--- title: "Panneaux solaires : peuvent-ils vraiment fonctionner même par mauvais temps ?" url: https://www.nouvelouest.com/panneaux-solaires-peuvent-ils-vraiment-fonctionner-meme-par-mauvais-temps.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-02-11T08:32:57+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:52:35+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/-59.webp description: "Oui, ils fonctionnent. La question mérite mieux qu'un oui, parce que la réponse utile est un chiffre : sous un ciel bien bouché, une installation photovoltaïque..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Panneaux solaires : peuvent-ils vraiment fonctionner même par mauvais temps ? Oui, ils fonctionnent. La question mérite mieux qu'un oui, parce que la réponse utile est un chiffre : sous un ciel bien bouché, une installation photovoltaïque produit en général entre 10 et 25 % de ce qu'elle donnerait au même moment sous un ciel clair. De quoi faire tourner un réfrigérateur, pas de quoi lancer un four. Surtout, c'est la mauvaise échelle de temps pour décider quoi que ce soit. Ce qui compte quand on installe des panneaux sur la Côte d'Amour, c'est la répartition de la production sur douze mois, pas la météo de mardi. Cet article se place donc à l'échelle de l'année. **L'ordre de grandeur local** À la latitude de Saint-Nazaire, environ 47 degrés nord, une installation bien orientée produit autour de 1 100 kWh par an et par kilowatt-crête. Un ciel couvert fait tomber la puissance instantanée à 10 ou 25 % de la valeur d'un ciel clair. Entre décembre et juin, l'écart mensuel est d'un facteur cinq à six. ## Diffus contre direct, la distinction qui explique tout Une cellule photovoltaïque réagit à la lumière, pas à la chaleur. Cette lumière lui arrive par deux chemins. Le rayonnement direct, celui du disque solaire, qui projette une ombre nette. Et le rayonnement diffus, celui que le ciel entier renvoie après diffusion dans l'atmosphère et les nuages, qui ne projette rien du tout. Sous un ciel voilé, le direct s'effondre mais le diffus reste. C'est pour ça qu'on attrape encore des coups de soleil un jour blanc de juillet, et c'est exactement le même mécanisme qui fait tourner votre onduleur alors qu'on ne voit pas le soleil. En France de l'Ouest, où le ciel est laiteux une bonne partie de l'année, la part diffuse représente une fraction importante du gisement annuel. Une installation nazairienne ne vit pas de journées éclatantes, elle vit surtout de lumière grise. ## Le froid n'est pas l'ennemi On croit souvent l'inverse. Un panneau silicium perd de la puissance quand sa température monte, de l'ordre de 0,3 à 0,4 % par degré au-dessus de 25 °C. En pleine canicule, la surface d'un module posé en toiture dépasse largement 60 °C, et l'installation rend nettement moins que sa puissance nominale. À l'inverse, une belle journée de février, air froid et ciel dégagé, donne un rendement instantané très bon. La production totale reste faible parce que le soleil est bas et la journée courte, mais le matériel, lui, travaille dans ses meilleures conditions. Le climat océanique doux et venteux du littoral atlantique convient bien au photovoltaïque pour cette raison : les modules y sont rarement surchauffés. **La pluie travaille pour vous** Les averses lavent le verre et emportent le sel, les pollens et les fientes. Sur une toiture inclinée à 30 degrés en bord de mer, ce nettoyage naturel suffit dans la plupart des cas. Les contrats d'entretien annuel vendus par démarchage n'apportent en général rien qu'une bonne pluie de février ne fasse déjà. ## Le calendrier annuel, en clair Voilà ce à quoi ressemble une année sur cette côte. Novembre, décembre et janvier sont trois mois maigres : jours courts, soleil bas, ciel souvent fermé, à peine quelques pour cent de la production annuelle chacun. Février et mars remontent vite. Avril à août portent le gros du volume. Septembre et octobre restent bons, souvent meilleurs qu'on ne l'imagine, avec des ciels lavés après les orages de fin d'été. Ce profil a une conséquence directe : la production est au plus bas au moment précis où le chauffage tourne au maximum. Si votre projet consiste à couvrir votre consommation d'hiver avec du solaire, le calcul ne tient pas, et aucun installateur honnête ne vous dira le contraire. Le photovoltaïque couvre bien l'eau chaude, la cuisson, le lave-linge, la climatisation, la piscine, la recharge d'un véhicule en journée. Il ne couvre pas un mois de janvier. ## La neige, un non-sujet ici Les articles génériques consacrent toujours un paragraphe à la neige, avec l'histoire de l'albédo qui augmenterait la production. Sur la presqu'île guérandaise, la neige tient au sol deux ou trois jours par décennie. Le sujet ne se pose pas. Ce qui se pose, en revanche, c'est le sel et le vent. Les rafales d'ouest chargées d'embruns attaquent les fixations, les vis et les cadres. Sur une toiture à moins de cinq cents mètres du rivage, exigez de la visserie inox A4 et des profilés d'accroche adaptés au bord de mer. La différence de prix est marginale sur le devis, la différence à quinze ans ne l'est pas du tout. **Le risque à surveiller** La grêle inquiète beaucoup de propriétaires, à tort. Les modules sont testés selon la norme IEC 61215, avec des billes de glace de 25 mm projetées à environ 23 m/s : la grêle ordinaire ne les casse pas. Le point faible est le vent, plus précisément l'arrachement des fixations sur une toiture mal dimensionnée. Une pose bâclée en zone littorale se voit à la première tempête d'équinoxe. ## Ce que fait votre onduleur quand la lumière baisse Un onduleur a un seuil de démarrage. En dessous d'un certain niveau d'éclairement, la tension délivrée par les modules ne suffit plus et l'appareil reste éteint. À l'aube, au crépuscule, ou sous une averse d'orage très noire, la production tombe donc réellement à zéro, pas à une petite valeur. Entre les deux, l'électronique cherche en permanence le point de puissance maximale de la chaîne. C'est ce qui explique qu'une installation puisse suivre les trous de nuages avec une courbe en dents de scie : quinze minutes à 3 kW, cinq minutes à 400 W, retour à 3 kW. Si vous suivez votre production sur une application, ce hachage est normal et ne signale aucune panne. **Comment lire un devis** Demandez une estimation annuelle en kWh, pas un pourcentage de couverture. Demandez la répartition mois par mois, l'outil européen PVGIS la fournit gratuitement et sérieusement. Et demandez le taux d'autoconsommation retenu dans le calcul : c'est là que les projections optimistes se cachent, bien plus que dans la météo. ## Alors, mauvais temps ou pas ? La météo d'une journée n'est pas un critère de décision. Un ciel gris fait perdre 75 à 90 % de la puissance de l'instant, et vous n'y pouvez rien. Ce sur quoi vous avez la main, c'est l'orientation, l'inclinaison, l'absence d'ombre portée par une cheminée ou un pin maritime voisin, la qualité de la pose, et surtout votre capacité à consommer l'électricité au moment où elle est produite. Une installation orientée sud, inclinée autour de 30 degrés, sans ombrage, sur une maison occupée en journée, tient ses promesses ici. La même installation à l'ombre d'un arbre trois heures par jour en perdra bien davantage que tous les nuages de l'hiver réunis. C'est une réponse moins spectaculaire que le titre, mais elle est plus utile au moment de signer. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !