--- title: "Le récupérateur d'eau de pluie efficace face à la sécheresse" url: https://www.nouvelouest.com/le-recuperateur-deau-de-pluie-efficace-face-a-la-secheresse.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2023-09-06T17:23:50+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:42+02:00 categories: ["Jardin"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/06/le-recuperateur-deau-de-pluie-une-solution-face-a-la-secheresse-en-france.webp description: "La question qu'on nous a le plus posée pendant l'été 2023, quand les arrêtés de restriction se sont enchaînés dans une large moitié du pays, n'était pas de savoir..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le récupérateur d'eau de pluie efficace face à la sécheresse La question qu'on nous a le plus posée pendant l'été 2023, quand les arrêtés de restriction se sont enchaînés dans une large moitié du pays, n'était pas de savoir si le récupérateur d'eau de pluie était utile. Elle était : combien ça coûte, et qui paie ? La réponse tient en deux temps. Une cuve de 300 litres posée soi-même s'amortit en trois ou quatre ans. Une citerne enterrée raccordée à la maison ne s'amortit pas du tout, en tout cas pas sur la facture d'eau. Et les aides que l'on cite un peu partout n'existent plus pour la plupart. ## Ce que coûte l'eau du robinet, ce que coûte la cuve Le prix moyen de l'eau en France tourne autour de **4,30 euros le mètre cube**, assainissement compris. C'est le chiffre à garder en tête, parce que tout le calcul en dépend, et parce qu'il varie du simple au double selon les communes. Une cuve de 300 litres coûte entre 40 et 90 euros en jardinerie, socle et collecteur de gouttière compris. Si elle se remplit et se vide quinze fois entre avril et septembre, elle fournit 4,5 m³, soit environ 19 euros d'eau non facturée par an. L'investissement est couvert en trois ou quatre saisons, et tout ce qui suit est du gain. Le raisonnement tient parce que le matériel est simple et qu'on le pose en une heure. Une citerne enterrée de 5 000 litres change d'échelle : entre 2 500 et 6 000 euros installée, terrassement, pompe, filtration et raccordement compris. Même en récupérant 30 m³ par an, ce qui est déjà beaucoup pour un usage extérieur, l'économie plafonne à 130 euros annuels. Sur ce point, le calcul ne tient pas : **personne ne rembourse une citerne enterrée avec sa facture d'eau**. On l'installe pour tenir un potager pendant une interdiction d'arrosage, ou pour alimenter des toilettes et une machine à laver, pas pour faire des économies. ![Cuve de récupération d'eau de pluie raccordée à une descente de gouttière dans un jardin](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/06/le-recuperateur-deau-de-pluie-une-solution-face-a-la-secheresse-en-france-1.webp) **Les chiffres de l'amortissement** À 4,30 euros le mètre cube, une cuve de 300 litres remplie quinze fois par saison économise environ 19 euros par an, pour un achat de 40 à 90 euros : elle est rentable en trois ou quatre ans. Une citerne enterrée de 5 000 litres coûte de 2 500 à 6 000 euros installée et fait gagner au mieux 130 euros par an. L'écart entre les deux ne se rattrape pas. ## Les aides : ce qui a disparu et ce qui reste On lit encore régulièrement, y compris dans des articles récents, que le crédit d'impôt pour la transition énergétique finance les récupérateurs d'eau de pluie. **C'est faux à double titre**. Le crédit d'impôt spécifique aux équipements de récupération d'eau de pluie, qui couvrait 25 % de la dépense, a été supprimé au milieu des années 2010. Quant au CITE lui-même, il s'est éteint fin 2020 et a été remplacé par MaPrimeRénov', qui porte sur l'isolation et le chauffage et ne finance pas la récupération d'eau. L'ADEME, souvent citée elle aussi, ne verse pas d'aide directe aux particuliers pour ce type d'équipement. Elle produit de la documentation et finance des programmes portés par des collectivités, ce qui n'est pas la même chose que signer un chèque à un propriétaire. Restent deux dispositifs concrets. Le premier est fiscal : quand la pose est réalisée par une entreprise dans un logement achevé depuis plus de deux ans, la TVA passe à **10 %** sur le matériel et la main-d'œuvre. Sur une citerne enterrée à 4 000 euros, l'écart avec le taux plein représente à peu près 400 euros. Le second est local : des communes, des intercommunalités et certaines agences de l'eau versent une subvention forfaitaire, en général entre 30 et 150 euros pour une cuve aérienne, parfois un pourcentage plafonné pour une installation enterrée. Ces aides ne sont pas nationales, elles s'arrêtent souvent quand l'enveloppe annuelle est épuisée, et elles exigent presque toujours une demande déposée avant l'achat. **Les aides qu'on vous cite et qui n'existent pas** Le crédit d'impôt de 25 % sur les récupérateurs a disparu au milieu des années 2010. Le CITE s'est éteint fin 2020 et MaPrimeRénov' ne couvre pas la récupération d'eau. L'ADEME ne verse rien aux particuliers pour cet équipement. Ce qui reste : la TVA à 10 % si un professionnel pose l'installation dans un logement de plus de deux ans, et les subventions locales, à demander avant d'acheter. ## Où chercher la subvention locale Le bon interlocuteur n'est pas toujours la mairie. Selon les territoires, la compétence est portée par la communauté d'agglomération, par le syndicat des eaux ou par l'agence de l'eau du bassin, Loire-Bretagne pour toute notre zone. Un appel au service environnement de l'agglomération règle la question en dix minutes et évite d'acheter avant d'avoir déposé le dossier, ce qui est le motif de refus le plus courant. Certaines communes vont plus loin que la subvention. En 2023, la ville d'Olivet, dans le Loiret, s'est retrouvée obligée de renoncer à l'arrosage de ses massifs à cause des restrictions et a distribué ses fleurs aux habitants plutôt que de les laisser mourir. L'anecdote dit assez bien où en étaient les services espaces verts cet été-là. ### Le dossier type, et ce qui le fait refuser Les collectivités qui subventionnent demandent en général la même chose : un devis ou une facture nominative, un justificatif de domicile, un relevé d'identité bancaire et parfois une photo de l'installation posée. Le plafond de contenance est fréquent, autour de 500 ou 1 000 litres pour une cuve aérienne. Deux motifs de refus reviennent : la facture antérieure au dépôt du dossier, et la résidence secondaire, exclue par la plupart des règlements. Vérifiez ce deuxième point avant tout le reste, il concerne beaucoup de propriétaires sur le littoral. ## Ce que l'été 2023 a changé dans les rayons La demande a suivi la carte des arrêtés préfectoraux. Dès les premières limitations, les cuves de 300 et 500 litres sont parties des grandes surfaces de bricolage, et les délais de réapprovisionnement se sont allongés à plusieurs semaines chez certains fabricants. Le phénomène s'était déjà produit à l'été 2022. C'est un argument pratique en faveur d'un achat hors saison : en octobre, le choix est plus large et les promotions de déstockage tombent. **Le bon moment pour acheter** Les cuves se vendent au printemps et manquent en juillet. Acheter en octobre coûte moins cher et laisse le temps de déposer une demande de subvention, qui doit précéder la facture. Comptez deux à trois mois entre le dépôt du dossier et l'accord. Une remarque sur les cuves d'occasion, très recherchées depuis 2022 : les conteneurs industriels de 1 000 litres se revendent entre 80 et 150 euros et font parfaitement l'affaire pour l'arrosage, à condition de savoir ce qu'ils ont transporté. Un bidon ayant contenu un produit alimentaire ne pose pas de problème, un ancien contenant de solvant est à écarter, même rincé. Le marquage figure sur l'étiquette d'origine collée sur la cage métallique. ## Ce que la cuve apporte quand le robinet est fermé Quand un arrêté interdit l'arrosage des potagers entre 8 h et 20 h, ou l'interdit tout court, la cuve devient la seule ressource disponible. Un mètre cube stocké représente une semaine d'arrosage pour un potager familial, au moment précis où le robinet est fermé. C'est là que se situe l'intérêt, davantage que dans les 19 euros économisés sur l'année. L'eau de pluie apporte aussi un avantage agronomique concret : sans calcaire ni chlore, elle convient aux hortensias, aux camélias et aux rhododendrons, qui supportent mal l'eau du réseau dans les secteurs où elle est dure. Pour les détails de pose, de contenance et d'entretien, on a réuni ailleurs [nos conseils pour choisir et installer un récupérateur d'eau de pluie](https://www.nouvelouest.com/recuperateur-eau-pluie-conseils/). Une réserve pour finir, sur un point que les vendeurs mentionnent rarement : l'eau de pluie n'est pas potable, elle ne doit pas servir à rincer des légumes crus, et tout usage à l'intérieur du logement relève de l'arrêté du 21 août 2008, qui impose un réseau entièrement séparé et repéré, plus une déclaration en mairie si la maison est raccordée à l'assainissement collectif. Un raccordement improvisé sur le réseau d'eau potable expose à un risque sanitaire pour tout le quartier, pas seulement pour soi. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !