre ou octobre : ramonage avant la première flambée, certificat en main. Pendant l'hiver : coup d'œil hebdomadaire au cendrier et à la vitre. Avril ou mai : second passage, celui qui enlève les dépôts de la saison. Détecteur de fumée testé au bouton une fois par mois, pile changée chaque année.\n\n## Ce qui encrasse le conduit\n\nLe goudron qui s'accumule dans le boisseau vient presque toujours de deux erreurs de conduite. La première est **le bois humide**. À moins de 20 % d'humidité, une bûche brûle en donnant de la chaleur ; à 35 %, une bonne part de l'énergie sert à évaporer l'eau, la combustion reste tiède et les imbrûlés se condensent en créosote sur les parois froides. Un bois fendu deux ans plus tôt, stocké sous abri ventilé et non bâché au sol, coche la bonne case. Un testeur d'humidité coûte une vingtaine d'euros et vous dit en trois secondes ce que le vendeur affirme depuis dix minutes.\n\nLa seconde erreur est **le feu couvant**. Fermer complètement l'arrivée d'air pour tenir la nuit revient à produire une combustion incomplète pendant huit heures, donc du dépôt en quantité. Mieux vaut une flambée vive et courte, arrivée d'air ouverte.\n\nLa liste des combustibles à proscrire est courte : bois de palette traité, bois peint ou verni, aggloméré, cartons imprimés, papier glacé, et bois flotté ramassé sur la plage. Ce dernier mérite une mention ici parce qu'il est tentant et gratuit : le sel qu'il contient dégage des composés chlorés qui attaquent l'acier des inserts et des tubages. Les résineux ne sont pas interdits mais encrassent vite, réservez-les à l'allumage. Chêne, hêtre et charme restent les meilleurs choix.\n\n  **Trois chiffres à retenir**\n\nUn bois à 20 % d'humidité fournit environ deux fois plus de chaleur utile que le même bois à 40 %. Un détecteur de fumée par niveau est un minimum. Et 3 mm de créosote suffisent à alimenter un feu de conduit : ce n'est pas une couche épaisse.\n\n## Le détecteur, et où le poser\n\nObligatoire dans tous les logements depuis 2015, il se fixe **au plafond, dans les circulations qui desservent les chambres**. Ni dans la cuisine ni dans la salle de bains, où la vapeur déclenche des alertes intempestives qui finissent par pousser à retirer la pile. Pas non plus dans la pièce du foyer, pour la même raison.\n\nUn mot enfin sur le monoxyde de carbone, souvent confondu avec le risque d'incendie alors qu'il tue autrement. Inodore, il apparaît quand le conduit est obstrué ou la pièce trop calfeutrée. Un détecteur spécifique coûte une trentaine d'euros et se pose à hauteur d'homme, pas au plafond. Il ne remplace pas le ramonage, il signale ce que le ramonage aurait dû éviter.",
    "content_html": "<p>Un feu de conduit ne ressemble pas à un incendie de film. Il commence par un ronflement sourd, comme une soufflerie qui monte en régime, puis des escarbilles sortent du haut de la souche, sur le toit. À l'intérieur, la température du boisseau peut dépasser 1 000 degrés en quelques minutes, assez pour fissurer la maçonnerie et enflammer une charpente qui la touche. Ce qui se joue à ce moment-là tient à deux choses : ce que vous faites dans les cinq premières minutes, et le bout de papier que vous a laissé le ramoneur au printemps dernier.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>Les gestes des cinq premières minutes</strong>\n<p>Appelez le 18 ou le 112, sans attendre de voir si ça se calme. Fermez la trappe et les arrivées d'air du foyer pour étouffer la combustion. Ne jetez jamais d'eau dans le conduit : le choc thermique fait éclater le boisseau. Prévenez les voisins mitoyens, dont la charpente peut toucher la vôtre, et sortez.</p>\n</aside>\n\n<h2>Le ramonage, et surtout la preuve du ramonage</h2>\n\n<p>Le ramonage relève du règlement sanitaire départemental, sa fréquence varie donc d'un département à l'autre. En pratique, la règle courante impose <strong>deux passages par an</strong> pour un appareil au bois, dont un pendant la saison de chauffe, et le contrat multirisque habitation reprend presque toujours cette exigence. Comptez 60 à 100 euros par intervention dans le secteur de Saint-Nazaire et de la presqu'île, un peu plus si la souche est difficile d'accès.</p>\n\n<p>Le point que les propriétaires découvrent trop tard concerne le certificat. Le ramoneur remet un document mentionnant la date, le conduit concerné et sa vacuité sur toute la longueur. <strong>Sans ce papier, un assureur peut réduire son indemnisation</strong>, et il le fait. La bûche de ramonage chimique achetée en grande surface ne vaut aucun certificat : elle assouplit un peu les dépôts, elle ne remplace pas le passage du hérisson. Sur ce point le calcul est vite fait, 80 euros par an contre un sinistre partiellement à votre charge.</p>\n\n<p>Autre source classique de désaccord, dans un logement loué à l'année ou à la saison sur la côte : l'entretien courant du conduit incombe à l'occupant, l'état du conduit lui-même et son tubage restent à la charge du propriétaire. Gardez les factures, elles tranchent la discussion.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-violet\">\n<strong>Le calendrier d'une saison</strong>\n<p>Septembre ou octobre : ramonage avant la première flambée, certificat en main. Pendant l'hiver : coup d'œil hebdomadaire au cendrier et à la vitre. Avril ou mai : second passage, celui qui enlève les dépôts de la saison. Détecteur de fumée testé au bouton une fois par mois, pile changée chaque année.</p>\n</aside>\n\n<h2>Ce qui encrasse le conduit</h2>\n\n<p>Le goudron qui s'accumule dans le boisseau vient presque toujours de deux erreurs de conduite. La première est <strong>le bois humide</strong>. À moins de 20 % d'humidité, une bûche brûle en donnant de la chaleur ; à 35 %, une bonne part de l'énergie sert à évaporer l'eau, la combustion reste tiède et les imbrûlés se condensent en créosote sur les parois froides. Un bois fendu deux ans plus tôt, stocké sous abri ventilé et non bâché au sol, coche la bonne case. Un testeur d'humidité coûte une vingtaine d'euros et vous dit en trois secondes ce que le vendeur affirme depuis dix minutes.</p>\n\n<p>La seconde erreur est <strong>le feu couvant</strong>. Fermer complètement l'arrivée d'air pour tenir la nuit revient à produire une combustion incomplète pendant huit heures, donc du dépôt en quantité. Mieux vaut une flambée vive et courte, arrivée d'air ouverte.</p>\n\n<p>La liste des combustibles à proscrire est courte : bois de palette traité, bois peint ou verni, aggloméré, cartons imprimés, papier glacé, et bois flotté ramassé sur la plage. Ce dernier mérite une mention ici parce qu'il est tentant et gratuit : le sel qu'il contient dégage des composés chlorés qui attaquent l'acier des inserts et des tubages. Les résineux ne sont pas interdits mais encrassent vite, réservez-les à l'allumage. Chêne, hêtre et charme restent les meilleurs choix.</p>\n\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Trois chiffres à retenir</strong>\n<p>Un bois à 20 % d'humidité fournit environ deux fois plus de chaleur utile que le même bois à 40 %. Un détecteur de fumée par niveau est un minimum. Et 3 mm de créosote suffisent à alimenter un feu de conduit : ce n'est pas une couche épaisse.</p>\n</aside>\n\n<h2>Le détecteur, et où le poser</h2>\n\n<p>Obligatoire dans tous les logements depuis 2015, il se fixe <strong>au plafond, dans les circulations qui desservent les chambres</strong>. Ni dans la cuisine ni dans la salle de bains, où la vapeur déclenche des alertes intempestives qui finissent par pousser à retirer la pile. Pas non plus dans la pièce du foyer, pour la même raison.</p>\n\n<p>Un mot enfin sur le monoxyde de carbone, souvent confondu avec le risque d'incendie alors qu'il tue autrement. Inodore, il apparaît quand le conduit est obstrué ou la pièce trop calfeutrée. Un détecteur spécifique coûte une trentaine d'euros et se pose à hauteur d'homme, pas au plafond. Il ne remplace pas le ramonage, il signale ce que le ramonage aurait dû éviter.</p>",
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