--- title: "Les nouveaux-nés célèbrent leur arrivée au parc paysager" url: https://www.nouvelouest.com/les-nouveaux-nes-celebrent-leur-arrivee-au-parc-paysager.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-04-26T08:31:44+02:00 date_modified: 2026-09-14T11:01:17+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2025/04/-37.webp description: "Planter un arbre pour chaque enfant né dans l'année est une idée qui séduit tous les conseils municipaux, et qui se heurte ensuite à des questions très terre à..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Les nouveaux-nés célèbrent leur arrivée au parc paysager Planter un arbre pour chaque enfant né dans l'année est une idée qui séduit tous les conseils municipaux, et qui se heurte ensuite à des questions très terre à terre : qui arrose pendant les trois premiers étés, que devient l'arbre si la famille déménage, et où trouver un terrain communal capable d'absorber vingt à trente plantations par an pendant vingt ans. Ces bosquets de naissance existent pourtant, ils tiennent debout, et les communes qui s'y sont mises ont chacune trouvé leur arrangement. Avant d'y venir, une mise au point : sous l'expression nouveau-nés se cachent en réalité deux traditions sans rapport, celle des arbres plantés pour les bébés du village et celle des naissances animales des parcs, et les confondre ne rend service à personne. ![Jeunes arbres fraîchement plantés et tuteurés dans la pelouse d'un parc au printemps](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2025/04/-36.webp) **Ce qu'il faut retenir** Un arbre de naissance coûte peu à planter : le prix du jeune sujet, du tuteur et de la protection. Le poste réel, c'est l'arrosage des trois premières saisons et le remplacement des sujets perdus. Les communes qui réussissent sont celles qui ont prévu ce budget d'entretien dès la première année. ## Un arbre par enfant : le modèle de Noth Dans cette commune creusoise, chaque naissance de l'année donne lieu à une plantation, regroupée sur une parcelle communale. La cérémonie a lieu une fois par an, les familles viennent, l'enfant a son arbre et une étiquette à son nom. Le principe a un mérite que les délibérations municipales ne soulignent jamais : il oblige la commune à immobiliser un terrain sur le long terme, donc à réfléchir à ce qu'elle en fera dans trente ans, quand les sujets auront atteint leur taille adulte. Le détail de la démarche est raconté du côté de [Noth](https://www.lamontagne.fr/noth-23300/actualites/a-noth-les-arbres-plantes-pour-chaque-nouveau-ne-symbolisent-la-croissance-de-la-nature-et-celle-de-la-communaute_14414846/). Le choix des essences pèse lourd. Un alignement de chênes ou de tilleuls plantés à cinq mètres les uns des autres se transforme en taillis impénétrable au bout de quinze ans. Les communes averties espacent à huit ou dix mètres, mélangent les essences locales et acceptent que le bosquet ait l'air un peu vide au départ. **L'erreur classique** Planter trop serré et trop grand. Un jeune plant de 60 à 120 centimètres reprend mieux, coûte trois fois moins cher et rattrape en cinq ans un sujet livré en motte de 2,50 mètres. Les familles préfèrent souvent le grand arbre, c'est celui qui meurt le plus. ## L'autre sujet : les naissances animales dans les parcs Rien à voir, donc, avec les portées qui font l'actualité des parcs animaliers au printemps. Le Parc animalier d'Auvergne annonçait ses jeunes de l'année visibles à partir du 18 mai, comme le rapportait un article consacré au [Puy-de-Dôme](https://france3-regions.francetvinfo.fr/auvergne-rhone-alpes/puy-de-dome/puy-dome-nouveaux-nes-du-parc-animalier-auvergne-visibles-18-mai-1829926.html). Là, le calendrier n'a rien de symbolique : il suit les cycles de reproduction des espèces et le temps que les petits passent à l'abri avant d'être présentés au public. ## Les spectacles de printemps, troisième catégorie Il existe encore une troisième chose, celle des animations saisonnières. En avril 2025, la presse annonçait un spectacle familial sur le thème de l'éveil de la forêt en région parisienne ; c'était une mise en scène, pas une naissance. Le compte rendu de [l'événement](https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/sortir-region-parisienne/leveil-de-la-foret-un-spectacle-grandiose-a-vivre-en-famille-pour-feter-le-printemps-22-04-2025-XR4VXZFYYZCX5IUM7RR2CYAWCE.php) parle de scénographie et de parcours. Le confondre avec la présentation de jeunes animaux, c'est promettre aux familles quelque chose qu'elles ne verront pas. Chez Center Parcs, la ferme pédagogique joue auprès des familles un rôle voisin, avec des naissances de chevreaux au printemps dont le blog du groupe tient la chronique, comme dans cette page de [Center Parcs](https://www.centerparcs.fr/fr-fr/blog/nature-1/quelques-nouvelles-des-animaux-a-center-parcs). Utile pour préparer une visite, à condition de garder en tête qu'il s'agit d'une communication d'exploitant, pas d'un suivi zootechnique. **Deux traditions, deux calendriers** L'arbre de naissance se plante en repos végétatif, entre novembre et mars, jamais en pleine feuillaison. Les naissances animales des parcs se montrent au contraire au printemps et au début de l'été. Un article qui range les deux sous la même étiquette se trompe de saison une fois sur deux. ## Mèze et sa forêt des naissances Sur l'étang de Thau, la commune de Mèze a inauguré sa propre forêt des naissances, avec la même logique qu'en Creuse : un arbre, un enfant, un rendez-vous annuel qui rassemble les familles. En climat méditerranéen, la contrainte n'est pas le gel mais l'eau, ce qui impose des essences frugales et un paillage soigné dès la plantation. La présentation de l'initiative se trouve du côté de [Mèze](https://lesinguliersete.fr/meze-inaugure-sa-premiere-foret-des-naissances-pour-celebrer-les-nouveaux-nes/). Ces deux communes disent la même chose : le geste symbolique ne vaut que s'il est répété. Une plantation unique le jour d'une inauguration ne fait pas une forêt, elle fait une photo. ## Monter un bosquet de naissance dans sa commune La marche à suivre tient en quelques points. Choisir une parcelle communale qui ne sera pas urbanisée, la faire inscrire comme espace boisé au document d'urbanisme, prévoir un accès pour la citerne d'arrosage, retenir des essences adaptées au sol local, et fixer une date annuelle fixe pour la cérémonie. Les familles s'engagent rarement à entretenir elles-mêmes ; mieux vaut partir du principe que le service espaces verts fera le travail et budgéter en conséquence. **Le calendrier d'une première année** Repérage de la parcelle et commande des plants avant septembre, plantation entre novembre et mars, cérémonie groupée en fin d'hiver, premier arrosage de reprise dès juin. La deuxième et la troisième année d'arrosage sont celles qu'on oublie, ce sont pourtant elles qui décident de la survie du bosquet. ## Ce que ça vaut, honnêtement Un arbre de naissance ne compense pas grand-chose sur le plan climatique : quelques dizaines de sujets par an, à l'échelle d'une commune, c'est une haie. Sa valeur est ailleurs. Elle tient dans le fait qu'une famille revienne chaque année voir un arbre grandir au même rythme qu'un enfant, et qu'un terrain communal se retrouve protégé du béton par un attachement collectif plus solide qu'un classement au plan local d'urbanisme. **Pour les parents** Photographiez l'arbre le jour de la plantation, puis à chaque anniversaire, toujours depuis le même endroit. C'est la seule chose que la commune ne fera pas à votre place, et c'est celle qui aura le plus de valeur dans quinze ans. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !