--- title: "La controverse des pièces de 2 euros offertes aux écoliers pour les JO : une opération évaluée à près de 16 millions d'euros" url: https://www.nouvelouest.com/la-controverse-des-pieces-de-2-euros-offertes-aux-ecoliers-pour-les-jo-une-operation-evaluee-a-pres-de-16-millions-deuros.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-02-22T15:08:22+01:00 date_modified: 2026-09-09T22:34:37+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/la-controverse-des-pieces-de-2-euros-offertes-aux-ecoliers-pour-les-jo-une-operation-evaluee-a-pres-de-16-millions-deuros.jpg description: "Le chiffre qui a mis le feu aux poudres en février 2024 est un chiffre rond : près de 16 millions d'euros pour offrir à des écoliers un kit pédagogique sur les Jeux..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # La controverse des pièces de 2 euros offertes aux écoliers pour les JO : une opération évaluée à près de 16 millions d'euros Le chiffre qui a mis le feu aux poudres en février 2024 est un chiffre rond : près de 16 millions d'euros pour offrir à des écoliers un kit pédagogique sur les Jeux olympiques, pièce commémorative de 2 euros comprise. Ce montant a circulé pendant une semaine **sans jamais être ventilé**. Or, selon ce qu'on met derrière, il ne raconte pas du tout la même histoire, et c'est précisément ce flou qui a nourri la polémique. **Une dépense, deux façons de la compter** Une pièce de 2 euros n'est pas un bien consommé : c'est de la monnaie ayant cours légal, qui reste en circulation après avoir été distribuée. Son coût de frappe est très inférieur à sa valeur faciale. Additionner 2 euros par élève revient donc à compter une valeur, pas une sortie de trésorerie. Additionner les coûts industriels et logistiques donne un autre total, plus bas, que personne n'a publié. ## Ce que le ministère a annoncé, et ce qu'il n'a pas détaillé L'opération, présentée par le ministère de l'Éducation nationale, consistait à envoyer dans les écoles un kit autour des Jeux de Paris 2024 : supports pédagogiques et pièce commémorative frappée par la Monnaie de Paris. Le principe se défend, l'année olympique étant un support de cours commode pour parler d'histoire, de géographie ou d'éducation civique. Ce qui n'a pas été communiqué, c'est **la ventilation**. Combien pour la frappe, combien pour l'impression des livrets, combien pour l'acheminement vers plusieurs dizaines de milliers d'écoles ? Sans cette ligne à ligne, le débat s'est réduit à un affrontement entre un chiffre unique et une intention. **Le calendrier n'a pas aidé** L'annonce tombait quelques jours après la présentation, mi-février 2024, d'un plan d'économies de 10 milliards d'euros sur le budget de l'État, dont une partie touchait l'éducation. Dans les salles des maîtres, l'arrivée d'une pièce commémorative au moment où l'on parlait de rabot budgétaire a été reçue comme une provocation, indépendamment de la somme réelle en jeu. ## Les syndicats parlent d'opération de communication Les organisations syndicales de l'enseignement ont dénoncé une dépense de vitrine. Leur argument portait moins sur le montant que sur l'ordre des priorités : remplacements non assurés, effectifs par classe, matériel informatique vieillissant. Des enseignants ont aussi fait remarquer qu'un objet de 2 euros distribué à des enfants pose des questions très concrètes de classe, entre l'élève qui la perd le jour même et celui qui la fait circuler dans la cour. Le ministère, de son côté, mettait en avant la dimension mémorielle : une pièce que l'on garde, un objet daté qui reste dans un tiroir vingt ans après. L'argument n'est pas absurde. Il ne répond simplement pas à la question posée, qui était celle du moment choisi. **Ce qu'il faut retenir de l'épisode** La polémique de février 2024 n'a pas tranché sur le fond, faute de chiffres détaillés. Elle a en revanche montré qu'un montant global sans ventilation devient, en quelques heures, un argument politique retourné contre celui qui l'annonce. Sur ce point, la communication du ministère a manqué sa cible. Reste une question que la controverse a laissée de côté : que sont devenus ces kits une fois arrivés dans les écoles, y compris dans les classes de Loire-Atlantique ? **Aucun bilan pédagogique de l'opération n'a été rendu public.** Sur une dépense présentée comme un investissement éducatif, c'est peut-être le vrai reproche à formuler. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !