--- title: "Pornichet : Les élèves se mobilisent pour le prochain festival de bande dessinée Déam'Bulle" url: https://www.nouvelouest.com/pornichet-les-eleves-se-mobilisent-pour-le-prochain-festival-de-bande-dessinee-deambulle.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-11-22T07:46:16+01:00 date_modified: 2026-09-10T07:51:47+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Une planche de bande dessinée réussie par un enfant de dix ans ne se juge pas au dessin. Elle se juge au découpage : est-ce qu'on comprend qui parle, dans quel..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Pornichet : Les élèves se mobilisent pour le prochain festival de bande dessinée Déam'Bulle Une planche de bande dessinée réussie par un enfant de dix ans ne se juge pas au dessin. Elle se juge au **découpage** : est-ce qu'on comprend qui parle, dans quel ordre, et ce qui se passe entre deux cases. C'est ce que les auteurs venus dans les classes de Pornichet à l'automne 2024 ont passé leurs séances à faire travailler, en préparation de la cinquième édition du festival Déam'Bulle, annoncée pour les 5 et 6 avril 2025 à l'hippodrome. Le résultat n'était pas une exposition de jolis dessins, mais un exercice de narration. ## Ce qui se passe réellement dans un atelier Claire Péron et Sylvère Jouin sont intervenus auprès de plusieurs classes de la commune. Le déroulé d'un atelier de ce type est toujours à peu près le même, et il tient en deux heures. Une demi-heure de démonstration, où l'auteur dessine en direct sous les yeux des élèves, ce qui est le moment où l'on capte l'attention de toute la salle. Puis le travail sur feuille, encadré, avec une contrainte imposée : un nombre de cases fixe, un personnage, une situation de départ. **Le format type** Deux heures par classe, une planche par élève ou par binôme, quatre à six cases. La contrainte de cases est ce qui fait le plus progresser : avec un nombre limité, il faut choisir quel moment de l'histoire on montre et lequel on laisse deviner. La démonstration en direct a un autre effet, moins attendu. Les élèves découvrent que l'auteur rate, gomme, recommence, et qu'une planche publiée n'est pas sortie parfaite du premier jet. Beaucoup d'enfants persuadés de « ne pas savoir dessiner » se remettent au travail après avoir vu un professionnel effacer trois fois la même main. ## La gouttière, ce blanc qui raconte L'espace entre deux cases porte un nom, la **gouttière**, et c'est là que se joue la moitié du récit. Entre une case où un personnage lève le bras et une case où un vase est cassé, c'est le lecteur qui reconstitue le geste. Les enfants comprennent ce principe très vite quand on le leur montre, alors que les adultes ont souvent besoin qu'on le leur explique deux fois. **Ce que les élèves retiennent le mieux** La bulle et sa queue, qui doit pointer vers la bouche du personnage, et l'ordre de lecture de gauche à droite quand deux personnages se répondent. Ces deux règles réglées, une planche d'enfant devient lisible par n'importe qui. Le reste relève du bricolage assumé, et c'est très bien ainsi. Un atelier de deux heures ne forme pas de dessinateurs. Il apprend à raconter avec des images, ce qui sert ensuite en rédaction, en exposé oral, et pour comprendre pourquoi une publicité ou une vidéo est montée dans cet ordre-là. ## De la feuille de classe au mur du festival Les planches produites pendant ces séances étaient destinées à être accrochées pendant le festival. Ce point change tout pour un enfant : il dessine pour **un public de passage** qui va s'arrêter, lire, et parfois chercher l'auteur des yeux. Les enseignants qui ont mené ce genre de projet connaissent le phénomène, le niveau d'exigence des élèves monte d'un cran dès qu'on annonce l'accrochage. **Le calendrier de l'époque** Ateliers dans les classes à l'automne 2024, tri et accrochage des planches dans les semaines précédant l'événement, exposition les 5 et 6 avril 2025 à l'hippodrome de Pornichet. Entre l'atelier et le mur, il s'écoule donc près de six mois, ce qui suppose que quelqu'un conserve les feuilles. Ce détail logistique n'est pas anodin. Les planches d'élèves se perdent, se cornent, partent dans un cartable. Les projets qui aboutissent sont ceux où un adulte, souvent au Point Jeunes ou dans l'équipe organisatrice, ramasse tout le jour même et stocke les feuilles à plat. ## Le festival, tel qu'il était annoncé Déam'Bulle en était à sa cinquième édition. Le programme annoncé pour ce week-end de printemps comportait des dédicaces, des expositions et des stands d'éditeurs et de libraires, l'ensemble installé à l'hippodrome, un site qui a l'avantage d'être couvert et de disposer de stationnement, ce qui n'est pas rien à Pornichet. La page du festival se trouvait [ici](https://www.facebook.com/festivalBDdepornichet/?locale=fr_FR), et le détail de la programmation de l'édition 2025 était publié [ici](https://ouisortir.fr/event/festival-bd-pornichet-deambulle-pornichet-loire-atlantique-2025-04-05/). **Aller en famille, le bon moment** Le **samedi matin, à l'ouverture**. Les files de dédicace sont courtes, les auteurs ont le temps de discuter et de dessiner un personnage sur une page de garde. En fin d'après-midi, l'attente devient longue et l'échange se réduit à une signature. ## La bande dessinée et l'image animée La parenté entre planche et écran revient à chaque édition de ce type de festival, et elle est justifiée : le storyboard d'un film et le découpage d'une planche répondent aux mêmes questions de cadrage et d'ellipse. Cette proximité a déjà été explorée à Pornichet, comme le raconte notre article sur [la rencontre entre la bande dessinée et le cinéma](https://www.nouvelouest.com/pornichet-la-rencontre-inattendue-entre-la-bande-dessinee-et-le-cinema-comment-est-ce-possible.html). Reste la question que se posent les enseignants après ce genre d'opération : qu'est-ce qui subsiste six mois plus tard ? Pas la technique, sans doute. Plutôt le souvenir d'un adulte qui vit du dessin et qui a pris deux heures pour montrer comment il travaille. Pour un enfant, découvrir que ce métier existe vraiment vaut à peu près autant que l'atelier lui-même. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !