--- title: "Découvrez comment la Pompe à chaleur solaire révolutionne le chauffage !" url: https://www.nouvelouest.com/decouvrez-comment-la-pompe-a-chaleur-solaire-revolutionne-le-chauffage.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-04-20T09:32:22+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:54:19+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/04/-74.webp description: "Il faut poser le problème dans le bon ordre : le soleil donne son maximum en juillet, et vous avez besoin de chauffage en janvier. Tout ce qu'on peut dire d'une..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Découvrez comment la Pompe à chaleur solaire révolutionne le chauffage ! Il faut poser le problème dans le bon ordre : le soleil donne son maximum en juillet, et vous avez besoin de chauffage en janvier. Tout ce qu'on peut dire d'une « pompe à chaleur solaire » découle de ce décalage. Le terme recouvre en réalité trois montages très différents, dont un seul mérite qu'on s'y attarde sous le climat de la Côte d'Amour. Cet article prend le sujet par là, par la saison, plutôt que par la brochure. **Le décalage de six mois** Sur la façade atlantique, un mètre carré de capteur reçoit en décembre environ dix fois moins d'énergie qu'en juin. Le besoin de chauffage, lui, se concentre de novembre à mars. Aucune astuce de montage ne rattrape cet écart : le solaire couvre l'eau chaude sanitaire une bonne partie de l'année, il ne couvre pas l'hiver. ## Trois machines sous le même nom commercial Quand un installateur parle de pompe à chaleur solaire, il désigne l'une de ces trois choses. La première, et la plus courante, c'est une pompe à chaleur air/eau tout ce qu'il y a de classique, associée à des panneaux photovoltaïques posés sur le toit. Les panneaux produisent de l'électricité, la pompe la consomme. Rien de nouveau dans la machine elle-même : ce qui change, c'est la facture d'électricité. Le montage se tient, à condition de comprendre qu'en janvier, à 8 h du matin, la production photovoltaïque est nulle et que le compteur tourne comme chez le voisin. La deuxième, c'est une pompe à chaleur dont l'évaporateur est alimenté par des capteurs solaires thermiques, parfois appelés capteurs hybrides ou « PVT ». Le fluide passe derrière les panneaux, récupère quelques degrés, et la machine travaille sur une source légèrement plus chaude que l'air extérieur. Le gain existe. Il est réel surtout à la mi-saison, quand il y a du soleil et encore un peu de besoin. La troisième, c'est le solaire thermique seul, avec ballon, que certains commerciaux rebaptisent pour surfer sur la mode. Ce n'est pas une pompe à chaleur. Si le devis ne mentionne ni compresseur ni coefficient de performance, vous achetez un chauffe-eau solaire. **Le mot à chercher sur le devis** Un devis sérieux indique le SCOP de la machine, mesuré selon la norme EN 14825, et la puissance restituée par température extérieure (souvent à 7 °C et à moins 7 °C). Si ces deux lignes manquent, demandez-les avant de signer. Un installateur qui ne peut pas les fournir ne sait pas dimensionner votre installation. ## Ce que ça donne entre Pornichet et Saint-Nazaire Le littoral de Loire-Atlantique a deux atouts pour ce type d'équipement, et un handicap. Premier atout : l'hiver y est doux. La température de base retenue pour le dimensionnement dans le secteur tourne autour de moins 4 °C, contre moins 10 °C ou moins 15 °C dans l'Est. Une pompe à chaleur air/eau y garde un bon rendement presque tout l'hiver, là où en Franche-Comté elle passe régulièrement sur sa résistance électrique d'appoint. C'est de loin l'argument le plus fort en faveur de la machine, et il n'a rien à voir avec le soleil. Deuxième atout : l'ensoleillement est correct, autour de 1 800 heures par an sur la côte, mieux qu'à Rennes ou à Lille. Pour l'eau chaude sanitaire de mai à septembre, ça suffit largement. Le handicap, c'est l'air marin. À moins de deux kilomètres du rivage, sur le front de mer de Pornichet ou du côté de la baie de La Baule, les unités extérieures corrodent plus vite. Les fabricants proposent des traitements anticorrosion sur l'échangeur et la carrosserie, parfois sous l'appellation « version bord de mer ». Ça coûte quelques centaines d'euros de plus à l'achat. C'est de l'argent bien placé si vous ne voulez pas changer l'échangeur au bout de sept ans. **Où poser l'unité extérieure** Pas plein vent d'ouest, pas contre le mur d'une chambre, pas dans un recoin fermé. La réglementation sur les bruits de voisinage limite l'émergence à 5 décibels le jour et 3 décibels la nuit. Sur un terrain de lotissement à 400 mètres carrés, c'est vite atteint, et le litige avec le voisin coûte plus cher que le socle antivibratile. ## Le calcul, sans le vernis Une pompe à chaleur air/eau restitue en moyenne trois à quatre kilowattheures de chaleur pour un kilowattheure d'électricité consommé, sur une saison entière et dans une maison bien réglée. Ajoutez des panneaux photovoltaïques et vous produisez vous-même une partie de cette électricité, surtout d'avril à octobre, c'est-à-dire hors saison de chauffe. D'où le résultat que les brochures passent sous silence : le photovoltaïque rentabilise surtout l'eau chaude, la piscine et le reste de la maison, pas le chauffage. Faut-il pour autant s'en priver ? Non. Mais il faut acheter les deux équipements pour ce qu'ils font, pas pour l'idée de l'autonomie. Sur ce point, le discours commercial de la « maison qui se chauffe au soleil » ne tient pas dans une région où il pleut cent trente jours par an. ### L'isolation d'abord, la machine ensuite Une pompe à chaleur donne son meilleur rendement quand elle envoie de l'eau à basse température, autour de 35 °C dans un plancher chauffant, 45 °C dans des radiateurs surdimensionnés. Dans une maison des années 1970 avec des radiateurs en fonte prévus pour 70 °C, la même machine consomme beaucoup plus. Les combles et les menuiseries passent donc **avant** le remplacement de la chaudière, dans cet ordre, et pas l'inverse. **Les aides existent, elles se cumulent** MaPrimeRénov', les certificats d'économies d'énergie et la TVA à 5,5 % s'appliquent à l'installation d'une pompe à chaleur, sous condition de faire appel à une entreprise certifiée RGE. Les montants dépendent des revenus du foyer et changent presque chaque année : vérifiez les barèmes en cours sur france-renov.gouv.fr avant de bâtir votre plan de financement. ## Ce qui use une installation Les pannes qu'on voit le plus souvent ne viennent pas du solaire. Elles viennent du circuit d'eau : un vase d'expansion mal gonflé, un filtre encrassé, un débit insuffisant parce qu'on a fermé la moitié des radiateurs. Vient ensuite le dégivrage, qui fait tourner la machine en cycles courts quand le dimensionnement est trop généreux. Un entretien annuel est obligatoire pour les machines contenant plus de 2 kilos d'équivalent CO2 de fluide frigorigène, ce qui couvre la plupart des modèles domestiques. Comptez 150 à 250 euros par an. Le technicien contrôle l'étanchéité du circuit, les pressions et les températures de départ. C'est le moment de lui demander le relevé des heures de fonctionnement du compresseur : c'est le **meilleur indicateur de la santé de l'installation**, et personne ne pense à le noter. ### Et le mot « révolution » ? Il n'y a pas de révolution. La pompe à chaleur existe depuis les années 1930, le capteur solaire thermique depuis les années 1970. Ce qui a changé depuis 2020, c'est le prix du gaz, le montant des aides publiques et la qualité des compresseurs à vitesse variable. Trois raisons économiques et techniques d'y venir, aucune raison magique. C'est déjà pas mal. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !