--- title: "Au marché de Pornichet : entre prudence budgétaire et plaisirs gourmands" url: https://www.nouvelouest.com/au-marche-de-pornichet-entre-prudence-budgetaire-et-plaisirs-gourmands.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-12-30T22:03:26+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:58:48+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/12/-103.webp description: "Il y a deux façons d'aller au marché de Pornichet, et elles ne donnent pas le même panier. Arriver à l'ouverture, avec une liste, pour être rentré en quarante..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Au marché de Pornichet : entre prudence budgétaire et plaisirs gourmands Il y a deux façons d'aller au marché de Pornichet, et elles ne donnent pas le même panier. Arriver à l'ouverture, avec une liste, pour être rentré en quarante minutes. Ou arriver plus tard, sans liste, en acceptant de tourner deux fois entre les étals avant de décider. La seconde coûte un peu plus cher et rapporte beaucoup plus de plaisir. Fin décembre 2024, avec des budgets partout sous tension, c'est ce petit arbitrage d'horaire qui décide de la matinée. ![Étals de fruits, légumes et poissons sur le marché couvert de Pornichet, un matin d'hiver](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/12/-102.webp) **Le bon créneau** Entre l'ouverture et 9 h 30, on trouve tout mais on discute peu : les commerçants installent et servent les habitués. Entre 10 h et 11 h 30, le marché est plein, bruyant, et c'est le moment où l'on goûte, où l'on demande un conseil de cuisson, où l'on découvre un producteur qu'on n'avait jamais vu. Après midi, il reste des affaires mais plus grand choix. ## Ce que le marché a que le supermarché n'a pas La différence tient en une chose : on parle à **quelqu'un qui sait d'où vient ce qu'il vend**. Le maraîcher de la presqu'île dit quel jour il a arraché ses poireaux. Le poissonnier annonce la criée d'où sort le lot du matin, La Turballe ou Le Croisic selon les arrivages. Ce n'est pas de la couleur locale, c'est de l'information utile : elle change la manière de cuisiner le produit une fois rentré. À Pornichet, le marché tient aussi une place particulière dans la vie de la commune parce que la ville s'étire. Entre Sainte-Marguerite d'un côté et la limite de La Baule de l'autre, les quartiers se croisent peu. Le matin de marché est un des rares moments où l'on tombe sur un voisin qu'on n'a pas vu depuis l'été. ## Se donner une enveloppe, puis oublier la calculette La méthode qui fonctionne le mieux quand on veut se faire plaisir sans regretter le ticket est assez bête : décider avant de partir **combien on met, en liquide**, dans une poche. Une somme pour le nécessaire de la semaine, une somme plus petite pour la gourmandise. Une fois sur place, on ne recompte plus. Cette séparation évite le mécanisme qui gâche la plupart des visites : hésiter devant chaque étal, arbitrer produit par produit, et rentrer avec un panier terne en se disant qu'on aurait dû prendre le fromage. Le foie gras à deux tranches, le morceau de comté bien affiné, la boîte de six huîtres à ouvrir le soir même appartiennent à la seconde enveloppe. Ils ne se justifient pas, ils se décident. **Deux enveloppes valent mieux qu'une liste** Le nécessaire d'un côté, le plaisir de l'autre, en espèces. La méthode a un autre effet : elle limite les achats d'impulsion sur les stands qui vendent du transformé, pâtes fraîches sous vide et plats préparés, là où le marché est le moins intéressant. ## Les stands où l'on goûte Sur les fromages, les charcuteries et les cidres, la dégustation reste la norme et il faut en profiter. Un cidre de la région, brut ou demi-sec, se juge en une gorgée et se choisit mal sur l'étiquette. Un fromage de chèvre trop jeune ou trop sec se repère de la même façon. Demander à goûter n'est pas une audace, c'est le fonctionnement normal d'un étal. Les producteurs installés sur les marchés de la Côte d'Amour tournent souvent entre plusieurs communes dans la semaine. Celui qui vend ses œufs à Pornichet le matin peut être à Saint-Nazaire ou à Guérande deux jours plus tard. Quand on trouve un stand qui plaît, il vaut la peine de demander où il est le reste de la semaine. **Le réflexe qui change tout** Faire un tour complet avant d'acheter quoi que ce soit. Cinq minutes de repérage suffisent à voir les écarts de prix sur un même produit d'un étal à l'autre, et à repérer ce qui est vraiment arrivé le matin. La plupart des gens achètent au premier stand qu'ils croisent en entrant. ## Le panier du dimanche, pas celui de la semaine Autant être honnête : **le marché ne remplace pas les courses**. Personne n'y achète son papier toilette, son café en grains et ses conserves. Il complète, il fournit le frais et il fournit le repas qu'on prépare pour quelqu'un. Vouloir en faire son unique source d'approvisionnement conduit à la déception et à un budget qui dérape. Vu comme ça, la question du prix se pose autrement. Les vingt ou trente euros dépensés en plus sur une matinée ne sont pas une fuite de budget, ce sont le coût d'une sortie. Comparés à un restaurant à quatre, ils tiennent la comparaison sans difficulté. **Conseil pour la première visite** Venir avec un cabas rigide plutôt qu'un sac souple, et garder de la monnaie : plusieurs producteurs n'acceptent la carte qu'au-dessus d'un montant minimum. Prévoir aussi un sac isotherme si l'on achète du poisson, surtout quand on prolonge la matinée par un café sur le front de mer. ## Ce qui se joue le reste de l'année L'hiver, le marché de Pornichet est une affaire d'habitués. À partir de juin, la fréquentation change de nature avec les vacanciers, les files s'allongent, les prix de certains produits d'appel montent. Les deux marchés n'ont pas grand-chose à voir. Ceux qui vivent ici toute l'année le savent et achètent le gros de leurs bons produits entre octobre et mai, quand on peut encore poser une question au producteur sans sentir dix personnes derrière soi. C'est peut-être la meilleure raison d'y aller un matin de décembre plutôt qu'un matin d'août. Le marché n'est jamais aussi bon que quand il est fréquenté par ceux qui habitent la commune. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !