--- title: "Les Barcelonais mis à l'écart par Le Bayern Munich" url: https://www.nouvelouest.com/les-barcelonais-mis-a-lecart-par-le-bayern-munich.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2023-09-05T08:58:03+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:33+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.comhttps://www.nouvelouest.com/?attachment_id=134361 description: "Le FC Barcelone était éliminé avant même que l’arbitre siffle le coup d’envoi. Le 26 octobre 2022, la victoire de l’Inter contre le Viktoria Plzen avait réglé la..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les Barcelonais mis à l'écart par Le Bayern Munich Le FC Barcelone était éliminé avant même que l’arbitre siffle le coup d’envoi. Le 26 octobre 2022, la victoire de l’Inter contre le Viktoria Plzen avait réglé la question du deuxième billet une heure plus tôt, et le match contre le Bayern Munich n’avait plus rien à décider. C’est ce qui rend cette soirée intéressante : elle n’a pas produit une élimination, elle a servi de constat d’huissier. Barcelone a perdu 3 à 0 chez lui, et n’a pas cadré une seule fois. ## Un scénario écrit ailleurs La mécanique du groupe C était impitoyable. Deux journées plus tôt, le Barça avait déjà laissé filer ses chances à Milan puis contre ce même Bayern, et il lui fallait un enchaînement de résultats improbables pour rester en vie. L’Inter a marqué à Plzen, l’équation s’est refermée, et le Camp Nou a appris la nouvelle avant le début de son propre match. Restait donc l’honneur, plus une donnée personnelle qui a occupé toute la presse catalane de la semaine : Robert Lewandowski affrontait pour la première fois à domicile le club qu’il avait quitté l’été précédent après huit saisons. **Le classement du groupe C après cette 5e journée** Bayern Munich : 5 matchs, 5 victoires, 15 points. Inter : 3 victoires, 1 nul, 1 défaite, 10 points. Barcelone : 1 victoire, 1 nul, 3 défaites, 4 points. Viktoria Plzen : 5 défaites, 0 point. Quatre points en cinq matchs, pour un effectif recruté l’été précédent à coups de cessions d’actifs. Sur les cinq dernières confrontations entre les deux clubs, les Catalans n’avaient pris aucun point. La série remonte au 8-2 de Lisbonne, en août 2020, quart de finale à élimination directe qui avait déclenché la reconstruction du club. Deux ans plus tard, le résultat est moins spectaculaire mais la hiérarchie n’a pas bougé d’un centimètre. ## Dix minutes ont suffi Xavi avait aligné son onze habituel, avec Pedri au milieu et Dembélé sur l’aile. Le Barça a monopolisé le ballon dès l’entame, comme d’habitude, sans jamais approcher la surface d’Ulreich, doublure de Neuer ce soir-là. À la dixième minute, une perte de balle côté gauche a suffi. Serge Gnabry a lancé Sadio Mané dans le dos de la défense, Mané a pris le dessus sur Héctor Bellerín et a battu Ter Stegen en face-à-face. Troisième but de l’ancien joueur de Liverpool dans la compétition cette saison-là. Dix minutes de jeu, et un match sans enjeu venait de devenir une humiliation en direct. ![Des joueurs du FC Barcelone regroupes sur la pelouse pendant un match europeen](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2022/11/Fc-Barcelona-en-Europa-League.webp) À la 31e minute, Gnabry a recommencé sur l’autre côté et servi Eric Maxim Choupo-Moting, seul face au gardien, qui a glissé une frappe du droit entre les jambes de Ter Stegen. Le Camerounais marquait alors lors de son quatrième match consécutif, ce qui en dit long sur ce que valait la doublure de Lewandowski à Munich. **Gnabry, trois passes décisives dans la soirée** Le Bayern a marqué trois fois, et Serge Gnabry a délivré les trois offrandes : à Mané à la 10e minute, à Choupo-Moting à la 31e, puis à Pavard dans le temps additionnel. Une frappe manquée transformée en passe pour ce dernier but, mais elle compte pareil. Barcelone a bien eu ses frissons, presque tous signés Ousmane Dembélé, capable par intermittence de mettre Alphonso Davies en difficulté. Juste avant la pause, le Barça a cru obtenir un penalty pour une faute de Matthijs de Ligt sur Lewandowski. La VAR a rappelé l’arbitre devant son écran, **la décision a été annulée**, et le Camp Nou a compris ce que serait cette soirée. ## Un Bayern amputé qui a géré son match Le détail qui fait mal, du point de vue catalan : ce Bayern-là était largement remanié. Manuel Neuer, Leroy Sané, Thomas Müller et Lucas Hernandez manquaient à l’appel, et Julian Nagelsmann n’avait plus grand-chose à jouer puisque la première place était quasiment acquise. > *Les Bavarois ont laissé le ballon aux Catalans, sont restés en bloc et ont attendu les pertes de balle. Un plan de jeu banal, appliqué sans un moment de flottement, contre une équipe qui possédait largement plus mais qui n’a pas cadré un tir.* En seconde période, le rapport de force n’a pas changé. Le Barça a tenu le ballon, le Bayern a procédé en contre et s’est relâché sur la fin. Cela n’a pas empêché Benjamin Pavard de conclure dans les arrêts de jeu, sur une frappe ratée de Gnabry devenue une passe, pour un troisième but qui n’avait plus d’importance sportive mais qui a alourdi la note. ## Une série qui dure depuis deux ans Le 8-2 d’août 2020 sert de repère, mais il masque le reste. Entre ce quart de finale et cette soirée d’octobre 2022, Barcelone a croisé le Bayern à trois reprises en phase de groupes, en septembre et décembre 2021 puis en septembre 2022, sans marquer le moindre but. Ajoutez la soirée du Camp Nou et cela fait quatre matchs de suite sans marquer contre le même adversaire, ce qui n’a plus rien d’un accident statistique. Le club catalan a pourtant changé d’entraîneur, de gardien de but numéro deux, de milieu de terrain et d’attaquant sur la période. C’est ce qui rend la série gênante : ce ne sont plus les mêmes joueurs qui perdent, et le résultat ne change pas. ## Un été de recrutement rendu inutile en octobre Il faut se souvenir de ce qu’avait été le mercato barcelonais quelques mois plus tôt. Robert Lewandowski arrivait de Munich pour un montant annoncé autour de 45 millions d’euros, Raphinha et Jules Koundé complétaient le lot, et le club avait financé l’ensemble en cédant une partie de ses droits télévisés futurs et des parts de Barça Studios. Les dirigeants avaient présenté l’opération comme un pari sur un retour rapide au premier plan européen. Trois mois plus tard, ce pari se soldait par une sortie en phase de groupes. Le calcul ne tient pas : on ne vend pas des revenus futurs pour financer un effectif censé rapporter des recettes européennes qu’il ne rapporte pas. Marc-André ter Stegen, lui, a encaissé trois buts sans avoir grand-chose à se reprocher. Sur les deux premiers, il se retrouve seul face à un attaquant lancé, ce qui n’est pas un problème de gardien mais de bloc défensif. Le contraste avec ses performances en championnat, la même saison et derrière la même défense, en dit plus long sur le niveau de l’adversaire du soir que sur le sien. ## Ce que coûte une deuxième sortie de poule d’affilée Le reversement en Ligue Europa n’est pas une consolation, c’est une ligne budgétaire. Barcelone sortait d’un été où le club avait vendu des parts de ses droits télévisés et de sa filiale marketing pour recruter, en pariant sur des recettes européennes. Une phase de groupes ratée deux ans de suite, pour un club dont les comptes dépendent à ce point du printemps européen, se paie l’année suivante sur le marché des transferts. **La sanction sportive, et l’autre** Le Barça est éliminé dès la phase de poules pour la deuxième saison consécutive et repart en Ligue Europa. Sur le terrain, aucun tir cadré en quatre-vingt-dix minutes contre une équipe privée de son gardien titulaire et de trois autres cadres. Xavi a refusé de charger ses joueurs en conférence de presse et a parlé de manque de finition. L’explication est courte. Sur cinq matchs, cette équipe a pris **quatre points**, s’est inclinée deux fois contre le Bayern et deux fois contre l’Inter, et n’a jamais été en tête de son groupe une seule minute. Le problème n’était pas la finition d’un soir. **La suite du calendrier européen** Reversé en Ligue Europa, le Barça entrait en barrages en février 2023 face à un troisième de poule de la compétition. Le Bayern, lui, terminait premier du groupe C avec un parcours parfait et attendait les huitièmes de finale. Pour Lewandowski, la soirée avait quelque chose de cruel. Il a passé quatre-vingt-dix minutes à courir après des ballons que ses anciens partenaires lui refusaient, et il a fini par regarder Choupo-Moting, celui qui l’avait suppléé à Munich pendant des années, marquer à sa place dans son nouveau stade. Le football sait faire ce genre de plans. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !