--- title: "JO Paris 2024 : Découvrez le design des médailles avec de vrais morceaux de la Tour Eiffel intégrés" url: https://www.nouvelouest.com/jo-paris-2024-decouvrez-le-design-des-medailles-avec-de-vrais-morceaux-de-la-tour-eiffel-integres.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-02-08T14:30:15+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:52:28+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/jo-paris-2024-decouvrez-le-design-des-medailles-avec-de-vrais-morceaux-de-la-tour-eiffel-integres.webp description: "Le 8 février 2024, Paris 2024 a présenté les médailles des Jeux olympiques et paralympiques. Sur ces objets, une seule chose était réellement inédite : un hexagone..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # JO Paris 2024 : Découvrez le design des médailles avec de vrais morceaux de la Tour Eiffel intégrés Le 8 février 2024, Paris 2024 a présenté les médailles des Jeux olympiques et paralympiques. Sur ces objets, une seule chose était réellement inédite : **un hexagone de fer de 18 grammes**, prélevé sur la tour Eiffel, serti au centre du disque. Tout le reste, la déesse Niké, le stade panathénaïque, l'Acropole, le diamètre, le poids, relève d'un cahier des charges que le Comité international olympique impose à chaque ville hôte depuis des décennies. C'est ce contraste qui rendait l'annonce intéressante : la marge de manœuvre d'un pays organisateur sur sa médaille tient dans quelques centimètres carrés, et Paris avait choisi de les remplir avec du fer rouillé. ## Dix-huit grammes de fer et trois ans de discussions L'idée venait de Chaumet, joaillier de la place Vendôme passé dans le groupe LVMH, partenaire des Jeux. Clémentine Massonnat, responsable du design de la maison, la résumait ainsi devant la presse : « Qu'elles soient d'or, d'argent ou de bronze ne suffisait pas. Il fallait qu'elles soient de Paris. » Le comité d'organisation racontait alors trois années de réflexion avant d'arrêter ce principe : traiter un morceau de charpente métallique comme on traite une pierre précieuse, en le sertissant. Les fragments ne venaient pas d'un démontage récent. Ils provenaient des campagnes de rénovation successives du monument, au cours desquelles des poutrelles avaient été remplacées puis stockées, sans usage prévu, dans des hangars de la banlieue parisienne. Personne n'avait touché à la structure pour fabriquer des médailles : on a puisé dans un stock de pièces déposées qui dormait là depuis des années. **Ce que représentaient ces médailles en chiffres** 5 084 récompenses olympiques et paralympiques, chacune contenant 18 grammes de fer de la tour Eiffel. La face sertie était commune aux deux compétitions, une première revendiquée par le comité d'organisation. Les rubans, eux, distinguaient les deux événements : bleu pour les Jeux olympiques, rouge profond pour les Jeux paralympiques. ![Les deux faces d'une médaille de Paris 2024, avec l'hexagone de fer serti au centre](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/jo-paris-2024-decouvrez-le-design-des-medailles-avec-de-vrais-morceaux-de-la-tour-eiffel-integres.webp) ## Une face libre, une face imposée Côté face, l'hexagone de fer, clin d'œil au contour du territoire métropolitain, portait le logo de Paris 2024. Des rayons partaient de ce centre, façonnés à même le métal de la médaille, pour donner l'impression d'un éclat. Le comité d'organisation avait aussi obtenu du CIO l'autorisation d'y glisser l'emblème dessiné par Gustave Eiffel pour l'Exposition universelle de 1889. **Côté pile, aucune liberté.** Le règlement olympique impose depuis longtemps la représentation d'Athéna Niké, du stade panathénaïque d'Athènes et de l'Acropole. La discipline récompensée était gravée sur la tranche. Pour les médailles paralympiques, en revanche, le Comité international paralympique n'impose pas de figures : Chaumet avait donc dessiné une vue en contre-plongée depuis le dessous de la tour Eiffel, avec la mention Paris 2024 en braille universel. **Le braille, détail qui a bien vieilli** La mention en braille sur la médaille paralympique fait partie des choix rarement discutés à l'époque et pourtant les plus concrets. Une médaille qui se lit au doigt par son propre récipiendaire, c'est plus utile qu'un symbole de plus sur une face déjà chargée. ## Un objet de communication autant qu'une récompense Martin Fourcade, ancien biathlète devenu président de la commission des athlètes du comité d'organisation, avait servi la formule attendue devant les journalistes : « Ramener cette médaille olympique, c'est ramener un bout de la France, un bout de notre patrimoine. » La phrase est jolie, elle tient debout, et il faut quand même la lire pour ce qu'elle est : un argument de récit, préparé pour une conférence de presse. Dix-huit grammes de fer de charpente ne valent rien au poids du métal. C'est de la ferraille du XIXe siècle, oxydée, sans propriété particulière. Toute la valeur est dans **la provenance** et dans le fait qu'elle soit documentée. Ce genre d'opération marche à une condition : que personne ne puisse en fabriquer d'autres. Un stock fermé, un nombre fixé à l'avance, et l'objet devient irremplaçable. Sur ce point, le comité d'organisation avait fait le travail. **La frappe restait française** La conception revenait à Chaumet, la fabrication à la Monnaie de Paris, qui frappe les médailles olympiques françaises et travaille le sertissage du fer. Deux savoir-faire différents pour un même objet : dessiner un bijou, et produire cinq mille exemplaires rigoureusement identiques. ## Des réactions loin d'être unanimes La présentation a été suivie de sa dose habituelle de commentaires sur les réseaux sociaux. Certains ont trouvé le geste juste, d'autres ont jugé le résultat trop chargé, avec ces rayons qui mangent la surface autour de l'hexagone. Le reproche revenu le plus souvent portait sur l'idée elle-même : découper un monument, même dans ses chutes, pour en faire des trophées, ce qui a été qualifié tantôt d'hommage, tantôt de dépeçage. Le débat n'a pas duré longtemps et n'a pas empêché grand-chose. Il y avait aussi une question que peu de commentateurs ont posée en février 2024 : que devient un tel objet une fois la fête finie ? Une médaille olympique circule peu. Elle finit dans une vitrine de club, dans un musée municipal, parfois en vente aux enchères quinze ans plus tard quand un ancien champion a besoin d'argent. Le fer de la tour Eiffel change un peu la donne, puisqu'il rend chaque exemplaire identifiable et difficile à copier. Les fédérations, elles, y voyaient surtout un support de collecte : une médaille reconnaissable en photo se prête mieux aux campagnes de licences dans les clubs, y compris les petits clubs de l'Ouest qui vivent de leurs adhésions de septembre. À six mois de l'ouverture des Jeux, prévue le 26 juillet 2024, cette annonce s'inscrivait dans une séquence de dévoilements que le comité déroulait depuis 2019 : l'emblème, les mascottes, la torche, l'identité visuelle, puis les médailles. Chaque étape servait à occuper le terrain médiatique entre deux échéances. Celle-là a mieux fonctionné que les autres, parce qu'elle donnait quelque chose de tangible à raconter, et parce qu'un morceau de tour Eiffel se photographie bien. **Ce qu'il faut en retenir** Une médaille olympique est un objet très contraint : le CIO fixe le revers, le poids et le diamètre. Les organisateurs jouent sur ce qui reste. Paris 2024 avait choisi d'y mettre du fer de la tour Eiffel, prélevé sur des pièces déposées lors de rénovations anciennes, et non sur la structure en place. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !