--- title: "Pornichet : les acteurs du secteur et le grand public se donnent rendez-vous pour la première édition d'Equi'Festival" url: https://www.nouvelouest.com/pornichet-les-acteurs-du-secteur-et-le-grand-public-se-donnent-rendez-vous-pour-la-premiere-edition-dequifestival.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-04-22T08:33:00+02:00 date_modified: 2026-09-10T09:12:47+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "L'hippodrome de Pornichet vit onze mois par an au ralenti. Quelques dizaines de réunions de trot, un gros pic l'été avec les nocturnes, et le reste du temps une..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Pornichet : les acteurs du secteur et le grand public se donnent rendez-vous pour la première édition d'Equi'Festival L'hippodrome de Pornichet vit onze mois par an au ralenti. Quelques dizaines de réunions de trot, un gros pic l'été avec les nocturnes, et le reste du temps une piste, des tribunes et un rond de présentation qui ne servent presque à personne. C'est ce calendrier troué que la première édition d'Equi'Festival vient remplir : trois jours d'occupation du site, avec des professionnels de la filière équine d'un côté et des familles de l'autre. Voilà l'intérêt principal de cet événement, et il vaut mieux le dire franchement que parler de « carrefour d'échanges ». **Ce qu'il faut retenir** Equi'Festival occupe l'hippodrome de Pornichet pendant trois jours, sur un site qui accueille surtout des courses de trot l'été. L'événement mélange un volet professionnel (éleveurs, maréchaux-ferrants, selliers, vétérinaires) et un volet grand public. C'est une première édition : personne ne sait encore si elle deviendra annuelle. ## Un équipement qui cherche des usages hors saison L'hippodrome se trouve à l'ouest de la commune, à la limite de La Baule, à quelques minutes du front de mer et de la gare. Il partage sa raison d'être avec La Baule : c'est l'hippodrome de la Côte d'Amour, et sa saison forte tient en une poignée de réunions estivales. Le reste de l'année, la piste sert aux entraînements et les bâtiments dorment. Un festival de trois jours ne change pas ce modèle économique. Il fait autre chose : il montre que le site peut recevoir du public hors des jours de course, avec du stationnement, des accès pompiers et des sanitaires déjà en place. C'est un argument que les organisateurs d'événements regardent avant tout le reste, bien avant le charme du lieu. ## Le volet professionnel : qui vient, et pourquoi La filière équine des Pays de la Loire n'est pas un secteur de niche. Élevage de trotteurs, centres équestres, écuries de propriétaires, maréchalerie, transport de chevaux, alimentation : le tissu est dense entre l'estuaire, la Brière et le vignoble. Ces métiers se croisent d'habitude sur des salons nationaux, à plusieurs heures de route. Un rendez-vous local a une utilité concrète pour eux. Un maréchal-ferrant qui cherche un apprenti, un éleveur qui veut montrer trois produits, un vendeur de matériel qui teste une gamme de sellerie sur un public régional : ce sont des raisons prosaïques de bloquer trois jours d'agenda. Le texte d'origine parlait de « dernières innovations du domaine ». Dans les faits, on parle surtout de recrutement, de prix des fourrages et de coût vétérinaire. **Pour qui c'est vraiment utile** Les visiteurs qui repartent contents d'un salon équin sont ceux qui viennent avec une question précise : où faire poser un ferrage orthopédique, à quel prix loger un cheval en pension, comment inscrire un enfant en poney-club sans se ruiner. Les autres regardent des chevaux tourner, ce qui est agréable mais se fait gratuitement au bord d'une carrière. ## Le volet grand public : démonstrations, baptêmes et files d'attente Sur ce type d'événement, le programme familial tient en trois blocs : des démonstrations en carrière (attelage, voltige, travail à pied), des baptêmes à poney pour les moins de dix ans, et des stands. Le troisième bloc décide de l'ambiance générale, parce que c'est là que les gens passent le plus de temps. Un conseil de terrain : les baptêmes poney saturent dans la première heure d'ouverture. Si vous venez avec un enfant qui veut monter, arrivez tôt, prévoyez des chaussures fermées et ne comptez pas sur une place à l'ombre. Un hippodrome, c'est plat et découvert, et un après-midi d'avril peut y être venteux. ## Le port, la ville et le reste du calendrier Pornichet mène en parallèle un chantier bien plus lourd que ce festival : le réaménagement de ses ports de plaisance, engagé au début des années 2020 sous la mandature de Jean-Claude Pelleteur. Les deux dossiers n'ont aucun lien opérationnel, ils ne sont même pas dans le même quartier, mais ils relèvent de la même logique municipale : étaler la fréquentation en dehors de juillet-août. Le détail du projet portuaire est présenté [ici](https://www.grandsprojetspornichet.fr/2021/03/11/le-projet-de-reamenagement-des-ports-de-plaisance-engage/). Sur le port comme à l'hippodrome, la question posée est la même. Une commune de la Côte d'Amour gagne l'essentiel de son chiffre d'affaires sur huit semaines. Tout ce qui remplit avril, mai, septembre ou octobre vaut plus cher, par jour d'ouverture, qu'un week-end de plein été où les hébergements sont déjà pleins. **Question de calendrier** Une première édition au printemps n'est pas un hasard. Avant la haute saison, les hébergeurs ont de la place, les restaurants tournent en sous-régime et la circulation reste praticable. C'est la fenêtre où un nouvel événement peut se tester sans se heurter au reste de l'agenda estival. ## Le rôle de l'office de tourisme, sans le gonfler L'office de tourisme de Pornichet relaie l'information et coordonne une partie de la logistique d'accueil. Sa mission couvre aussi l'emploi saisonnier, sujet permanent dans une station où les employeurs cherchent chaque printemps des saisonniers qu'ils ne trouvent pas, faute de logement abordable. Ouest-France a consacré un article à cet engagement de l'office, à lire [ici](https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/pornichet-44380/loffice-de-tourisme-de-pornichet-toujours-engage-pour-lemploi-37b9734e-f6ab-11ef-949f-63632bc5ac37). Attention à ne pas confondre les deux dossiers. Un office de tourisme qui organise un forum de l'emploi saisonnier ne fabrique pas pour autant un festival équestre : il l'inscrit à son agenda, l'affiche en vitrine et répond au téléphone. C'est déjà beaucoup pour une équipe de station balnéaire, et c'est plus honnête que de lui attribuer la paternité de l'événement. **Le piège de la première édition** Les premières éditions se jugent sur trois points concrets : la signalétique depuis la route, le nombre de mètres linéaires de buvette, et la gestion du stationnement quand il pleut. Un événement équin attire aussi des vans et des camions, qui ont besoin d'une aire de manoeuvre séparée du public. Un raté sur ce point suffit à plomber le souvenir laissé aux exposants. ## Y aller, ou pas Si vous montez déjà, la réponse est simple : trois jours de démonstrations et de stands à quinze minutes de chez vous, c'est une occasion qui ne se représente pas souvent en Loire-Atlantique. Si vous ne connaissez rien au cheval, venez plutôt en fin de matinée, restez deux heures, regardez une reprise d'attelage et parlez à un maréchal-ferrant. C'est le métier le plus impressionnant à voir de près, et personne n'y pense. Reste la question que tout le monde se pose devant une première édition et à laquelle personne ne peut répondre en avril : est-ce que ça revient l'année suivante ? Ça dépendra du nombre d'exposants qui auront rentabilisé leur stand. Pas de la météo, pas de la fréquentation affichée dans le bilan. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !