--- title: "Guide complet sur la santé buccodentaire à l'occasion de la Journée Mondiale du Diabète, le 14 novembre" url: https://www.nouvelouest.com/guide-complet-sur-la-sante-buccodentaire-a-loccasion-de-la-journee-mondiale-du-diabete-le-14-novembre.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-10-23T08:30:55+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:56:50+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/10/-3.webp description: "Un guide complet sur la santé buccodentaire du patient diabétique, ça n'existe pas en huit cents mots, et la plupart de ce qu'on lit sur le sujet se résume à des..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Guide complet sur la santé buccodentaire à l'occasion de la Journée Mondiale du Diabète, le 14 novembre Un guide complet sur la santé buccodentaire du patient diabétique, ça n'existe pas en huit cents mots, et la plupart de ce qu'on lit sur le sujet se résume à des rappels d'hygiène que tout le monde connaît déjà. La seule chose qui change réellement le pronostic tient en une phrase, à prononcer dès le fauteuil : « je suis diabétique ». Beaucoup de patients ne la disent pas, parce qu'ils ne voient pas le rapport entre leur glycémie et leurs gencives. Le rapport existe, il fonctionne dans les deux sens, et il est documenté depuis longtemps. La Journée mondiale du diabète du 14 novembre est une occasion correcte de le rappeler. ![Brosse à dents et lecteur de glycémie posés sur un plan de salle de bains](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/10/-2.webp) **Ce qu'il faut retenir** Diabète et maladie des gencives s'aggravent mutuellement. Une parodontite non traitée déséquilibre la glycémie, et une glycémie mal contrôlée accélère la perte osseuse autour des dents. Signaler son diabète au chirurgien-dentiste change la fréquence des contrôles et la nature du traitement proposé. ## Pourquoi la bouche et la glycémie se répondent L'hyperglycémie chronique abîme les petits vaisseaux. Les gencives en sont pleines. Résultat : la circulation locale se dégrade, les cellules de défense arrivent moins vite, et une inflammation qui aurait cédé en quelques jours chez un autre patient s'installe et gagne l'os qui tient la dent. C'est la **parodontite**, et elle est plus fréquente et plus rapide chez les diabétiques. Le trajet inverse est moins connu. Une parodontite est un foyer inflammatoire chronique, parfois l'équivalent en surface d'une plaie de la taille d'une paume de main. Cette inflammation entretenue augmente la résistance à l'insuline et rend l'équilibre glycémique plus difficile à obtenir. Traiter les gencives fait souvent baisser l'hémoglobine glyquée, dans des proportions comparables à celles d'un ajustement de traitement. Sur ce point, le débat est clos depuis une quinzaine d'années dans la littérature médicale. ## Les signes qu'on laisse passer Une **gencive qui saigne au brossage** n'est jamais normale. La croyance inverse est tenace, et elle coûte des dents. Les autres signaux à ne pas remettre à plus tard : une haleine qui change, des dents qui paraissent plus longues parce que la gencive recule, une dent qui bouge un peu, un goût métallique persistant, une bouche sèche en permanence. La **sécheresse buccale** mérite une mention à part. Elle touche souvent les patients diabétiques, elle est aggravée par plusieurs médicaments courants, et elle prive la bouche de sa protection naturelle. Moins de salive, c'est un pH qui ne se corrige plus après les repas et des caries qui apparaissent à des endroits inhabituels, au collet des dents notamment. **Le signe à ne pas banaliser** Du sang sur la brosse ou dans le crachat, même une fois de temps en temps, signe une inflammation active. Chez un patient diabétique, c'est un motif de consultation, pas une raison de brosser plus doucement. Brosser plus doucement aggrave la situation. ## Ce que change une consultation où l'on dit qu'on est diabétique Le praticien informé travaille différemment. Il sonde les poches parodontales au lieu de se contenter d'un examen visuel, il espace moins les contrôles, il tient compte du risque infectieux avant une extraction ou une pose d'implant, et il demande parfois le résultat récent d'hémoglobine glyquée avant un acte chirurgical. Un diabète bien équilibré n'interdit à peu près rien, y compris les implants ; un diabète déséquilibré, si. Côté prise en charge, la convention dentaire a introduit en 2019 un remboursement du bilan parodontal et du traitement d'assainissement pour les patients diabétiques, ce qui n'est pas le cas pour la population générale. Peu de gens le savent, y compris parmi les concernés. Cela vaut la peine d'en parler à son dentiste et à son médecin traitant. **La routine qui tient la route** Deux brossages par jour de deux minutes, brosse souple, dentifrice fluoré. Un passage quotidien entre les dents : brossettes interdentaires si les espaces le permettent, fil sinon. Les brossettes retirent davantage de plaque que le fil dès que la gencive a un peu reculé. ## L'alimentation, sans le discours moralisateur Les recommandations pour la glycémie et celles pour les dents pointent dans la même direction, ce qui simplifie la vie. Un point pratique passe pourtant souvent à la trappe : le resucrage. Un patient traité par insuline corrige une hypoglycémie avec du sucre rapide, parfois plusieurs fois par semaine, souvent la nuit. Ces prises-là comptent pour les dents. Rincer la bouche à l'eau après, sans brosser dans la demi-heure qui suit, limite les dégâts sur l'émail ramolli. L'eau, justement, reste le meilleur outil disponible contre la sécheresse buccale. Les bonbons sans sucre et les sprays salivaires vendus en pharmacie rendent service quand elle devient gênante. **Le rythme des rendez-vous** Un contrôle annuel suffit pour un adulte sans problème. Pour un patient diabétique, deux visites par an constituent le minimum raisonnable, et trois si une parodontite a déjà été traitée. Le 14 novembre, date de la Journée mondiale du diabète, sert de repère commode pour prendre le rendez-vous de l'année. ## Le maillon faible reste la coordination Diabétologue, médecin traitant, chirurgien-dentiste : chacun voit sa partie. Le compte rendu circule mal, et le patient se retrouve seul à faire le lien entre des consultations qui ne se parlent pas. Rien n'empêche de porter soi-même l'information : mentionner le diabète au dentiste, signaler au diabétologue qu'un traitement parodontal est en cours, apporter son dernier bilan biologique. C'est rudimentaire et c'est ce qui manque le plus souvent. Une ligne dans le carnet de suivi, une copie du dernier bilan glissée dans la sacoche avant le rendez-vous chez le dentiste, et la consultation change de nature. Le 14 novembre ne servira à rien si la seule chose qu'on en retient est une infographie partagée sur les réseaux ; il sert si, ce jour-là, quelqu'un décroche son téléphone et prend le rendez-vous qu'il repousse depuis trois ans. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !