--- title: "Assemblée d'équipe n°5 à Pornichet-La Baule" url: https://www.nouvelouest.com/assemblee-dequipe-n5-a-pornichet-la-baule.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-12-09T07:35:04+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:58:09+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/12/-23.webp description: "Le compte rendu de cette cinquième assemblée d'équipe, tenue à Pornichet-La Baule en décembre 2024, ne dit jamais de quelle équipe il s'agit, ni de quelle..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Assemblée d'équipe n°5 à Pornichet-La Baule Le compte rendu de cette cinquième assemblée d'équipe, tenue à **Pornichet-La Baule** en décembre 2024, ne dit jamais de quelle équipe il s'agit, ni de quelle entreprise, ni combien de personnes étaient dans la salle. C'est banal : ce type de texte est écrit pour les participants, qui savent déjà tout, et publié pour le reste du monde, qui n'apprend rien. Le sujet intéressant est ailleurs. Pourquoi une équipe choisit la baie au mois de décembre, ce que ça coûte, et ce que ces séminaires représentent pour deux communes qui vivent le reste de l'année sur la saison estivale. ![Une salle de réunion avec paperboard et grandes baies vitrées ouvertes sur la baie](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/12/-22.webp) ## Décembre, la saison creuse qui arrange tout le monde Entre la Toussaint et les vacances de février, les **hôtels** de La Baule et de Pornichet tournent à vide. Un établissement qui affiche complet en août cherche des clients en semaine en décembre, et le tarif d'une chambre s'effondre par rapport à la haute saison. Pour une entreprise qui doit loger vingt personnes deux nuits, l'écart de facture est de l'ordre du simple au double selon la période. Les hôteliers de la baie ont construit une partie de leur modèle là-dessus. Salles équipées, forfaits journée d'étude avec pause et déjeuner, chambres à la nuitée : le tourisme d'affaires bouche les trous du calendrier et fait travailler le personnel toute l'année plutôt que quatre mois. La Baule dispose en plus d'un centre de congrès, Atlantia, dimensionné pour des formats bien plus lourds qu'une réunion d'équipe. **Ce que la basse saison change à la facture** Une même journée d'étude coûte nettement moins cher en décembre qu'en juin, et les disponibilités ne sont plus un problème. C'est la raison principale pour laquelle les séminaires d'entreprise se concentrent sur novembre, décembre, janvier et mars sur la Côte d'Amour. ## Deux heures et demie de Paris, et une gare à pied L'autre argument de la baie est **ferroviaire**. La ligne qui descend vers Le Croisic dessert La Baule-Escoublac et Pornichet, et la gare de La Baule se trouve à quelques minutes à pied des hôtels du remblai. Une équipe parisienne arrive en fin de matinée, travaille l'après-midi, dîne et dort sur place, enchaîne une matinée de travail et reprend un train l'après-midi. Personne ne loue de voiture, personne ne conduit après le dîner. Ce détail logistique explique le choix plus sûrement que les paysages. Un séminaire au vert à quarante minutes de la première gare fait perdre une demi-journée à vingt personnes, ce qui coûte plus cher que la salle. **La contrainte qui décide du lieu** Le temps de porte à porte, pas la beauté du site. Une destination accessible en train direct depuis Paris et parcourable à pied une fois sur place élimine la voiture de location, les navettes et les retards. La baie coche ces trois cases, ce que la plupart des sites de bord de mer français ne font pas. ## Le séminaire au bord de l'eau et ses limites L'idée qu'un littoral rendrait une équipe plus créative se vend très bien et se démontre mal. Ce qui se vérifie, en revanche, c'est qu'une équipe éloignée de ses bureaux répond moins au téléphone, et qu'une conversation entamée sur la digue continue là où elle se serait arrêtée devant l'ascenseur. Le bénéfice tient au fait d'être ailleurs ensemble pendant trente-six heures, pas à la couleur de l'eau. Sur les activités dites de cohésion, mon avis est plus tranché : le **paddle** en décembre dans la baie relève de l'exploit, pas du séminaire. La mer est à onze ou douze degrés, le vent d'ouest s'invite, et il faut du matériel et un encadrement. En hiver, une marche de deux heures sur les neuf kilomètres de sable qui vont de Pornichet à la pointe de Penchâteau fait exactement le même travail, sans combinaison et sans facture. **L'activité qui rate son objectif** Les sports nautiques programmés entre novembre et mars. Une partie du groupe renonce, une autre subit, et la cohésion recherchée se transforme en souvenir désagréable. Une longue marche sur la plage, en revanche, ne laisse personne au bord. ## Ce que ces réunions rapportent aux deux communes Vingt personnes qui dorment deux nuits, déjeunent et dînent sur place, ce sont plusieurs milliers d'euros dépensés dans un hôtel, deux ou trois restaurants et quelques commerces, un mardi de décembre où le remblai est désert. Multipliez par le nombre de groupes accueillis dans l'hiver et vous obtenez le chiffre d'affaires qui permet à un restaurant de La Baule de ne pas fermer trois mois. C'est aussi ce qui rend ces communes plus dépendantes qu'il n'y paraît d'une activité invisible pour les habitants. Personne ne voit passer une réunion d'équipe, sauf le personnel de salle. Elle pèse pourtant davantage, sur l'année, qu'un week-end de juillet. **Pour organiser la même chose** Réservez hors vacances scolaires et en milieu de semaine, prenez un hôtel à moins de dix minutes à pied de la gare de La Baule ou de celle de Pornichet, et gardez une demi-journée sans programme. C'est la partie non planifiée qui produit les conversations dont on se souvient trois mois plus tard. Quant à savoir ce qui s'est décidé lors de cette cinquième assemblée, le texte d'origine reste muet. Marketing, communication, objectifs partagés : les mots y sont, les décisions non. On peut au moins créditer ces équipes d'avoir choisi un endroit où le déjeuner se prend en vingt minutes de marche du lieu de travail, face à une plage vide. En décembre, sur la Côte d'Amour, c'est un privilège que les Parisiens paient moins cher qu'ils ne le croient. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !