--- title: "Le street art à l'honneur : l'exposition d'Invader à Paris" url: https://www.nouvelouest.com/le-street-art-a-lhonneur-lexposition-dinvader-a-paris.html author: "Julien" date_published: 2024-02-17T20:29:45+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:52:50+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/-94.webp description: "Faire payer une entrée pour voir des œuvres conçues pour être vues gratuitement dans la rue: la contradiction saute aux yeux, et Invader la connaît mieux que..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Le street art à l'honneur : l'exposition d'Invader à Paris Faire payer une entrée pour voir des œuvres conçues pour être vues gratuitement dans la rue: la contradiction saute aux yeux, et Invader la connaît mieux que personne. Son exposition « Invader Space Station », ouverte du 17 février au 5 mai 2024 dans les anciens locaux de « Libération », au 11 rue Béranger dans le 3e arrondissement de Paris, est moins une rétrospective qu'un aveu. Un quart de siècle après avoir commencé à coller des aliens en carrelage sur les façades parisiennes, l'artiste installe son travail à l'intérieur, dans un bâtiment fermé, avec une billetterie. ## Un bâtiment qui fait partie du geste Le choix du lieu n'est pas neutre. La rue Béranger a abrité pendant des années la rédaction de « Libération », un journal qui a couvert le street art quand celui-ci relevait encore du fait divers. Occuper ces bureaux vidés, avec leurs plateaux, leurs couloirs et leur odeur de moquette d'imprimerie, revient à installer une pratique de rue dans une carcasse de presse écrite. Deux métiers en fin de cycle qui se croisent au même étage. **Les chiffres du personnage** Près de 4 000 mosaïques posées dans des dizaines de pays depuis le milieu des années 1990. Une application lancée en 2014 pour les localiser, revendiquant plus de 350 000 utilisateurs. Un artiste dont on ne connaît toujours pas le visage. La scénographie mise sur la technologie et sur l'immersion. C'est cohérent avec un travail né du pixel: Invader, né à Paris en 1969 et passé par les Beaux-Arts, a construit son alphabet à partir des jeux d'arcade des années 1970 et 1980, où chaque personnage tenait dans une grille de quelques dizaines de carreaux. Le carrelage de salle de bains était le matériau le plus proche de cette grille. Le reste a suivi. ## Ce que l'exposition raconte du marché Un point mérite d'être dit franchement: les aliens de la rue ne sont plus vraiment à la rue. Ils se décollent, se revendent, se retrouvent en salle des ventes. L'artiste a répondu en changeant de colles, de plus en plus tenaces, pour que ses pièces restent où il les a mises. C'est une course perdue d'avance, et une exposition en intérieur est aussi une manière de reprendre la main sur ce qui se voit et sur ce qui se vend. **Le vandalisme vient des collectionneurs** Les mosaïques d'Invader ne disparaissent pas sous les tags. Elles disparaissent au burin, arrachées pour être revendues. Une œuvre gratuite pour tout le monde est devenue un objet coté, et c'est le succès qui l'a rendue fragile. Le dispositif FlashInvaders complète le tableau. Depuis 2014, l'application transforme la chasse aux mosaïques en jeu de points: on photographie, on valide, on signale les pièces abîmées. C'est probablement l'invention la plus habile de l'artiste, parce qu'elle confie la surveillance de ses œuvres à ceux qui les aiment plutôt qu'à une institution. **Avant d'y aller** L'exposition tenait onze semaines, du 17 février au 5 mai 2024, rue Béranger. Pour qui découvrait Invader par l'intérieur, le meilleur prolongement restait dehors: Paris compte plusieurs centaines de mosaïques en place, souvent au-dessus du niveau du regard. Un quotidien barcelonais, « La Vanguardia », a consacré un sujet à l'événement, signe que l'affaire dépassait le cercle parisien. L'artiste a essaimé de Barcelone à Tokyo, de Los Angeles à Hong Kong, et même hors sol puisqu'une de ses pièces a rejoint la Station spatiale internationale. Le titre de l'exposition n'était donc pas qu'une image. --- ## À propos de l'auteur **Julien** — Je suis Administrateur Système et Réseaux, mais au delà des nouvelles technologie j'aime jardiner et trouver des solutions écologiques.