--- title: "La SEMCEP chargée de revitaliser les ports de Pornichet" url: https://www.nouvelouest.com/la-semcep-chargee-de-revitaliser-les-ports-de-pornichet.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-12-01T07:44:57+01:00 date_modified: 2026-09-10T08:01:26+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Ce qui se joue à Pornichet fin 2024 n'est pas un chantier, c'est une signature. La Ville a confié l'exploitation de ses deux ports à la SEMCEP, une société..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # La SEMCEP chargée de revitaliser les ports de Pornichet Ce qui se joue à Pornichet fin 2024 n'est pas un chantier, c'est une signature. La Ville a confié l'exploitation de ses deux ports à la **SEMCEP**, une société d'économie mixte créée pour ça, avec une prise d'effet au 1er janvier 2027 et une durée de quarante ans. Quarante ans, c'est plus long qu'un mandat municipal, plus long qu'un emprunt immobilier, plus long que la carrière de la plupart des gens qui ont voté la délibération. Le montage mérite donc qu'on s'y arrête avant de regarder les pelleteuses. **Les trois chiffres du dossier** Quarante ans de délégation, à compter du 1er janvier 2027. Environ 40 millions d'euros d'investissement annoncés sur les deux ports. Deux équipements concernés : le port en eau profonde et le port d'échouage. Les études environnementales, elles, ont démarré avant même le début du contrat. ## Une SEM tient à la fois de la mairie et de l'entreprise Une société d'économie mixte est une société commerciale ordinaire, avec un capital, un conseil d'administration et des comptes, sauf que les collectivités y détiennent la majorité des parts. La Ville se retrouve donc des deux côtés de la table : actionnaire de la SEMCEP d'un côté, autorité délégante de l'autre. C'est cette double casquette qui fait l'intérêt du montage et sa fragilité. L'intérêt : la commune garde la main sur les décisions lourdes (le plan d'aménagement, la grille tarifaire, l'affectation des anneaux) tout en logeant l'exploitation dans une structure qui emprunte, embauche et facture comme une entreprise. La fragilité : quand l'actionnaire principal et le client sont la même personne, le contrôle demande une vigilance que peu de conseils municipaux exercent vraiment. La question à poser dans dix ans ne sera pas « le port a-t-il été rénové », elle sera « qui a lu le rapport annuel du délégataire ». ## Pourquoi quarante ans et pas douze La durée se cale sur l'amortissement des ouvrages. On ne finance pas un terre-plein, une cale de mise à l'eau et des pontons sur une convention de dix ans : les recettes de redevance ne suffiraient pas à rembourser dans ce délai, et personne ne prêterait. Quarante ans, dans le monde portuaire, correspond à peu près à la durée de vie utile d'un ouvrage maritime en béton. Le revers est connu : plus la durée est longue, plus le délégataire est protégé de la concurrence, et moins la collectivité a de levier en cours de route. Les avenants deviennent alors le vrai contrat. Sur ce point, le calendrier de Pornichet a au moins un mérite, la ville n'a pas attendu la dernière année des concessions en cours pour se décider. **Le calendrier réel** Les concessions actuelles courent jusqu'au 31 décembre 2026. La SEMCEP prend la suite le lendemain. Les années 2025 et 2026 sont consacrées aux études et aux autorisations administratives des travaux maritimes, pas aux travaux eux-mêmes. Autrement dit, un plaisancier ne verra rien changer sur son ponton avant plusieurs saisons. ## Ce que la Ville délègue, ce qu'elle garde La délégation de service public porte sur l'exploitation : l'accueil des bateaux, la gestion des places, l'entretien courant, la sécurité des installations, la perception des redevances. La propriété du domaine, elle, ne bouge pas. Le port reste public, la SEMCEP l'exploite pour le compte de la collectivité et lui rend des comptes une fois par an. Pour les usagers, tout tient dans une ligne du contrat : la formule de **révision des tarifs**. Un investissement de 40 millions d'euros se retrouve toujours, à un moment, dans le prix de l'anneau. Les redevances vont augmenter, la seule inconnue porte sur la proportion et sur l'index retenu. C'est le genre de détail qui ne fait jamais la une et qui décide de tout. ## Le chantier a commencé avant le contrat Les premières interventions n'ont pas attendu 2027. Du côté du port d'échouage, le talus dunaire a été repris à l'engin, bulldozers et chenillettes sur la plage dès les premiers jours de chantier, ce qui a surpris quelques promeneurs venus voir de près [le chantier de reprise de la dune du port d'échouage](https://www.nouvelouest.com/a-pornichet-demolition-et-reconstruction-de-la-dune-bulldozers-et-chenillettes-a-loeuvre-des-lundi.html). Une dune reconstruite est un ouvrage de protection contre la houle et la submersion, dont le profil se recalcule après chaque hiver. Les études environnementales lancées en amont vont dans le même sens. Sur un port en eau profonde, elles conditionnent tout : dragages, rejet des sédiments, qualité de l'eau du bassin, effet des futurs terre-pleins sur les courants. Ce sont elles qui donnent le tempo administratif, pas la volonté politique. **Le point qui fera débat** Élargir un terre-plein sur le domaine maritime demande une autorisation environnementale, avec enquête publique. C'est l'étape où un projet de ce type se décale de douze à vingt-quatre mois. Personne à Pornichet n'a promis de date d'ouverture, et c'est plutôt bon signe. ## Ce qui change pour ceux qui habitent là Le **port en eau profonde** a une cinquantaine d'années. Il a été pensé pour une plaisance de bateaux plus petits, moins nombreux, et sans les contraintes actuelles sur les carénages ou la gestion des eaux de lavage. Les besoins ont changé : remorques à stationner, semi-rigides à mettre à l'eau au coup par coup, associations sportives qui cherchent de la place à terre. Pour un habitant du quartier, l'agrandissement du terre-plein signifie surtout du trafic supplémentaire sur les accès, des places de stationnement redistribuées et, si le programme est tenu, quelques commerces de plus au bord du bassin. Ce n'est pas neutre, et ça mérite d'être discuté maintenant plutôt qu'au moment où les palplanches arrivent. D'autres chantiers de la commune donnent une idée du rythme réel des travaux publics à Pornichet : voir par exemple [le déroulé de la fin des travaux des Océanes](https://www.nouvelouest.com/pornichet-les-oceanes-la-fin-des-travaux-decouvrez-les-derniere-avancees-et-les-surprises-a-venir.html). Entre le calendrier annoncé et le calendrier vécu, il y a toujours un écart, et il se mesure en saisons. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !