--- title: "Comment éviter de se faire arnaquer en achetant du bois de chauffage ?" url: https://www.nouvelouest.com/comment-eviter-de-se-faire-arnaquer-en-achetant-du-bois-de-chauffage.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-04-23T09:32:26+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:54:27+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/04/-92.webp description: "Neuf litiges sur dix autour du bois de chauffage ne portent pas sur l'essence livrée ni sur la couleur des bûches. Ils portent sur le volume. Le client a commandé..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Comment éviter de se faire arnaquer en achetant du bois de chauffage ? Neuf litiges sur dix autour du bois de chauffage ne portent pas sur l'essence livrée ni sur la couleur des bûches. Ils portent sur le volume. Le client a commandé trois stères, il a reçu un tas qui en fait deux et des poussières, et il n'a aucun moyen de le prouver une fois le bois rangé dans l'appentis. Voici comment se défendre sur ce terrain-là, celui des mètres cubes et de l'humidité, plutôt que sur des conseils généraux qui ne coûtent rien à personne. ## Le stère n'est plus une unité de vente depuis 1978 C'est le point de départ de presque toutes les mauvaises surprises. Le stère a été retiré des unités légales de mesure au 1er janvier 1978. Un professionnel doit vendre son bois au **mètre cube apparent**, abrégé en map. Beaucoup continuent d'annoncer des stères parce que le mot parle aux clients, et c'est toléré à l'oral, mais la facture, elle, doit être en mètres cubes. Pourquoi ça compte : un stère, au sens historique du terme, c'est un mètre cube de bûches de un mètre empilées. Recoupez ces mêmes bûches et le tas se tasse : les morceaux courts s'imbriquent mieux, le même bois occupe moins de place. **Le coefficient qu'aucun vendeur n'affiche** Un stère de bûches de 1 m donne environ 0,80 mètre cube apparent une fois recoupé en 50 cm, 0,70 en 33 cm et 0,60 en 25 cm. Autrement dit, trois stères commandés en bûches de 33 cm représentent à peu près 2,1 mètres cubes de tas. Si le vendeur vous facture trois mètres cubes, vous payez 30 % d'air. La parade tient en une question, posée avant de payer : combien de mètres cubes apparents, pour quelle longueur de bûche ? Un vendeur sérieux répond en deux secondes et donne les deux chiffres. Celui qui répond « c'est trois stères, madame » et change de sujet vous a déjà répondu. ## Vingt pour cent d'humidité, mesurés au cœur de la bûche Le deuxième poste de litige, c'est l'eau. Un bois fraîchement abattu contient environ la moitié de son poids en eau. À ce stade, une grande partie de la chaleur dégagée par la combustion sert à évaporer cette eau au lieu de chauffer la pièce. Le rendement s'effondre, la vitre noircit, le conduit s'encrasse au bistre. Le seuil admis pour un bois prêt à brûler est de 20 % d'humidité sur masse brute, ce que les labels notent H1. On y arrive avec deux étés complets sous un abri ouvert au vent, bûches fendues, pas sous une bâche plastique posée au sol qui transforme le tas en cave à champignons. **Le test de la face extérieure ne vaut rien** Un humidimètre coûte entre 20 et 30 euros en grande surface de bricolage. Il ne sert à rien si vous plantez les pointes sur la face d'une bûche qui a passé trois jours au soleil : elle affichera 12 % pendant que le cœur est encore à 35 %. Fendez une bûche en deux et mesurez sur la partie fraîche, au milieu. C'est le seul chiffre qui compte, et c'est celui que le vendeur redoute. Autre indice, gratuit celui-là : un bois sec sonne clair quand on cogne deux bûches, et son extrémité porte des fentes en étoile. Un bois humide sonne sourd et garde son écorce collée. C'est un premier tri, pas une mesure. ## Ce que doit contenir la facture Exigez un document écrit avant la livraison, pas après. Il doit mentionner le volume en mètres cubes apparents, la longueur des bûches, les essences, le taux d'humidité annoncé, le prix, et les coordonnées complètes du vendeur avec son numéro SIRET. Un bois vendu « sec » sans mention du taux d'humidité n'engage à rien. Les signaux qui doivent faire raccrocher : le démarchage téléphonique insistant, le paiement intégral d'avance en espèces, l'absence de SIRET vérifiable, et la remorque qui passe dans le quartier avec « un reste de chargement à liquider ». Cette dernière revient chaque automne sur la presqu'île, à des tarifs alignés sur ceux du marché pour du bois vert coupé le mois précédent. **Payez par chèque ou virement** Les espèces ne laissent aucune trace et rendent tout recours impossible. Un règlement bancaire, même partiel, crée une preuve de paiement rattachée à une identité. En cas de litige, la plateforme SignalConso de la DGCCRF enregistre un signalement en quelques minutes, et l'entreprise en est informée. ## Soyez là au déchargement C'est le conseil le moins commode et le plus rentable. Un tas de bois en vrac, versé depuis une benne, n'est pas mesurable : selon la façon dont il retombe, son volume apparent varie de 30 à 40 %. Une livraison rangée, elle, se mesure au mètre ruban : longueur multipliée par hauteur multipliée par la longueur des bûches. Demandez une livraison rangée, ou bien rangez le tas dans la foulée et mesurez-le avant de solder la facture. Photographiez le chargement dans la benne avant qu'il ne soit versé, avec un objet de taille connue dans le cadre. Ces photos ont réglé plus de conflits que tous les avis en ligne réunis. Sur la côte, un point pratique s'ajoute : dans les rues étroites de Batz-sur-Mer, du Croisic ou du vieux Pornichet, un camion-benne de 19 tonnes ne passe pas partout et ne peut pas toujours lever sa benne sous les fils. Précisez la contrainte d'accès au moment de la commande. Un livreur qui découvre le problème sur place décharge au plus vite, au plus près, et la mesure devient impossible. ## Les labels servent à quelque chose, mais pas à tout Deux repères existent : la marque **France Bois Bûche**, portée par les interprofessions régionales de la forêt, et la certification NF Biocombustibles solides. Les adhérents s'engagent sur le volume annoncé, sur l'unité de vente en mètres cubes et sur un taux d'humidité mesuré. Ce n'est pas une garantie absolue, c'est un engagement contractuel opposable, ce qui vaut déjà beaucoup mieux qu'une promesse orale. Le label ne dit rien, en revanche, du prix. Un bois certifié H1 livré rangé coûte nettement plus cher qu'un bois vert en vrac. C'est un arbitrage entre payer maintenant ou stocker deux ans : avec un fond de jardin abrité, acheter vert reste défendable. Si vous n'avez qu'un garage fermé, achetez sec, sinon vous brûlerez de l'eau. **Les trois chiffres à noter sur le bon de commande** Volume en mètres cubes apparents, longueur des bûches en centimètres, taux d'humidité en pourcentage. Avec ces trois données écrites et une livraison rangée, il ne reste presque plus de place pour la mauvaise foi. Sans elles, aucune vérification n'est possible. Reste la question des essences, celle par laquelle commencent tous les guides. Chêne, hêtre, charme et frêne sont des bois durs à combustion lente, le bouleau et le châtaignier brûlent plus vite et éclatent davantage. C'est vrai, et c'est secondaire : un hêtre à 35 % d'humidité chauffera moins bien qu'un bouleau à 18 %. L'essence se discute une fois que le volume et le séchage sont réglés, pas avant. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !