--- title: "Chauffage au gaz ou électrique : lequel vous fera économiser le plus d'argent ?" url: https://www.nouvelouest.com/chauffage-au-gaz-ou-electrique-lequel-vous-fera-economiser-le-plus-dargent.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-02-04T21:01:28+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:52:20+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/-24.webp description: "La question est presque toujours posée à l'envers. On compare le prix du kilowattheure de gaz à celui de l'électricité, on constate que le gaz est deux fois moins..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Chauffage au gaz ou électrique : lequel vous fera économiser le plus d'argent ? La question est presque toujours posée à l'envers. On compare le prix du kilowattheure de gaz à celui de l'électricité, on constate que le gaz est deux fois moins cher, et on en conclut que le gaz gagne. Sauf que la facture d'un foyer ne se résume pas au prix du kWh. Il y a l'abonnement, il y a le rendement de l'appareil, il y a l'entretien annuel obligatoire, il y a la durée de vie de l'installation. Refaisons le calcul sur quinze ans, poste par poste, parce que c'est à cette échelle que la réponse se renverse ou se confirme. **Les quatre lignes du calcul** Prix du kWh : avantage net au gaz, de l'ordre de 0,11 euro contre 0,25 euro pour l'électricité au tarif réglementé début 2024. Abonnement : environ 250 euros par an pour un compteur gaz de chauffage, contre une centaine d'euros pour l'électricité. Entretien : la chaudière gaz impose une visite annuelle payante, le convecteur électrique zéro. Installation : quelques centaines d'euros par radiateur électrique, plusieurs milliers pour une chaudière et son réseau. ## Le prix du kWh, et pourquoi il ne suffit pas L'écart de prix au kilowattheure est réel et il est massif. Mais un convecteur électrique restitue en chaleur la **quasi-totalité** de ce qu'il consomme, alors qu'une chaudière gaz perd une partie de son énergie dans les fumées. Une chaudière à condensation récente limite cette perte, une chaudière de vingt ans beaucoup moins. Selon l'âge de l'appareil, l'écart réel se resserre. Il faut ensuite ajouter l'abonnement. Sur un logement chauffé au gaz, l'abonnement du compteur, dans la tranche destinée au chauffage, coûte plusieurs centaines d'euros par an, qu'on chauffe ou non. Pour un petit appartement peu consommateur, cette part fixe pèse lourd : c'est le cas typique où le gaz perd, alors même que son kWh est deux fois moins cher. **La règle qui se vérifie presque toujours** **Plus le logement est grand et mal isolé, plus le gaz est intéressant**, parce que la part variable écrase la part fixe. Plus le logement est petit ou bien isolé, plus l'électricité redevient compétitive. Le seuil de bascule se situe grossièrement autour des logements de 60 à 70 m2 correctement isolés. ## L'entretien, la ligne qu'on oublie systématiquement La visite annuelle d'une chaudière gaz est **obligatoire depuis 2009** et incombe à l'occupant, propriétaire ou locataire. Elle se facture couramment entre 100 et 180 euros selon le contrat et la région. Sur quinze ans, on parle de 1 500 à 2 700 euros qui n'apparaissent nulle part dans les comparateurs en ligne. À cela s'ajoute le remplacement. Une chaudière gaz dure une quinzaine d'années, parfois vingt avec un bon entretien. Un radiateur électrique bien fait en tient facilement vingt-cinq. Sur la durée, le poste renouvellement pèse dans le même sens que l'entretien. ## Un point du texte d'origine à corriger On lit souvent, y compris dans la version précédente de cet article, qu'un chauffage au gaz « n'a pas besoin de continuer à consommer une fois la température atteinte », contrairement à l'électrique. **C'est faux**, et le raisonnement thermique ne tient pas. Tout système de chauffage compense en permanence les déperditions du logement, quelle que soit son énergie. Ce qui diffère, c'est l'inertie : un radiateur à eau chaude ou un radiateur électrique à inertie continue de restituer de la chaleur après la coupure, un convecteur direct refroidit en quelques minutes. Tout se joue sur l'inertie du corps de chauffe, pas sur l'énergie employée. **Le convecteur grille-pain reste le pire choix** Si le logement est équipé de convecteurs des années 1980, aucun arbitrage entre gaz et électricité ne vous sauvera : ils chauffent par à-coups, stratifient l'air, et surchauffent le haut de la pièce pendant qu'on a froid aux pieds. Remplacer ces appareils par des radiateurs à inertie, à quelques centaines d'euros pièce, produit un gain de confort immédiat et une baisse de consommation avant même de changer d'énergie. ## Sur la Côte d'Amour, la question du raccordement Le débat perd de son intérêt dès qu'on n'a pas le choix. Le réseau de gaz naturel dessert bien les centres de Saint-Nazaire, de La Baule et de Pornichet, mais **s'arrête net** dans certains secteurs pavillonnaires et dans une partie des communes du marais. Sans raccordement en limite de propriété, l'extension du réseau se chiffre en milliers d'euros et le calcul est plié d'avance. Le climat compte aussi. La façade atlantique connaît des hivers doux, avec des moyennes de janvier autour de 6 ou 7 degrés à Saint-Nazaire, et une saison de chauffe plus courte que dans l'Est. Moins de kilowattheures consommés, cela veut dire une part fixe qui pèse davantage, donc un abonnement gaz plus difficile à amortir. À logement identique, le gaz est plus rentable à Strasbourg qu'à Pornichet. **Ce que la décennie qui vient change au calcul** Les chaudières gaz restent installables dans l'existant, mais elles ont été exclues des aides à la rénovation et l'installation en neuf est fermée par la réglementation environnementale 2020. Miser aujourd'hui sur une chaudière neuve, c'est parier sur quinze ans de prix du gaz sans aucun soutien public. C'est un choix défendable si le réseau est là et le logement grand, mais il faut le faire les yeux ouverts. ## Ce que je conseillerais Dans une maison de plus de 100 m2 déjà raccordée au gaz, avec une chaudière à condensation en état, on ne touche à rien : le remplacement coûterait plus cher que ce qu'il ferait gagner. Dans un appartement bien isolé de moins de 70 m2, l'électrique à inertie est plus simple, sans abonnement lourd ni entretien annuel. Et dans une maison à rénover, la vraie comparaison n'est plus gaz contre électricité mais gaz contre **pompe à chaleur**, qui rend trois kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure consommé. C'est le seul arbitrage qui change encore les ordres de grandeur. **Avant de comparer, mesurez** Sortez vos douze dernières factures et isolez la consommation de chauffage en retirant la consommation d'été, qui correspond à l'eau chaude et aux usages courants. Vous obtenez en dix minutes le nombre de kilowattheures réellement consacrés au chauffage. C'est cette valeur qu'il faut multiplier par les prix, pas une moyenne nationale. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !