--- title: "Édition majestueuse du Festival Culture Bar-Bars à travers 11 lieux emblématiques de Saint-Nazaire, Trignac et Pornichet" url: https://www.nouvelouest.com/edition-majestueuse-du-festival-culture-bar-bars-a-travers-11-lieux-emblematiques-de-saint-nazaire-trignac-et-pornichet.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-11-27T07:31:53+01:00 date_modified: 2026-09-10T08:01:26+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Un festival sans billetterie, sans grande scène et sans camion de sonorisation garé devant la salle : le Culture Bar-Bars fonctionne à l'envers des autres. Pour sa..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Édition majestueuse du Festival Culture Bar-Bars à travers 11 lieux emblématiques de Saint-Nazaire, Trignac et Pornichet Un festival sans billetterie, sans grande scène et sans camion de sonorisation garé devant la salle : le Culture Bar-Bars fonctionne à l'envers des autres. Pour sa 22e édition, du 28 au 30 novembre 2024, ce sont les cafés de Saint-Nazaire, de Trignac et de Pornichet qui ont accueilli les concerts, avec le comptoir à trois mètres du chanteur. C'est ce qui fait son intérêt, et c'est aussi ce qui explique la plupart de ses contraintes. **Le format en trois chiffres** Trois soirs, 25 rendez-vous, environ 70 artistes. Les lieux annoncés oscillaient entre 11 et 13 selon les documents diffusés par l'organisation, un écart qui tient aux établissements confirmés au dernier moment. Entrée libre partout. ## Un festival qui se joue dans des salles de vingt mètres carrés Le principe du Culture Bar-Bars, porté depuis Nantes par le collectif du même nom, tient en une phrase : le café est un **lieu de diffusion culturelle**, et il faut le traiter comme tel. Concrètement, un patron de bar accepte de dégager une partie de sa salle, l'organisation apporte un peu de matériel et un cachet, et un groupe joue devant quarante ou soixante personnes selon la place disponible. Ça change tout pour le spectateur. Pas de fosse, pas de gradins, pas de vestiaire. On est debout, souvent serrés, avec le batteur qui vous frôle le coude. Ceux qui viennent pour le concert et ceux qui venaient boire un café se retrouvent dans la même pièce, ce qui produit des soirées inégales. ## Saint-Nazaire, Trignac, Pornichet : trois terrains qui ne se ressemblent pas Sur ce territoire, les trois communes n'offrent pas du tout les mêmes conditions. Saint-Nazaire concentre le plus grand nombre de bars capables d'accueillir un groupe amplifié, notamment autour du centre-ville et vers le port. Trignac apporte des lieux plus petits, avec une clientèle d'habitués qui découvre parfois la programmation en poussant la porte. Pornichet, elle, entre dans le festival en pleine intersaison, à un moment où une bonne partie des établissements du front de mer ont réduit leurs horaires ou fermé jusqu'à Noël. C'est d'ailleurs une des raisons d'être de ce calendrier de fin novembre. Sur la Côte d'Amour, la période entre la Toussaint et les fêtes est le creux absolu de l'année pour les cafés. Trois soirs de programmation remplissent des salles qui, un vendredi de novembre, tourneraient sinon à une dizaine de clients. **Ce qui marche le mieux dans ce format** Les formules acoustiques et les duos. Une batterie complète dans un bar de quarante places sature la salle en trois minutes, et le public finit dehors. Les groupes qui savent jouer bas gardent leur monde jusqu'à la fin du set. ## Gratuit ne veut pas dire sans organisation L'entrée libre est le principe fondateur du festival, mais elle a une conséquence que beaucoup découvrent sur place : il n'y a **aucune réservation**, donc aucune garantie d'entrer. Dans un bar de cinquante places, la jauge est atteinte vingt minutes après l'ouverture des portes un samedi soir. Arriver à l'heure du début annoncé, c'est arriver trop tard. La bonne méthode, pour qui connaît le festival, consiste à choisir deux ou trois lieux proches les uns des autres et à s'installer tôt dans le premier. Courir six adresses dans la soirée relève du fantasme quand les bars sont répartis entre trois communes distantes de plusieurs kilomètres, sans transport en commun nocturne cadencé entre elles. ### La question du bruit et des voisins Un bar n'est pas une salle de concert au sens réglementaire. Niveaux sonores, horaires de fermeture, nuisances pour les riverains : tout est encadré, et un établissement qui déborde risque plus qu'un rappel à l'ordre. C'est pour ça que les sets s'arrêtent souvent avant minuit et que la sonorisation reste modeste. **Le piège classique** Compter sur la voiture pour enchaîner les bars. Le festival se tient dans des débits de boissons, les contrôles sont fréquents sur l'axe Saint-Nazaire, Pornichet, et la ligne de bus nocturne ne couvre pas les horaires de fin de concert. Un conducteur désigné ou un taxi réservé à l'avance règle la soirée. ## Prévention : ce que le collectif installe réellement Le collectif Culture Bar-Bars travaille depuis plusieurs années sur la réduction des risques en milieu festif, avec des stands tenus par des associations locales, des **bouchons d'oreilles** distribués et des éthylotests disponibles dans les établissements partenaires. Ce volet a un intérêt mesurable dans un festival qui se déroule intégralement dans des lieux où l'on sert de l'alcool, et qui attire un public jeune. Le dispositif reste pourtant modeste : il repose sur la bonne volonté de chaque tenancier et varie beaucoup d'un bar à l'autre. Chloé Le Bail, directrice exécutive du collectif, défend un festival pensé comme un outil de structuration du secteur des cafés-concerts plus que comme une opération de communication. **Le calendrier, année après année** L'édition 2024 s'est tenue du 28 au 30 novembre, un jeudi, un vendredi et un samedi. Le festival garde traditionnellement cette place de fin novembre, juste avant l'ouverture des animations de Noël dans les communes du littoral. ## Ce qu'il en reste pour les bars le reste de l'année Trois soirs de concerts ne transforment pas un café en salle de spectacle. Ce que le festival apporte aux établissements, c'est un carnet d'adresses : un contact avec un groupe local, une première expérience de la logistique d'un concert, parfois une déclaration Sacem. Certains bars nazairiens programment ensuite deux ou trois dates par an, d'autres n'y reviennent jamais. Pour le spectateur, le meilleur usage du festival reste celui-ci : entrer dans un établissement où l'on n'a jamais mis les pieds, écouter un groupe dont on ignorait le nom, et repartir en sachant qu'on peut y revenir un mardi soir de février. La programmation complète et les archives des éditions précédentes sont consultables sur le site du [Festival Culture Bar-Bars](https://festival.bar-bars.com/). --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !