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Femicide: Nouvelle action française au milieu des manifestations – mais est-ce suffisant?

Le problème silencieux de la France a déclenché une manifestation trop forte pour être ignorée.

Les noms et les visages de femmes qui semblaient invisibles du vivant sont défilées après leur mort dans les rues de France, dans un flot continu de manifestations contre le nombre élevé de meurtres perpétrés ici.

Les groupes de soutien disent que plus de 130 femmes ont été tuées cette année par un partenaire ou un ex-partenaire; c’est un tous les trois jours.

Lucien Douib a perdu sa fille, Julie, en mars. Son ex-mari est jugé pour son meurtre. Il dit qu’il est important que la police soit mieux préparée à aider.

« Quand on parle avec les familles des victimes, c’est toujours la même histoire », m’a-t-il dit.

« Les femmes portent plainte mais ne sont pas prises au sérieux et ne sont pas écoutées. C’est ce qui s’est passé avec Julie. C’est horrible de penser que rien n’a changé depuis neuf mois depuis le décès de ma fille. »

Le mois dernier, un rapport du ministère de la Justice révélait que près de la moitié des personnes tuées par leurs partenaires avaient déjà déposé plainte auprès de la police, mais que 80% des plaintes ne débouchaient pas sur des poursuites.

Lundi, après deux mois de consultations gouvernementales, le Premier ministre Edouard Philippe a promis de former davantage la police à l’évaluation des plaintes et de créer 1 000 places supplémentaires dans des centres d’hébergement d’urgence pour les femmes fuyant la violence domestique chez elles.

Il a également annoncé une nouvelle loi, devant être soumise à l’Assemblée nationale en janvier, aux termes de laquelle tout partenaire qui tue son compagnon encourt la « suspension automatique de l’autorité parentale ». Les partenaires violents qui n’arrivent pas à commettre un meurtre peuvent également faire face à des restrictions sur l’autorité parentale de leurs enfants.

Lucien dit qu’il accueille le déménagement. Son épouse et lui s’occupent maintenant de leurs deux petits-enfants, mais doivent systématiquement demander l’autorisation de l’homme accusé d’avoir tué leur fille pour pouvoir voyager avec les enfants ou les inscrire à n’importe quel type de soins médicaux ou psychiatriques.

Le gouvernement a annoncé une nouvelle loi en janvier autorisant les médecins à violer la confidentialité des patients en cas de violence domestique s’ils pensaient que cela sauverait des vies.

Et, dans le cadre d’une nouvelle initiative axée sur les personnes reconnues coupables de violence, il cofinancera de nouveaux centres de soins dans chaque région de France pour les auteurs eux-mêmes.

À l’heure actuelle, il n’existe en France qu’un seul centre de réadaptation résidentielle destiné aux hommes reconnus coupables de violence domestique. Quelque 800 personnes ont déjà suivi le programme de quatre semaines de Rosati Home.

L’utilisation de fonds publics pour des projets comme celui-ci est controversée, mais le directeur de la maison, Benoit Durieux, a déclaré que cela fonctionnait.

« Nous avons un taux de récidive d’environ 10% », a-t-il déclaré. « En l’absence de suivi, nous sommes plus de 40%. Notre espoir est que les victimes de violence domestique comprennent qu’il est possible de se libérer du joug d’un homme violent. Les auteurs peuvent aussi comprendre qu’ils peuvent agir différemment  »

Certains militants sont sceptiques et déçus, affirmant que les mesures prises par le gouvernement ne valent pas grand chose. Nombre d’entre eux avaient été annoncés au début du processus de consultation il y a deux mois.

« Comptez sur moi pour mobiliser toute la nation à ce sujet », a tweeté le président Macron.

Mais cela va-t-il arrêter la liste croissante de femmes qui n’ont trouvé personne sur qui compter?

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