--- title: "Pornichet : Comment ses aquarelles envoûtantes stimulent l'imagination ?" url: https://www.nouvelouest.com/pornichet-comment-ses-aquarelles-envoutantes-stimulent-limagination.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-05-08T08:32:00+02:00 date_modified: 2026-09-10T06:56:56+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "« Stimuler l'imagination », c'est le genre de formule qu'on met sur un carton d'exposition et qui ne dit rien de ce qui se passe réellement devant le papier. Ce qui..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Pornichet : Comment ses aquarelles envoûtantes stimulent l'imagination ? « Stimuler l'imagination », c'est le genre de formule qu'on met sur un carton d'exposition et qui ne dit rien de ce qui se passe réellement devant le papier. Ce qui se passe devant le papier, à Pornichet, c'est un problème technique assez précis : peindre à l'aquarelle une baie où l'eau se retire à un kilomètre, où la lumière change toutes les quinze minutes et où l'air est trop humide pour que le pigment sèche quand on voudrait. Le portrait d'aquarelliste publié par Ouest-France sur la commune donne l'occasion de regarder ce métier par ce bout-là plutôt que par le lyrisme d'usage. **Pourquoi l'aquarelle et pas l'huile** L'aquarelle sèche vite et se transporte dans une sacoche. Sur une plage où la marée déplace le sujet en trois heures, c'est le seul médium qui suit. Le prix à payer : on ne revient pas en arrière, une zone ratée est ratée. ## Un sujet qui bouge pendant qu'on le peint Dans la baie, entre le port de Pornichet et la plage de Sainte-Marguerite, le coefficient de marée décide de ce qu'on a devant soi. À basse mer de vive-eau, l'estran découvre plusieurs centaines de mètres de sable strié, avec des flaques qui renvoient le ciel. Trois heures plus tard, tout est sous l'eau. Un peintre qui installe son siège à 9 h du matin ne peint pas le même endroit à midi, et il le sait en s'installant. Cela oblige à choisir. Soit on fixe la composition très vite, en vingt minutes, quitte à finir de mémoire. Soit on accepte que la peinture raconte un moment moyen qui n'a jamais existé. Les deux méthodes se pratiquent, et les aquarellistes de la côte ne s'entendent pas du tout sur laquelle est honnête. ## La technique du mouillé sur mouillé, et sa contrainte locale Le mouillé sur mouillé consiste à poser le pigment sur un papier déjà humidifié : les couleurs se diffusent d'elles-mêmes, les contours se dissolvent, et c'est ce qui donne ces ciels sans bord franc qu'on voit sur les vues de la baie. La difficulté, ici, tient à l'air marin. Avec 80 % d'humidité relative un matin de juin, un lavis qui sèche en dix minutes dans un atelier chauffé en met trente dehors. Le pigment continue de migrer bien après qu'on ait posé le pinceau, et le résultat n'est plus le même. **Le conseil des aquarellistes de bord de mer** Papier 300 grammes minimum, grain torchon, et une planche qui tienne au vent d'ouest. Un 200 grammes gondole dès le premier lavis un peu généreux. C'est le premier écueil de tous ceux qui débutent sur la plage. ## Ce que le spectateur voit, et ce qu'il croit voir Devant une aquarelle de la baie, les gens disent souvent qu'ils reconnaissent l'endroit. Ils reconnaissent surtout une lumière : le gris-jaune de l'ouest atlantique, plus doux que la lumière méditerranéenne, avec très peu de contraste. Un peintre qui force les bleus obtient une image qui pourrait être n'importe où entre Cannes et Saint-Tropez. C'est à la pâleur qu'on identifie la côte d'Amour, et c'est difficile à tenir : peindre pâle sans peindre fade. Le reste est affaire de sujets. Les voiles légères qui sortent du port en fin d'après-midi, les cabines de plage, la ligne de villas du remblai, les mâts serrés du bassin à flot. Ce sont des motifs répétés depuis un siècle sur cette côte, et il n'y a rien de honteux à les reprendre. **Où voir et où apprendre** Pornichet accueille des expositions d'aquarelles au fil de l'année, souvent doublées d'ateliers d'initiation. Une demi-journée d'atelier suffit à comprendre pourquoi une aquarelle réussie contient moins de gestes qu'on ne l'imagine. Une aquarelle qui fonctionne laisse du blanc de papier, beaucoup, et une part de la scène non décrite. Le spectateur remplit le vide avec ce qu'il connaît de l'endroit. Voilà l'unique mécanique derrière « l'imaginaire » du titre : de la surface laissée libre, pas un pouvoir magique du pinceau. Source: [www.ouest-france.fr](https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/pornichet-44380/ses-aquarelles-invitent-a-limaginaire-6096c4d3-ffa9-4024-b09c-4fba9d803c8e) --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !