--- title: "Les avantages de la stérilisation et de la castration pour votre animal de compagnie" url: https://www.nouvelouest.com/les-avantages-de-la-sterilisation-et-de-la-castration-pour-votre-animal-de-compagnie.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2023-09-05T08:51:03+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:37+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.comhttps://www.nouvelouest.com/?attachment_id=134475 description: "La question tombe presque toujours au même moment : au rappel de vaccins, quand le chaton a cinq mois et que la consultation dure déjà trois minutes de trop. On..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les avantages de la stérilisation et de la castration pour votre animal de compagnie La question tombe presque toujours au même moment : au rappel de vaccins, quand le chaton a cinq mois et que la consultation dure déjà trois minutes de trop. On répond qu’on va y réfléchir. Puis le printemps arrive, la chatte sort, et la réflexion se termine avec quatre chatons dans un carton et un message sur le groupe Facebook du quartier. Deux choses décident vraiment de cette opération : le calendrier et la facture. Le reste se discute au comptoir. ## Ce que le chirurgien retire, exactement **Chez la femelle, l’ovariectomie retire les deux ovaires ; l’ovario-hystérectomie retire en plus l’utérus. Chez le mâle, la castration retire les deux testicules.** Les trois gestes se font sous anesthésie générale, avec intubation et perfusion dans la plupart des cliniques aujourd’hui. La différence entre ovariectomie et ovario-hystérectomie fait débat entre praticiens. En France, beaucoup de vétérinaires retirent seulement les ovaires chez la jeune chienne ou la jeune chatte en bonne santé : le geste est plus rapide, l’incision plus petite, et sans hormone ovarienne l’utérus ne s’infecte plus. On garde l’ablation de l’utérus pour les cas où il est déjà malade. Si votre vétérinaire vous propose l’une ou l’autre, demandez-lui pourquoi, la réponse est en général argumentée. Il existe aussi une castration chimique pour le mâle, par implant sous-cutané. Elle dure six ou douze mois selon le dosage et elle est réversible. C’est le bon outil quand on hésite : on teste l’effet sur le comportement avant de trancher pour de bon. Le coût annuel finit par dépasser celui de la chirurgie si on renouvelle pendant des années. **Les ordres de grandeur en clinique** Comptez en gros 60 à 120 euros pour la castration d’un chat mâle, 120 à 250 euros pour la stérilisation d’une chatte, et de 250 à 600 euros pour une chienne, selon son poids et la clinique. Les écarts entre deux cabinets d’une même commune atteignent facilement 40 %. Rien n’interdit de demander un devis par téléphone : depuis 2015, l’affichage des tarifs des actes courants est obligatoire dans les cliniques vétérinaires. ## Le bon moment se compte en mois, pas en années Chez la chatte, la puberté arrive tôt, parfois dès quatre mois pour les chattes nées au printemps, et le cycle repart tant qu’il y a de la lumière. Une chatte non stérilisée qui sort peut faire deux à trois portées par an. C’est comme ça qu’une colonie de dix chats sur un parking de port devient une colonie de soixante en trois saisons. Chez la chienne, les premières chaleurs tombent entre six et douze mois pour un petit gabarit, plus tard pour un grand. Le calendrier compte pour un point précis : la protection contre les tumeurs mammaires est d’autant plus forte que l’opération a lieu tôt, avant les premières chaleurs ou juste après. Après le troisième cycle, le bénéfice de ce côté-là est largement perdu. **Deux fenêtres à retenir** Chatte : autour de cinq à six mois, avant les premières chaleurs. Chienne de petit ou moyen format : avant les premières chaleurs, ou deux à trois mois après pour éviter d’opérer sur un utérus encore gorgé de sang. Chienne de grand format : la discussion vaut la peine d’être menée avec le vétérinaire, plusieurs études plaident pour attendre la fin de la croissance osseuse. Une remarque de terrain : l’opération elle-même se cale mal en juillet et en août sur la côte, quand les cliniques tournent en effectif réduit et que les urgences de vacanciers saturent les créneaux. Septembre et janvier sont plus faciles à obtenir. ![Un chat sort de sa cage de transport sur la table de consultation d’un vétérinaire](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/03/sterilisation-pour-animal-de-compagnie.webp) ## Ce que l’opération évite de payer Le calcul le plus parlant n’est pas celui de la portée. C’est celui du pyomètre. Une infection de l’utérus chez une chienne non stérilisée arrive en général quelques semaines après des chaleurs, souvent passé six ou sept ans, et se traite en urgence par la chirurgie. La facture, avec l’hospitalisation, la perfusion et les antibiotiques, se compte en plusieurs centaines d’euros, parfois plus de mille. Une chienne sur quatre y passe avant dix ans selon les séries publiées, et le risque monte avec l’âge. Ajoutez la portée non prévue : la nourriture de la mère, le vermifuge des petits, l’identification obligatoire de chaque chiot ou chaton avant cession, et le temps passé à leur trouver une famille qui les gardera. Le calcul du propriétaire qui « laisse faire une portée pour l’expérience » ne tient pas souvent une fois posé sur le papier. **Le piège de l’attente** Repousser l’opération ne fait pas économiser, ça déplace la dépense vers l’urgence, au tarif de nuit ou de week-end. Un pyomètre opéré un dimanche soir coûte plusieurs fois une stérilisation de convenance programmée un mardi matin. Et l’animal traverse alors la chirurgie affaibli, ce qui n’est pas le cas d’une jeune chienne en bonne santé. ## Les bénéfices médicaux, sans les gonfler Chez la femelle, deux effets sont solides : la disparition du risque de pyomètre et la baisse marquée des tumeurs mammaires si l’opération est précoce. Chez la chatte, les tumeurs mammaires sont plus rares mais presque toujours malignes, ce qui rend la prévention plus utile encore. Chez le mâle, la castration supprime le risque de tumeur testiculaire et fait régresser l’hypertrophie bénigne de la prostate, celle qui gêne un vieux chien pour uriner ou déféquer. En revanche, l’idée répandue qu’elle protège du cancer de la prostate ne tient pas : les travaux publiés vont plutôt dans l’autre sens, avec une fréquence un peu plus élevée d’adénocarcinomes prostatiques chez les chiens castrés. C’est un cancer rare, donc l’argument ne renverse pas la décision, mais il n’y a pas de raison de le présenter à l’envers. **Le bénéfice le mieux documenté** Chez le chat mâle qui sort, la castration réduit les bagarres, donc les abcès, donc la transmission du FIV et du FeLV, qui passent surtout par les morsures. C’est probablement l’effet le plus net sur l’espérance de vie d’un chat de quartier, davantage que tout ce qu’on raconte sur les cancers. ## Le comportement bouge, mais pas sur tout Le marquage urinaire du chat mâle s’arrête ou s’atténue dans une large majorité des cas, souvent en quelques semaines. Les fugues et les tournées nocturnes diminuent. Chez la chienne, les chaleurs et les grossesses nerveuses disparaissent. Sur l’agressivité, il faut être honnête : la castration agit sur ce qui dépend de la testostérone, c’est-à-dire les conflits entre mâles et la compétition sexuelle. Elle ne corrige pas un chien qui grogne par peur, ni un chien mal socialisé, ni un chat qui mord parce qu’on le caresse trop longtemps. Un vétérinaire comportementaliste sera plus utile qu’un bistouri sur ces cas-là, et le savoir avant l’opération évite une déception. ## La prise de poids, le seul effet secondaire vraiment fréquent Après l’intervention, les besoins énergétiques baissent, d’environ 20 à 30 % chez le chat. L’appétit, lui, ne baisse pas. Si la gamelle reste identique, l’animal grossit, et c’est visible dès les trois premiers mois. Un chat stérilisé qui prend un kilo, sur un poids de forme de quatre kilos, c’est l’équivalent d’un humain de 70 kilos qui en prend dix-sept. **Ce qu’il faut changer dans la gamelle** Réduisez la ration d’environ un quart dès le retour à la maison, ou passez à un aliment pour animal stérilisé, moins dense en calories. Pesez votre chat une fois par mois pendant six mois, sur un pèse-personne, vous d’abord puis vous avec lui. Une reprise en main à deux mois est facile ; à deux ans, on parle d’un régime long. ## Le jour J, en pratique Jeûne solide la veille au soir, eau laissée à disposition sauf consigne contraire. Dépose le matin, sortie en fin d’après-midi le plus souvent pour une stérilisation de convenance. Une collerette ou une combinaison pendant dix à douze jours, le temps que la plaie tienne, et un contrôle des points si le vétérinaire n’a pas utilisé de fil résorbable ou de colle. La chatte ne sort pas pendant cette période, même si elle proteste devant la porte. Et si l’animal n’est pas encore identifié par puce, faites-le pendant l’anesthésie : c’est obligatoire pour tout chat né après le 1er janvier 2012 et pour tout chien, la puce est enregistrée au fichier national I-CAD, et le geste est indolore quand l’animal dort déjà. Reste le cas des chats sans propriétaire. Les campagnes de capture, stérilisation puis relâche sur site, menées par des associations avec le soutien financier de la commune, restent le seul mécanisme qui fasse baisser durablement une colonie. Sur le littoral, les colonies de port et de camping gonflent chaque été avec les abandons, et une convention signée en mars produit des effets visibles dès la saison suivante. Si vous nourrissez des chats libres près de chez vous sans les faire stériliser, vous n’aidez pas la colonie, vous l’agrandissez. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !