--- title: "Poêle à granulés : Les prix vont-ils enfin baisser pour les pellets ?" url: https://www.nouvelouest.com/poele-a-granules-les-prix-vont-ils-enfin-baisser-pour-les-pellets.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-01-21T22:51:15+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:57+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/01/poele-a-granules-les-prix-vont-ils-enfin-baisser-pour-les-pellets.webp description: "Attendre une baisse du prix des granulés pour remplir son silo est le meilleur moyen de payer plus cher. C'est le paradoxe de ce marché : les prix montent quand..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Poêle à granulés : Les prix vont-ils enfin baisser pour les pellets ? Attendre une baisse du prix des granulés pour remplir son silo est le meilleur moyen de payer plus cher. C'est le paradoxe de ce marché : **les prix montent quand tout le monde achète**, c'est-à-dire en octobre et en novembre, et se détendent quand plus personne n'y pense, en avril et en mai. Début 2024, alors que la fièvre de l'automne 2022 est retombée, la question n'est plus de savoir si les pellets vont baisser, mais à quel moment de l'année il faut passer commande. **L'ordre de grandeur à retenir** Une tonne de granulés se situe couramment entre 200 et 300 euros selon la qualité, le volume commandé et la distance de livraison. Une maison correctement isolée consomme 2 à 3 tonnes par saison de chauffe. Un hiver de chauffage aux granulés se joue donc, pour la plupart des foyers, entre 400 et 900 euros de combustible. ## Ce qui fabrique le prix d'un sac de pellets Quatre éléments pèsent sur le tarif affiché chez votre revendeur, et ils ne bougent pas au même rythme. - La matière première d'abord : les granulés sont pressés à partir de sciures et de résidus de scieries. Quand la construction bois ralentit, les scieries tournent moins, et la sciure se fait rare. Le prix du pellet dépend donc de l'activité du bâtiment autant que de celle du chauffage. - Le coût de production ensuite. Presser et sécher de la sciure demande de l'énergie, beaucoup. Une usine dont la facture électrique double répercute une partie de la hausse. - Le transport, qui compte davantage qu'on ne l'imagine sur un produit lourd et peu cher au kilo. Cent kilomètres de camion souffleur en plus se voient sur la facture. - Le rapport entre offre et demande, enfin, qui explique à lui seul l'emballement de l'automne 2022, quand les ruptures de stock ont fait doubler les tarifs en quelques semaines. **Le bon moment pour commander** Les producteurs et les revendeurs pratiquent des tarifs de saison creuse entre avril et juin, avec des remises sur les commandes groupées et la livraison en vrac. Commander en septembre, c'est arriver au moment où les carnets se remplissent. Commander fin octobre, c'est accepter le prix affiché et parfois trois semaines de délai. ## Où en était le marché début 2024 Après la secousse de 2022, l'offre s'est remise à niveau. Les capacités de production françaises ont augmenté, plusieurs unités nouvelles étaient en construction, et les stocks de matière première étaient revenus à un état normal. D'où la stabilité observée pendant l'hiver 2023-2024, sans à-coups comparables à ceux de l'année précédente. Faut-il en conclure que les prix vont continuer de descendre ? Prudence. Une nouvelle usine met deux à trois ans à produire à plein régime, et une vague de froid prolongée en février suffit à vider les stocks régionaux. La stabilité de janvier 2024 décrivait l'état du marché à un instant donné, rien de plus. ## Vrac ou sacs : l'écart est réel La livraison en vrac par camion souffleur revient nettement moins cher à la tonne que l'achat de sacs de 15 kilos en grande surface de bricolage. Elle suppose un silo et un accès pour le camion, ce qui exclut pas mal de maisons de bourg aux rues étroites, du côté de Saint-Nazaire ou dans le vieux Pornichet. Pour ceux-là, l'achat par palette de 66 sacs, livrée en une fois, reste le compromis le plus économique : on évite le prix au détail sans avoir besoin d'un silo. **Regardez la certification, pas la marque** Les labels DINplus et ENplus A1 encadrent le taux d'humidité, le taux de cendres et le pouvoir calorifique. Un granulé humide brûle mal, encrasse le poêle et fait grimper la consommation. L'écart de quelques euros à la tonne entre un produit certifié et un lot sans label se rattrape en une saison, en ramonage et en rendement. ## Les aides : une confusion qu'il faut lever Beaucoup d'articles en ligne évoquent encore le crédit d'impôt pour la transition énergétique. Sur ce point, le calcul ne tient pas : le CITE a disparu fin 2020, remplacé par MaPrimeRénov'. Et surtout, **aucun dispositif public ne finance l'achat du combustible lui-même**. Les aides existantes portent sur l'équipement : MaPrimeRénov' et les certificats d'économies d'énergie pour l'installation d'un poêle ou d'une chaudière à granulés, l'éco-prêt à taux zéro pour étaler la dépense, et une TVA à 5,5 % sur la pose par un professionnel certifié RGE. Le chèque énergie, lui, peut servir à payer une facture de granulés, mais il est attribué sous condition de ressources et son montant reste modeste au regard d'un hiver de chauffage. **Le piège du devis sans RGE** Sans installateur certifié RGE, ni MaPrimeRénov' ni les certificats d'économies d'énergie ne s'appliquent, et la TVA repasse à 20 %. Sur une installation de poêle à 5 000 euros, l'écart dépasse largement la ristourne consentie par un artisan non certifié. Vérifiez le numéro de qualification avant de signer. ## Estimer sa consommation sans se raconter d'histoires Les 2 à 3 tonnes annuelles souvent citées valent pour une maison isolée après 2005, d'environ 100 m², chauffée entièrement au granulé. Une longère non isolée peut dépasser 5 tonnes ; un poêle utilisé en appoint dans un salon, avec des radiateurs électriques ailleurs, tombera sous la tonne et demie. **La méthode la plus fiable reste l'observation** : notez le nombre de sacs consommés entre le 1er novembre et le 31 mars, et vous saurez quoi commander l'année suivante. Sur la côte, les hivers doux et venteux donnent des consommations moins fortes qu'à l'intérieur des terres, mais des périodes de chauffe plus longues, avec des relances dès la mi-octobre. ## Le granulé reste-t-il intéressant ? Rapporté au kilowattheure produit, le granulé restait début 2024 parmi les combustibles les moins chers du marché résidentiel, devant l'électricité et le gaz. Le calcul se dégrade dans deux cas : un poêle mal dimensionné qui tourne en permanence à faible régime, et un logement passoire où le combustible part par le toit. Dans les deux cas, le problème n'est pas le prix du pellet. Reste l'entretien, qu'on oublie systématiquement dans les comparatifs : un ramonage annuel obligatoire et un nettoyage complet du poêle par un professionnel, à ajouter au budget combustible. Une centaine d'euros par an, à ne pas découvrir en février quand l'appareil se met en défaut. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !