--- title: "Le dernier tronçon du front de mer rouvre ses portes !" url: https://www.nouvelouest.com/le-dernier-troncon-du-front-de-mer-rouvre-ses-portes.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-03-26T07:33:19+01:00 date_modified: 2026-09-10T09:01:31+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Disons-le tout de suite : fin mars 2025, le dernier tronçon du front de mer de Pornichet n'avait pas rouvert. Ce qui a été rendu à la circulation le 21 mars, c'est..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le dernier tronçon du front de mer rouvre ses portes ! Disons-le tout de suite : fin mars 2025, le dernier tronçon du front de mer de Pornichet n'avait pas rouvert. Ce qui a été rendu à la circulation le **21 mars**, c'est **l'avant-dernier**, entre l'avenue des Evens et l'avenue Gabrielle. Il restait une tranche, de l'avenue des Evens au rond-point de l'Europe. La nuance paraît mesquine, elle ne l'est pas : elle décide de savoir s'il y aura encore des barrières sur le remblai à l'été suivant. **La confusion à lever** Réouverture du 21 mars 2025 : tronçon Evens / Gabrielle, l'avant-dernier. Tranche restante : Evens jusqu'au rond-point de l'Europe. Les deux étapes ont été présentées ensemble par la ville, ce qui explique que beaucoup les aient lues comme une seule. ## Pourquoi tout le monde s'est trompé de tronçon Un chantier de front de mer découpé en séquences se prête mal au récit. Chaque réouverture partielle ressemble à la précédente : mêmes barrières qu'on enlève, même marquage provisoire, même soulagement des commerçants. Au bout de la quatrième, plus personne ne compte. Quand la municipalité a présenté ses deux dernières étapes dans un même document, la lecture rapide a fusionné les deux. Il y a une autre raison, plus terre à terre. Le 21 mars, la fête foraine occupait encore une partie de l'espace, et son démontage a coïncidé avec la levée des restrictions. Vu du trottoir, le boulevard des Océanides est passé d'un coup d'un état encombré à un état dégagé. Ça ressemblait beaucoup à une fin de chantier. Ça n'en était pas une. ## Ce qui restait à faire La dernière séquence porte sur la portion ouest, vers le rond-point de l'Europe. Le programme y est le même que sur le reste du linéaire : réduction de la largeur roulée, continuité de la piste cyclable bidirectionnelle, reprise des cheminements piétons, plantations. Rien de compliqué techniquement, mais un chantier de voirie sur un axe fréquenté demande des semaines, et il faut le caler hors saison touristique. **Le calendrier réel** Sur ce type d'opération, les tranches s'enchaînent d'automne à printemps et s'interrompent l'été. Une tranche non engagée en mars ne démarre pas en juin : elle attend septembre. Traduction pour la saison 2025, il fallait tabler sur un **front de mer encore incomplet en août**. Cette contrainte saisonnière est ce qui a le plus allongé le chantier, et c'est aussi ce qui a permis à la station de tourner à peu près normalement pendant trois étés. Les commerçants du remblai auraient sans doute préféré six mois de travaux d'un bloc, quitte à sacrifier une saison. La ville a choisi l'inverse. Les deux positions se défendent, mais le choix retenu a une conséquence qu'on n'a pas assez dite : il étire la gêne sur beaucoup plus de monde et beaucoup plus longtemps. ## Ce que le remblai a réellement gagné Pris étape par étape, le résultat est visible. Le trottoir côté plage est plus large qu'avant, les traversées sont reprises, la piste cyclable court désormais sur la plus grande partie du linéaire, et le stationnement a été redessiné au lieu d'être subi. Pour quelqu'un qui pousse une poussette du port jusqu'à Sainte-Marguerite, la différence est nette. Il y a un point sur lequel je suis plus réservé : la place laissée à la voiture reste importante malgré la réduction annoncée. On a un boulevard urbain apaisé, pas une promenade. En août, avec le trafic de transit vers La Baule, le remblai redeviendra bruyant. Personne n'a promis le contraire, mais les images de projet, elles, montraient plutôt des cyclistes en famille qu'un flux continu de véhicules. **Le meilleur moment pour aller voir** Un dimanche matin de printemps, entre 8 h et 10 h. Le trafic est nul, la lumière rase sur la baie, et on juge l'aménagement pour ce qu'il est plutôt que pour ce qu'il devient un samedi de juillet. ## Trois ans de vie avec un chantier Il faut se souvenir de ce que ces saisons ont donné pour les riverains et les commerces du remblai. Des accès modifiés tous les deux ou trois mois, des places de stationnement qui disparaissent puis réapparaissent trente mètres plus loin, des livraisons à négocier avec le conducteur de travaux, du bruit d'engin dès sept heures. Une brasserie qui perd sa terrasse avant en avril ne rattrape pas ce chiffre d'affaires en octobre. La ville a maintenu des cheminements piétons pendant toute la durée du chantier, ce qui n'allait pas de soi sur un linéaire aussi étroit. C'est probablement la décision la plus utile de l'opération, et celle dont on parlera le moins une fois les barrières rangées. **Un chantier découpé en tranches** Le principe retenu à Pornichet : traiter un segment à la fois, basculer la circulation d'un côté du boulevard à l'autre, puis passer au suivant. La station reste accessible toute l'année, mais l'opération s'étale sur plusieurs hivers au lieu d'une seule fermeture longue. Une remarque pour ceux qui arrivent après coup : le mobilier et les plantations posés en dernier ne sont pas des finitions décoratives. Ce sont eux qui feront tenir l'aménagement dans le temps, en empêchant le stationnement sauvage sur les zones nouvellement piétonnes. Un front de mer refait sans potelets ni massifs redevient un parking en deux étés. ## Le front de mer n'est pas le seul chantier de la commune Le printemps 2025 a été chargé à Pornichet, et le remblai a un peu écrasé le reste de l'actualité. La ville préparait déjà les festivités marquant [la fin du chantier du front de mer](https://www.nouvelouest.com/pornichet-se-prepare-a-celebrer-la-fin-des-travaux-sur-son-front-de-mer.html), alors même que la dernière tranche restait à engager. Au port, une page se tournait avec [le départ des P'tits Matelots](https://www.nouvelouest.com/pornichet-les-ptits-matelots-font-leurs-adieux-au-port-et-mettent-le-cap-sur-de-nouvelles-aventures-en-mer.html), qui quittaient leur emplacement pour d'autres projets en mer. Côté animations, le projet de [flânerie artistique sur le bord de mer](https://www.nouvelouest.com/pourquoi-la-flanerie-artistique-a-pornichet-pourrait-elle-transformer-votre-vision-de-lart-en-bord-de-mer.html) s'appuyait directement sur les cheminements élargis par les travaux : un aménagement piéton conditionne ce qu'on peut y installer ensuite. Et cette accumulation de chantiers et d'événements alimente l'image d'une [station voisine de La Baule qui compte de plus en plus](https://www.nouvelouest.com/pornichet-la-perle-cotiere-a-proximite-de-la-baule-qui-attire-tous-les-regards.html), ce qui n'est pas neutre sur les prix de l'immobilier du centre-ville. Reste la question de fond, celle que la fin du chantier ne réglera pas. Un remblai refait attire davantage de monde. Davantage de monde, ça veut dire plus de voitures cherchant à se garer sur un linéaire où l'on vient justement de supprimer de la place. La réponse tient dans les parkings de report et les navettes d'été, deux sujets nettement moins photogéniques qu'un ruban coupé. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !