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    "title": "Récupération du réseau de piégeurs pour lutter contre les frelons asiatiques",
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        "bio": "Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !",
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    "content_markdown": "Devenir piégeur bénévole, ce n'est pas récupérer un piège et l'oublier au fond du jardin. C'est un rendez-vous hebdomadaire de mars à mai, un bocal à vider, des insectes à trier à la pince, et un relevé à transmettre même quand il est vide. À Pornichet, une trentaine de personnes tiennent ce rôle, et le réseau se reconstitue chaque hiver parce qu'une partie d'entre elles abandonne en cours de route. C'est de ce travail de fourmi qu'on parle ici, pas de la biologie du frelon asiatique, sur laquelle tout a déjà été écrit.\n\n## Ce qu'on demande vraiment à un piégeur\n\nLe calendrier est court et il est serré. Les fondatrices sortent d'hibernation quand les températures se maintiennent autour de 12 à 13 degrés, en général courant février sur le littoral atlantique, plus tôt qu'à l'intérieur des terres. Elles cherchent du sucre pendant quelques semaines avant de fonder leur nid primaire. Passé ce moment, elles ne viennent plus au piège, et continuer à piéger ne sert plus qu'à tuer autre chose.\n\nPendant cette fenêtre, le bénévole passe voir son piège tous les cinq à sept jours. Il renouvelle l'appât, qui fermente et perd son attractivité. Il ouvre, il trie, il note. Le **tri** est la partie ingrate : il faut séparer les frelons asiatiques des frelons européens, des guêpes communes, des papillons de nuit et des mouches, ce qui demande un minimum de coup d'œil. Le pronotum orangé et les pattes jaunes du frelon asiatique se repèrent vite, mais il faut avoir vu les deux espèces côte à côte au moins une fois.\n\n  **Le rythme réel du piégeage**\n\nUne visite tous les cinq à sept jours, de fin février à mi-mai environ. Renouvellement de l'appât à chaque passage, tri des captures, relevé transmis même s'il est vide. Au-delà de cette période, le piège attrape surtout des insectes qu'on ne visait pas.\n\n## Le piège compte moins que sa sélectivité\n\nLa bouteille plastique percée, découpée et suspendue à un arbre reste le geste le plus répandu. C'est aussi le plus discutable. Ce type de piège capture tout ce qui entre et noie l'ensemble, frelons asiatiques compris, mais aussi des dizaines d'insectes qui n'ont rien demandé. Sur une saison, le rapport entre captures ciblées et captures accidentelles est très défavorable.\n\nLes modèles distribués par les communes fonctionnent sur un autre principe. Ce sont des nasses à sélection physique : un cône d'entrée calibré laisse passer un insecte de la taille d'une fondatrice, et des ouvertures latérales de quelques millimètres laissent ressortir les plus petits. L'appât est séparé de la chambre de capture, ce qui évite la noyade générale et permet de relâcher ce qui n'était pas visé. Un piégeur qui utilise une nasse référencée et un piégeur qui utilise une bouteille ne font pas le même geste, même s'ils cochent la même case sur le formulaire de la mairie.\n\n  **Ce qui marche**\n\nUne nasse à cône d'entrée avec sorties latérales de 5 à 6 millimètres, appât séparé de la chambre de capture. Les petits insectes ressortent seuls, les captures accidentelles chutent, et le contenu du piège reste triable à la main.\n\nL'appât fait le reste. Un mélange sucré à base de bière brune, de vin blanc et de sirop reste la recette la plus citée par les groupements apicoles, le vin blanc ayant la réputation de tenir les abeilles à distance. Aucune formule n'est parfaite. Un appât protéiné, lui, attire massivement d'autres espèces et n'a pas sa place au printemps.\n\n## Un réseau qui doit se refaire chaque année\n\nLe problème du dispositif n'est pas technique, il est humain. Les volontaires du printemps précédent déménagent, se lassent, ou constatent qu'ils n'ont rien attrapé et en concluent que ça ne sert à rien. Reconstituer le réseau suppose donc de rappeler les anciens, d'en recruter de nouveaux, de leur remettre du matériel et de leur montrer comment s'en servir.\n\nSur ce terrain, les communes travaillent avec les groupements de défense sanitaire apicole, qui apportent ce que les services municipaux n'ont pas : des gens qui savent identifier un insecte et qui connaissent les emplacements de nids des saisons précédentes. La distribution gratuite de pièges aux habitants volontaires, comme à Pornichet, sert d'abord à ça : à mettre un objet dans les mains de quelqu'un et à créer l'occasion de lui parler dix minutes.\n\n  **L'erreur la plus courante**\n\nLaisser le piège en place tout l'été. Passé le mois de mai, les fondatrices ne circulent plus et le piège capture des papillons, des mouches et des abeilles. Un piège oublié fait plus de dégâts qu'un piège absent.\n\n## L'efficacité du piégeage de printemps, honnêtement\n\nIl faut le dire, parce que les bénévoles finissent par l'entendre ailleurs : le piégeage massif des fondatrices est contesté par une partie des chercheurs. L'argument est le suivant. Une seule fondatrice sur des centaines parvient à fonder une colonie viable, les autres échouent naturellement ou se font éliminer par leurs congénères. Retirer des fondatrices du milieu peut donc réduire cette compétition et ne pas faire baisser le nombre de nids en fin de saison. Le raisonnement se tient, et personne n'a de démonstration inverse solide à l'échelle d'un territoire.\n\nCe que le piégeage de printemps fait de façon certaine, en revanche, c'est de la **surveillance**. Les relevés disent où l'espèce est présente, à quelle densité, et à quelle date elle s'est réveillée cette année. Cette information vaut de l'or pour cibler ensuite la recherche de nids, qui est la seule action dont l'effet sur une colonie ne se discute pas. Un piégeur qui note zéro capture pendant six semaines produit une donnée utile, ce qu'il n'a aucune envie de croire quand il rentre chez lui avec un bocal vide.\n\nUn piégeage local, autour d'un rucher, garde par ailleurs un intérêt direct pour l'apiculteur. Le protéger, lui, en réduisant la pression devant ses ruches à la fin de l'été, ce n'est plus la même opération : là, l'objectif n'est pas de réduire la population régionale mais de sauver des colonies d'abeilles qui, sinon, cessent de sortir et meurent de faim l'hiver suivant.\n\n  **Deux objectifs à ne pas confondre**\n\nPiéger au printemps sert surtout à savoir où l'espèce est installée et quand elle se réveille. Piéger devant un rucher à la fin de l'été sert à protéger des colonies d'abeilles précises. Les deux gestes n'ont ni le même calendrier ni le même piège.\n\n## Signaler un nid, le geste le plus utile\n\nUn **nid primaire** de printemps a la taille d'une balle de golf, puis d'une orange. On le trouve sous un abri de jardin, sous une avancée de toit, dans un cabanon ou un tas de bois, souvent à hauteur d'homme. À ce stade il ne contient qu'une fondatrice et quelques ouvrières, et son retrait ne demande pas d'intervention lourde. Le nid secondaire de l'été, souvent perché à quinze mètres dans un arbre et parfois invisible avant la chute des feuilles, c'est une autre affaire, et ce n'est plus le travail d'un particulier.\n\nQuiconque repère une boule de papier mâché grise en avril ou en mai a donc entre les mains l'information la plus utile de toute la chaîne. La signaler à la mairie ou au groupement apicole du secteur vaut plus, en termes de nids évités, que trois mois de bocaux relevés consciencieusement. 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Passé ce moment, elles ne viennent plus au piège, et continuer à piéger ne sert plus qu'à tuer autre chose.</p>\n<p>Pendant cette fenêtre, le bénévole passe voir son piège tous les cinq à sept jours. Il renouvelle l'appât, qui fermente et perd son attractivité. Il ouvre, il trie, il note. Le <strong>tri</strong> est la partie ingrate : il faut séparer les frelons asiatiques des frelons européens, des guêpes communes, des papillons de nuit et des mouches, ce qui demande un minimum de coup d'œil. Le pronotum orangé et les pattes jaunes du frelon asiatique se repèrent vite, mais il faut avoir vu les deux espèces côte à côte au moins une fois.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-orange\">\n<strong>Le rythme réel du piégeage</strong>\n<p>Une visite tous les cinq à sept jours, de fin février à mi-mai environ. Renouvellement de l'appât à chaque passage, tri des captures, relevé transmis même s'il est vide. Au-delà de cette période, le piège attrape surtout des insectes qu'on ne visait pas.</p>\n</aside>\n<h2>Le piège compte moins que sa sélectivité</h2>\n<p>La bouteille plastique percée, découpée et suspendue à un arbre reste le geste le plus répandu. C'est aussi le plus discutable. Ce type de piège capture tout ce qui entre et noie l'ensemble, frelons asiatiques compris, mais aussi des dizaines d'insectes qui n'ont rien demandé. Sur une saison, le rapport entre captures ciblées et captures accidentelles est très défavorable.</p>\n<p>Les modèles distribués par les communes fonctionnent sur un autre principe. Ce sont des nasses à sélection physique : un cône d'entrée calibré laisse passer un insecte de la taille d'une fondatrice, et des ouvertures latérales de quelques millimètres laissent ressortir les plus petits. L'appât est séparé de la chambre de capture, ce qui évite la noyade générale et permet de relâcher ce qui n'était pas visé. Un piégeur qui utilise une nasse référencée et un piégeur qui utilise une bouteille ne font pas le même geste, même s'ils cochent la même case sur le formulaire de la mairie.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-vert\">\n<strong>Ce qui marche</strong>\n<p>Une nasse à cône d'entrée avec sorties latérales de 5 à 6 millimètres, appât séparé de la chambre de capture. Les petits insectes ressortent seuls, les captures accidentelles chutent, et le contenu du piège reste triable à la main.</p>\n</aside>\n<p>L'appât fait le reste. Un mélange sucré à base de bière brune, de vin blanc et de sirop reste la recette la plus citée par les groupements apicoles, le vin blanc ayant la réputation de tenir les abeilles à distance. Aucune formule n'est parfaite. Un appât protéiné, lui, attire massivement d'autres espèces et n'a pas sa place au printemps.</p>\n<h2>Un réseau qui doit se refaire chaque année</h2>\n<p>Le problème du dispositif n'est pas technique, il est humain. Les volontaires du printemps précédent déménagent, se lassent, ou constatent qu'ils n'ont rien attrapé et en concluent que ça ne sert à rien. Reconstituer le réseau suppose donc de rappeler les anciens, d'en recruter de nouveaux, de leur remettre du matériel et de leur montrer comment s'en servir.</p>\n<p>Sur ce terrain, les communes travaillent avec les groupements de défense sanitaire apicole, qui apportent ce que les services municipaux n'ont pas : des gens qui savent identifier un insecte et qui connaissent les emplacements de nids des saisons précédentes. La distribution gratuite de pièges aux habitants volontaires, comme à Pornichet, sert d'abord à ça : à mettre un objet dans les mains de quelqu'un et à créer l'occasion de lui parler dix minutes.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-rouge\">\n<strong>L'erreur la plus courante</strong>\n<p>Laisser le piège en place tout l'été. Passé le mois de mai, les fondatrices ne circulent plus et le piège capture des papillons, des mouches et des abeilles. Un piège oublié fait plus de dégâts qu'un piège absent.</p>\n</aside>\n<h2>L'efficacité du piégeage de printemps, honnêtement</h2>\n<p>Il faut le dire, parce que les bénévoles finissent par l'entendre ailleurs : le piégeage massif des fondatrices est contesté par une partie des chercheurs. L'argument est le suivant. Une seule fondatrice sur des centaines parvient à fonder une colonie viable, les autres échouent naturellement ou se font éliminer par leurs congénères. Retirer des fondatrices du milieu peut donc réduire cette compétition et ne pas faire baisser le nombre de nids en fin de saison. Le raisonnement se tient, et personne n'a de démonstration inverse solide à l'échelle d'un territoire.</p>\n<p>Ce que le piégeage de printemps fait de façon certaine, en revanche, c'est de la <strong>surveillance</strong>. Les relevés disent où l'espèce est présente, à quelle densité, et à quelle date elle s'est réveillée cette année. Cette information vaut de l'or pour cibler ensuite la recherche de nids, qui est la seule action dont l'effet sur une colonie ne se discute pas. Un piégeur qui note zéro capture pendant six semaines produit une donnée utile, ce qu'il n'a aucune envie de croire quand il rentre chez lui avec un bocal vide.</p>\n<p>Un piégeage local, autour d'un rucher, garde par ailleurs un intérêt direct pour l'apiculteur. Le protéger, lui, en réduisant la pression devant ses ruches à la fin de l'été, ce n'est plus la même opération : là, l'objectif n'est pas de réduire la population régionale mais de sauver des colonies d'abeilles qui, sinon, cessent de sortir et meurent de faim l'hiver suivant.</p>\n<aside class=\"bluf bluf-bleu\">\n<strong>Deux objectifs à ne pas confondre</strong>\n<p>Piéger au printemps sert surtout à savoir où l'espèce est installée et quand elle se réveille. Piéger devant un rucher à la fin de l'été sert à protéger des colonies d'abeilles précises. Les deux gestes n'ont ni le même calendrier ni le même piège.</p>\n</aside>\n<h2>Signaler un nid, le geste le plus utile</h2>\n<p>Un <strong>nid primaire</strong> de printemps a la taille d'une balle de golf, puis d'une orange. On le trouve sous un abri de jardin, sous une avancée de toit, dans un cabanon ou un tas de bois, souvent à hauteur d'homme. À ce stade il ne contient qu'une fondatrice et quelques ouvrières, et son retrait ne demande pas d'intervention lourde. Le nid secondaire de l'été, souvent perché à quinze mètres dans un arbre et parfois invisible avant la chute des feuilles, c'est une autre affaire, et ce n'est plus le travail d'un particulier.</p>\n<p>Quiconque repère une boule de papier mâché grise en avril ou en mai a donc entre les mains l'information la plus utile de toute la chaîne. La signaler à la mairie ou au groupement apicole du secteur vaut plus, en termes de nids évités, que trois mois de bocaux relevés consciencieusement. Ça n'enlève rien au travail des piégeurs, mais ça remet les choses dans l'ordre.</p>",
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