--- title: "Oseriez-vous plonger dans les eaux marines de Noël à Saint-Brévin et Pornichet cette saison ?" url: https://www.nouvelouest.com/oseriez-vous-plonger-dans-les-eaux-marines-de-noel-a-saint-brevin-et-pornichet-cette-saison.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-12-16T07:43:54+01:00 date_modified: 2026-09-10T08:10:32+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Oui, vous en êtes capable, et non, ce n'est pas anodin. L'eau de la baie tourne autour de 10 à 12 degrés à la fin décembre, ce qui met le corps en état de choc..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Oseriez-vous plonger dans les eaux marines de Noël à Saint-Brévin et Pornichet cette saison ? Oui, vous en êtes capable, et non, ce n'est pas anodin. L'eau de la baie tourne autour de **10 à 12 degrés** à la fin décembre, ce qui met le corps en état de choc pendant les deux premières minutes et ne pardonne pas grand-chose à ceux qui entrent en courant. Le bain de Noël de Saint-Brévin, comme celui organisé du côté de Pornichet, n'est pas une épreuve sportive : c'est une trempette collective de quelques minutes, très encadrée, à laquelle des gens de tous âges participent chaque année. Ce qui distingue une bonne expérience d'une mauvaise tient à trois ou quatre gestes, et ils méritent d'être expliqués avant de parler des bonnets de Père Noël. ## Ce que fait une eau à 11 degrés Le contact déclenche un **choc thermique** : inspiration brutale, accélération du rythme cardiaque, respiration courte et rapide. Elle dure environ une à trois minutes, puis se calme. C'est ce moment-là qui pose problème, parce qu'une inspiration réflexe la tête sous l'eau fait avaler de l'eau de mer, et parce que la montée brusque de la pression artérielle est ce qui met en difficulté les personnes au cœur fragile. Après ce passage, le froid attaque autre chose : la commande des mains et des avant-bras. En eau à 11 degrés, les doigts perdent en dextérité au bout de quelques minutes, et le geste de nage devient moins efficace sans qu'on s'en rende compte. C'est pour cette raison qu'un bain collectif se compte en minutes et se fait à hauteur d'homme, pas au large. **La règle qui compte vraiment** On entre lentement, on souffle longuement, on garde la tête hors de l'eau tant que la respiration n'est pas revenue au calme. Pas de saut, pas de plongeon, pas de course dans les vagues. Le danger d'un bain de Noël n'est pas l'hypothermie, qui demanderait bien plus longtemps, c'est la première minute. ## L'hypothermie arrive après, pas pendant Le vrai refroidissement se joue une fois sorti. Le corps continue de perdre de la chaleur pendant vingt à trente minutes, le sang refroidi des membres revient vers le centre, et c'est souvent sur la plage, en discutant, que les tremblements s'installent. D'où le matériel qui compte davantage que la combinaison : un **bonnet** sec, une grande serviette ou un poncho, des vêtements chauds enfilés vite, des chaussures fermées, et une boisson chaude non alcoolisée. L'**alcool** avant le bain est la mauvaise idée classique de ce type d'événement. Il dilate les vaisseaux, donne une sensation de chaleur trompeuse, accélère la perte de température et brouille le jugement au moment où il faudrait décider de sortir. Le vin chaud, c'est après, habillé. **Les repères de l'événement** Le bain de Noël organisé par le SESCB se tient à la Plage Verte le 24 décembre à 14 heures. Côté animations, une parade du Père Noël était annoncée le 21 décembre à 18 heures dans le quartier de l'Océan. Température de l'eau attendue : 10 à 12 degrés, soit une plage classique pour la baie en décembre. ## Combinaison ou pas La question revient à chaque édition. Une combinaison néoprène change tout : elle amortit le choc thermique et permet de rester dix ou quinze minutes au lieu de trois. Elle a un défaut, elle enlève une bonne partie de ce que les gens viennent chercher. Le compromis raisonnable, pour une première fois, ressemble à ça : pas de combinaison intégrale mais des chaussons néoprène si vous en avez, parce que le sable froid et les coquillages font plus de dégâts qu'on ne croit, et une sortie au bout de trois minutes montre en main. Les nageurs réguliers en eau froide, eux, entrent sans rien et ressortent tout aussi vite. Leur avantage n'est pas la résistance au froid, c'est l'habitude du réflexe respiratoire. Le corps s'y adapte en quelques bains répétés, pas en un seul. **Trois minutes suffisent** Pour une première participation, viser trois minutes dans l'eau à hauteur de taille est un objectif honnête. La photo est la même, le récit aussi, et le retour à température est bien plus rapide. Ceux qui repartent grelottants une heure après sont presque toujours ceux qui ont voulu tenir dix minutes. ## Qui devrait s'abstenir Le message des organisateurs est constant d'une année sur l'autre, et il n'est pas décoratif. Les personnes suivies pour un problème cardiaque, une hypertension mal contrôlée, un antécédent d'accident vasculaire ou une épilepsie ont un avis médical à demander avant, pas après. Même chose pour une grossesse. Les enfants peuvent participer, mais accompagnés, dans l'eau moins longtemps que les adultes, et rhabillés en priorité : ils se refroidissent plus vite qu'un adulte, à surface de peau comparable. ## Ce que ça donne sur place L'ambiance ressemble peu à ce que promettent les affiches. Il y a beaucoup de monde debout sur le sable, beaucoup de bonnets rouges, un long moment d'attente en maillot dans le vent, puis une trentaine de secondes de cris collectifs quand le groupe entre dans l'eau. La partie mémorable dure moins longtemps que la préparation. Ceux qui reviennent chaque année le disent d'ailleurs sans détour : on y va pour le groupe, pas pour la baignade. Un dernier point pratique. Prévoyez de vous garer loin et d'arriver en avance, les abords des plages se bouchent vite à cette période. Et laissez vos affaires sèches avec quelqu'un qui ne se baigne pas. Chercher son sac en tremblant sur une plage bondée est la fin de journée que personne ne raconte ensuite. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !