--- title: "Panneaux photovoltaïques : La solution miracle pour réduire sa facture d'électricité ?" url: https://www.nouvelouest.com/panneaux-photovoltaiques-la-solution-miracle-pour-reduire-sa-facture-delectricite.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-01-21T22:27:41+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:56+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/01/panneaux-photovoltaiques-la-solution-miracle-pour-reduire-sa-facture-delectricite.webp description: "Non, les panneaux photovoltaïques ne suppriment pas la facture d'électricité. Ils en retirent une part, et cette part dépend presque entièrement d'un seul chiffre..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Panneaux photovoltaïques : La solution miracle pour réduire sa facture d'électricité ? Non, les panneaux photovoltaïques ne suppriment pas la facture d'électricité. Ils en retirent une part, et cette part dépend presque entièrement d'**un seul chiffre** dont personne ne parle sur les plaquettes commerciales : le taux d'autoconsommation, c'est-à-dire la proportion de ce que vous produisez que vous consommez au moment même où c'est produit. Selon que ce taux vaut 25 % ou 70 %, la même installation met sept ans ou dix-huit ans à se rembourser. Voici comment faire le calcul avant de signer, plutôt qu'après. **Le seul chiffre qui compte** Un foyer qui part travailler le matin et rentre à 19 heures autoconsomme spontanément 20 à 30 % de sa production. Avec un ballon d'eau chaude basculé en journée et le lave-linge programmé à midi, le même foyer monte à 50 ou 60 %. L'électricité autoconsommée vous évite d'acheter du courant à environ 0,25 euro le kilowattheure ; le surplus revendu à EDF OA vous rapporte quatre fois moins. Tout est là. ## Pourquoi le surplus rapporte si peu Le tarif d'achat du surplus pour les petites installations résidentielles est fixé par arrêté et révisé chaque trimestre. Il a tourné ces dernières années entre 6 et 13 centimes le kilowattheure selon la puissance et la date de raccordement. Sur la même période, le kilowattheure acheté au réseau au tarif réglementé a franchi les 25 centimes. L'écart signifie une chose simple : chaque kilowattheure que vous parvenez à consommer chez vous au lieu de l'injecter **vaut deux à quatre fois plus**. Un projet solaire résidentiel n'est donc pas un placement financier, c'est d'abord un exercice de décalage d'usages. Présenter l'installation comme une source de revenus est une erreur d'échelle : sur 3 kilowatts-crête, la vente du surplus rapporte quelques dizaines d'euros par an. ## Le calcul, avec des ordres de grandeur réels Prenons une installation de 3 kWc posée par un professionnel sur la façade atlantique, orientée sud, inclinée à 30 degrés. La production annuelle attendue se situe autour de 1 100 à 1 200 kilowattheures par kilowatt-crête installé, soit environ 3 300 à 3 600 kWh par an. Le coût, prime à l'autoconsommation déduite, se situe couramment entre 6 000 et 8 000 euros. Avec 30 % d'autoconsommation, vous évitez d'acheter à peu près 1 050 kWh, soit quelque 260 euros, et vous revendez le reste pour une centaine d'euros. Gain annuel : environ 360 euros. Le retour sur investissement dépasse alors dix-sept ans, et il faut y ajouter le remplacement de l'onduleur en cours de route. Avec 60 % d'autoconsommation, vous évitez 2 100 kWh, soit 525 euros, et vous revendez le reste pour une soixantaine d'euros. Gain annuel : près de 590 euros, retour autour de onze à douze ans. Le matériel est identique, le toit est identique. **Seules les habitudes ont changé.** **Les trois leviers qui montent le taux d'autoconsommation** Basculer le ballon d'eau chaude sanitaire de la nuit vers le créneau 11 heures - 15 heures, avec un simple contacteur ou un routeur solaire : c'est le geste le plus rentable, le ballon représentant souvent le quart de la consommation d'un foyer. Programmer lave-vaisselle et lave-linge en journée. Recharger la voiture électrique le week-end plutôt qu'en semaine nocturne. ## L'autonomie complète, une illusion coûteuse L'idée de couper le cordon avec le réseau revient régulièrement dans les discussions. Elle bute sur la saisonnalité. En décembre et janvier, à cette latitude, une installation produit quatre à cinq fois moins qu'en juin, au moment précis où l'on chauffe et où l'on s'éclaire le plus. Couvrir ce creux supposerait de stocker plusieurs centaines de kilowattheures, quand une batterie domestique de 10 kWh coûte déjà 6 000 à 9 000 euros et se dégrade en une dizaine d'années. Sur ce point le calcul ne tient pas, sauf dans un cas : un site isolé non raccordé, où l'alternative est le groupe électrogène ou l'extension de réseau facturée au mètre. Pour une maison raccordée à Guérande ou à Saint-Nazaire, le réseau reste le moyen de stockage le moins cher du marché. **Deux pièges de devis à repérer** Le premier : une simulation de production calculée sur une orientation plein sud sans ombrage alors que le toit regarde le sud-ouest avec une cheminée. La perte réelle atteint 10 à 20 %. Le second : un financement à crédit présenté comme « autofinancé par les économies », avec des mensualités supérieures au gain annuel divisé par douze. Demandez le coût total du crédit et comparez-le au gain calculé, ligne à ligne. ## Ce qui reste solide dans l'argumentaire Deux éléments tiennent la route même avec un calcul prudent. Le prix de l'électricité a augmenté d'environ 45 % entre 2021 et 2024 pour les ménages au tarif réglementé : produire soi-même une part de sa consommation met à l'abri d'une partie de ces hausses, et cette protection vaut plus que le rendement affiché aujourd'hui. Ensuite, la durée de vie du matériel dépasse largement la période d'amortissement. Une fois l'installation remboursée, les quinze années suivantes tournent sans autre dépense que le remplacement de l'onduleur. Un mot enfin sur le bilan carbone, souvent traité en slogan. Fabriquer un panneau consomme de l'énergie, surtout pour purifier le silicium. Le temps de retour énergétique d'un module posé en France se situe entre un et trois ans selon le lieu de fabrication et l'ensoleillement, pour une durée de service de trente ans. Le compte y est, mais il n'est pas instantané, et une installation posée dans un jardin ombragé pour se donner bonne conscience ne le sera jamais. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !