--- title: "Pornichet : Pourquoi les kayakistes osent-ils s'aventurer au cœur des voiliers géants ?" url: https://www.nouvelouest.com/pornichet-pourquoi-les-kayakistes-osent-ils-saventurer-au-coeur-des-voiliers-geants.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-06-24T08:32:14+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:55:39+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/06/-77.webp description: "La photo est trompeuse. Un kayak de mer de cinq mètres au premier plan, un trimaran de course de quinze mètres derrière, et l'on imagine un face-à-face risqué. En..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Pornichet : Pourquoi les kayakistes osent-ils s'aventurer au cœur des voiliers géants ? La photo est trompeuse. Un kayak de mer de cinq mètres au premier plan, un trimaran de course de quinze mètres derrière, et l'on imagine un face-à-face risqué. En réalité, quand les kayakistes du club de Pornichet sont sortis voir les Ocean Fifty en juin 2024, ils ont surtout passé du temps à se renseigner sur ce qu'ils avaient le droit de faire. Ce qui a occupé le club avant cette sortie, c'est la préparation. ![Kayakistes de mer pagayant à distance d'un trimaran de course en baie](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/06/-76.webp) Le **CKPCA**, le club de canoë-kayak de Pornichet Côte d'Amour, fait sortir ses adhérents toute l'année sur ce plan d'eau. De temps à autre s'y ajoute un événement qui change la donne : une flotte de compétition qui prend possession d'une portion de la baie. Les membres expérimentés du club y voient une occasion rare de voir de près des bateaux qu'on ne croise nulle part ailleurs. Ils y vont, mais dans un cadre. ## Une zone de course, ça se contourne Pendant un acte du circuit, un périmètre est réservé aux concurrents et aux bateaux de la direction de course. Personne n'entre dedans, ni un kayak, ni un semi-rigide de curieux, ni un voilier de croisière qui rentrerait au port. **Hervé Marcault**, président du club, insiste sur ce point avant chaque sortie : on regarde les avis aux navigateurs, on repère les limites, et on se positionne à l'extérieur. Ce travail se fait à terre, la veille, sur une carte. **Le vrai danger n'est pas celui qu'on croit** Un trimaran de course lancé ne peut pas manoeuvrer pour éviter un kayak, et son équipage ne regarde pas devant en permanence. Mais le risque principal pour un kayakiste reste banal : le vent de mer qui se lève l'après-midi, le clapot de travers, et une eau autour de 17 degrés en juin. ## Ce qu'on voit d'un kayak qu'on ne voit pas de la plage Les kayakistes du club parlent de « fauteuil d'orchestre », et pour une fois l'expression n'est pas exagérée. À hauteur d'eau, à quelques centaines de mètres, on entend les bateaux. Le bruit d'un Ocean Fifty lancé porte loin : sifflement des appendices, cliquetis des winchs, voix qui donnent des ordres. On voit aussi la coque au vent décoller, ce qui est illisible depuis le remblai, et l'on comprend enfin pourquoi ces bateaux sont aussi larges que longs. Les phases les plus intéressantes ne sont d'ailleurs pas les courses. Ce sont les entraînements et les réglages, quand un bateau répète dix fois le même empannage à deux cents mètres de vous, sans enjeu de classement, donc sans zone fermée aussi grande. **Le meilleur créneau** Les séances de réglage, en général le matin avant les manches, offrent plus à voir qu'une régate. Les bateaux naviguent lentement, s'arrêtent, recommencent. Le périmètre de sécurité y est plus souple qu'en course. ## Suivre des bateaux qu'on connaît Il y a une raison locale à cet intérêt, et elle est simple : deux équipages du plateau ont un lien direct avec la côte. L'*Inter-Invest* de Matthieu Perraut, Pornichétain, et le *Primonial* de Sébastien Rogues, vainqueur de l'acte de juin 2024, sont des noms que les pratiquants du club suivent au classement. Sortir en kayak pour aller les voir tire moins du tourisme sportif que du soutien de voisinage. Avec un programme étalé sur quatre jours, les sorties se répètent. Certains membres y sont retournés deux ou trois fois, en calant l'horaire sur celui des manches. C'est un luxe que peu de clubs ont : le plan d'eau de compétition est à quinze minutes de pagaie du ponton. **Ce qui rend la chose possible** Le port de Pornichet et la zone de course sont pratiquement voisins. Un kayakiste parti du club atteint le secteur en un quart d'heure, sans traversée de chenal compliquée. Peu de clubs de la façade atlantique disposent d'un accès aussi direct. ## Ce que ça change pour un pratiquant débutant Rien, et c'est important de le dire. Ces sorties concernent les adhérents autonomes en mer, à l'aise dans le clapot et capables de remonter au vent si la brise fraîchit. Un débutant qui aurait envie de voir les multicoques de près a plutôt intérêt à s'installer sur la jetée ou à embarquer sur un bateau spectateur. Le club encadre, il ne transforme pas une sortie découverte en approche de zone de course. **Si vous voulez voir ça de près** Le kayak n'est pas le seul moyen. La digue du port offre une vue dégagée sur les départs, et les sorties spectateurs proposées pendant l'événement embarquent sans condition de niveau. Le point de vue est moins spectaculaire, la logistique bien plus légère. Reste le principal : une flotte de course qui vient s'installer devant chez vous, quatre jours par an, c'est une occasion de regarder son propre plan d'eau autrement. Les kayakistes de Pornichet ne défient personne. Ils profitent d'un voisinage temporaire, en respectant la limite que la direction de course a tracée sur la carte. Source : [labaule.maville.com](https://labaule.maville.com/actu/actudet_-pornichet.-les-kayakistes-a-la-rencontre-des-voiliers-geants-_fil-6349451_actu.Htm) --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !