--- title: "Les effets de la grossesse dans le couple : les réponses à toutes vos questions" url: https://www.nouvelouest.com/les-effets-de-la-grossesse-dans-le-couple-les-reponses-a-toutes-vos-questions.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2023-09-05T07:54:30+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:38+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.comhttps://www.nouvelouest.com/?attachment_id=134490 description: "Il y a une chose que la grossesse fait très bien : révéler la répartition réelle des tâches dans un couple. Pas la répartition affichée, celle dont on parle au..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les effets de la grossesse dans le couple : les réponses à toutes vos questions Il y a une chose que la grossesse fait très bien : révéler la répartition réelle des tâches dans un couple. Pas la répartition affichée, celle dont on parle au dîner avec des amis, mais celle qui se lit dans un agenda. Qui prend le rendez-vous chez la sage-femme. Qui pose la demi-journée pour l'échographie. Qui appelle la crèche en février pour une naissance en septembre. Neuf mois plus tard, la plupart des couples découvrent qu'un seul des deux a tout porté, et que personne ne l'avait décidé. C'est de ce déséquilibre-là que naissent les tensions, bien plus que des hormones auxquelles on attribue tout. **Le vrai marqueur du couple pendant la grossesse** Regardez qui détient l'information : la date du prochain rendez-vous, le nom de la sage-femme, l'échéance de la déclaration à la CAF, le contenu de la valise de maternité. Si une seule personne a tout en tête, le déséquilibre est déjà installé. Il ne disparaîtra pas à la naissance, il s'aggravera. ## Le partenaire spectateur, un rôle qui s'installe vite Le suivi de grossesse en France est construit autour de la femme enceinte, c'est logique sur le plan médical, mais ça produit un effet de bord. Le second parent assiste. Il attend dans le couloir, il regarde l'écran, il ne sait pas quoi demander. Au bout de quelques rendez-vous, il a pris l'habitude de ne pas savoir, et cette habitude tient longtemps après l'accouchement. Deux dispositifs existent pourtant et sont sous-utilisés. L'**entretien prénatal précoce**, proposé vers le quatrième mois, est pris en charge à 100 % et le partenaire y est explicitement le bienvenu : c'est un temps de parole, pas un examen. Les **huit séances de préparation à la naissance** remboursées par l'Assurance maladie sont elles aussi ouvertes au conjoint, et beaucoup de sages-femmes du secteur constatent que le taux de présence des pères y reste faible. Mon avis, puisqu'il faut en avoir un : le partenaire qui vient à deux ou trois séances change de statut. Il cesse d'être accompagnateur et devient un parent qui connaît le dossier. Ça vaut toutes les discussions sur la répartition des tâches. **Trois rendez-vous à se répartir** L'entretien prénatal précoce du quatrième mois, l'échographie morphologique du cinquième mois, et le rendez-vous du huitième mois avec l'équipe de la maternité. Si le second parent n'assiste qu'à un seul rendez-vous, que ce soit celui du huitième mois : c'est là que se discutent le déroulement de l'accouchement et sa place dedans. ## Le corps change, et la parole se bloque Le ventre s'arrondit, la poitrine se transforme, la démarche change. Les deux partenaires le voient, et souvent aucun des deux n'ose dire ce qu'il en pense vraiment. La femme enceinte redoute une réaction de rejet. Le conjoint a peur de dire une bêtise et se réfugie dans un enthousiasme de façade qui sonne faux à trois mètres. Ce silence coûte cher. Une femme qui entend « tu es magnifique » sur un ton mécanique en conclut le contraire. Une phrase honnête et maladroite passe mieux qu'un compliment automatique. Le désir suit ses propres courbes, rarement les mêmes chez les deux. Fatigue et nausées du premier trimestre d'un côté, appréhension de faire mal de l'autre : le décalage est ordinaire. Il pose un problème seulement quand personne n'en parle et que chacun l'interprète comme un désamour. ### Les questions que tout le monde se pose et n'ose pas formuler - Est-ce que je vais aimer cet enfant autant qu'on est censé aimer un enfant ? - Est-ce qu'on va redevenir un couple, un jour, ou seulement des parents ? - Comment on va tenir financièrement avec un salaire amputé pendant le congé ? - Est-ce que je serai à la hauteur si l'accouchement se passe mal ? Aucune de ces questions n'est honteuse. Les formuler à voix haute désamorce la moitié de leur poids. Les garder pour soi les transforme en irritabilité inexplicable un mardi soir à propos d'une histoire de vaisselle. ![Un couple assis dehors, l'homme posant la main sur le ventre arrondi de sa compagne](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/03/Couple-heureux-femme-enceinte.webp) **Un point sur lequel il ne faut pas se tromper** On lit parfois que les tensions du couple « altèrent le développement du bébé in utero ». Une dispute ne fabrique pas un enfant fragile. Ce qui est documenté, c'est l'effet d'un stress chronique et sévère, du type violences conjugales ou détresse psychologique durable. Si vous êtes dans cette situation, le 3919 répond gratuitement et la sage-femme qui vous suit est tenue au secret professionnel. ## Ce qui tient un couple pendant neuf mois Les conseils habituels (sortez, faites des jeux, dansez dans le salon) tombent à plat quand on rentre du travail à 19 h avec des jambes lourdes. Ce qui tient est plus terre à terre. Une conversation d'un quart d'heure par semaine, à horaire fixe, sur les questions pratiques : rendez-vous, argent, travaux, congés. Poser ça en dehors du lit et en dehors des repas, ça évite que le sujet contamine tout. Une sortie sans logistique, une fois par mois. Une marche jusqu'au front de mer, un café en terrasse, une heure sans parler d'organisation. Rien de romantique là-dedans, mais c'est reposant, et c'est ce qui manque le plus au huitième mois. Et une répartition écrite. Noir sur blanc, qui fait quoi dans les trois mois qui suivent la naissance. Les couples qui écrivent ça avant l'accouchement se disputent nettement moins après. Le **congé de paternité de 25 jours**, dont 7 jours obligatoires, se prépare : découpé en deux périodes, il peut couvrir le retour de maternité et la reprise du travail de la mère. **Un calendrier à trois échéances** Quatrième mois : entretien prénatal précoce et déclaration de grossesse à la CAF et à l'Assurance maladie, dans les 14 premières semaines. Sixième mois : inscription en crèche ou premier contact avec une assistante maternelle, parce que les places du secteur partent tôt. Septième mois : demande de congé paternité auprès de l'employeur, un mois avant la date prévue. ## L'entourage, ce troisième personnage Dès l'annonce, un couple perd une partie de son intimité. Les deux familles se manifestent, les collègues donnent leur avis sur le prénom, quelqu'un touche le ventre dans la file d'attente de la boulangerie sans rien demander. Personne ne prévient les futurs parents de ça, et pourtant c'est un motif de tension récurrent : l'un supporte, l'autre pas, et la ligne de partage passe souvent entre la belle-famille et la famille. Fixer une règle simple aide beaucoup : on décide à deux ce qu'on raconte et à qui, et c'est celui dont il s'agit qui tient tête à sa propre famille. Ni la mère ni le père ne devrait avoir à gérer les parents de l'autre. Cela vaut pour les visites après la naissance, sujet qui explose dans un couple sur deux à la première semaine de retour à la maison. Le sujet des visites se règle avant, pas dans la chambre de la maternité avec un bébé de trois jours dans les bras. Deux visiteurs maximum, une heure, et personne le premier jour : c'est une position tenable si les deux parents l'ont décidée ensemble et la défendent ensemble. **La phrase qui sauve des semaines de tension** « On vous prévient quand on est prêts. » Elle se dit avant l'accouchement, aux deux familles, par le parent concerné. Les couples qui l'ont posée à l'avance rapportent des retours de maternité beaucoup plus calmes que ceux qui improvisent au moment où le téléphone sonne. ## L'argent, le sujet qu'on repousse Le congé maternité indemnise sur la base du salaire des trois derniers mois, plafonné, et la plupart des salariées perdent quelques dizaines à quelques centaines d'euros par mois sauf convention collective qui maintient le salaire. Vérifiez ce point auprès des ressources humaines dès le sixième mois, la réponse change complètement le budget. À cela s'ajoutent les dépenses des premiers mois : le mode de garde, le siège auto, la poussette. L'occasion couvre presque tout le matériel, à l'exception du siège auto et du matelas, qu'on achète neufs. Un couple qui a fait ce calcul à deux avant la naissance s'épargne les reproches croisés de janvier. ## Ce que la grossesse apporte, sans emballage Beaucoup de couples racontent la même chose après coup : ces neuf mois les ont obligés à parler de sujets qu'ils repoussaient depuis des années. L'argent. La place de chacune des deux familles. Ce qu'on veut transmettre. Le déménagement qu'on remettait toujours à plus tard. Il y a aussi des moments simples qui restent, et ils sont rarement ceux des brochures. La première fois que le partenaire sent un coup sous sa main. Le silence dans la voiture au retour de l'échographie morphologique. Le montage du lit un dimanche après-midi, avec la notice à l'envers. Rien de tout ça ne se planifie. En revanche, l'organisation qui laisse la place à ces moments-là se décide à deux et se pose par écrit. C'est moins joli à raconter, mais c'est ce qui fait la différence entre un couple qui traverse la grossesse et un couple qui la subit. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !