--- title: "Pornichet : Un pianiste passionné fonde une nouvelle école de musique pour la communauté" url: https://www.nouvelouest.com/pornichet-un-pianiste-passionne-fonde-une-nouvelle-ecole-de-musique-pour-la-communaute.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-01-27T07:34:38+01:00 date_modified: 2026-09-10T08:28:53+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Ouvrir une école de musique dans une commune d'un peu plus de 10 000 habitants qui en compte déjà une, c'est un pari, et il faut le prendre pour ce qu'il est..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Pornichet : Un pianiste passionné fonde une nouvelle école de musique pour la communauté Ouvrir une école de musique dans une commune d'un peu plus de 10 000 habitants qui en compte déjà une, c'est un pari, et il faut le prendre pour ce qu'il est. Grégoire Humbert, pianiste concertiste et compositeur, l'a tenté à Pornichet en septembre 2023 avec Pianocéan 44, une association installée au centre culturel Jacques Prévert. L'histoire qu'on raconte d'habitude est celle d'un musicien qui veut transmettre, et elle est vraie. Ce qui rend le projet intéressant, c'est la mécanique qu'il suppose : une école de musique associative ne tient debout que si plusieurs paramètres tombent juste en même temps. **Le projet en bref** Pianocéan 44 a démarré en septembre 2023 au centre culturel Jacques Prévert. Cours de piano d'abord, puis d'autres instruments comme le violon et la flûte, du classique au jazz, pour les enfants comme pour les adultes. Structure associative, encadrement assuré par de jeunes enseignants. ## Le problème du local, qui décide de tout Une école de musique a besoin d'un endroit où l'on peut faire du bruit sans déranger, aux heures où les élèves sont disponibles, c'est-à-dire en fin d'après-midi et le mercredi. À Pornichet, ce type de créneau est rare : les salles municipales sont déjà partagées entre les associations, et le marché locatif privé est calé sur les prix du bord de mer. Un studio de 30 mètres carrés en centre-ville coûte à l'année ce qu'une association naissante n'a pas. Le centre Jacques Prévert résout cette équation. Il est équipé, il est déjà identifié comme lieu culturel par les habitants, et il se trouve à distance de marche du centre. Pour un parent, la question n'est jamais uniquement pédagogique : elle est de savoir s'il peut déposer sa fille à 17 h 30 et récupérer son fils au foot dans la foulée. Une école de musique gagne ou perd ses inscriptions sur ce genre de détail. **Ce qu'un lieu partagé change** Sans salle municipale, il faut louer, et la location fixe un plancher de tarif qui écarte une partie des familles. Un hébergement dans un équipement culturel existant permet à une petite structure de démarrer sans mise de fonds importante. C'est ce qui explique que la plupart des écoles associatives de la Côte d'Amour naissent dans des maisons de quartier ou des centres culturels, jamais dans des locaux commerciaux. ## Un concertiste qui enseigne : l'atout et la faille Grégoire Humbert vient de la scène et de la composition. Ce parcours a un avantage direct pour les élèves : quelqu'un qui joue en public sait ce que c'est que de se planter devant une salle pleine et de continuer quand même. Ça s'enseigne mal en théorie et se transmet très bien par imitation. Il a aussi un inconvénient, qu'il faut nommer. Un concertiste en activité est absent une partie de l'année, et une école ne peut pas s'arrêter parce que son fondateur est en tournée. La réponse de Pianocéan 44 a été d'associer d'autres enseignants dès le départ, plutôt que de construire l'école autour d'une seule personne. C'est la condition pour que la structure survive à un changement de vie de son fondateur. **La question à poser avant d'inscrire son enfant** Demandez combien d'enseignants encadrent combien d'élèves, et ce qui se passe en cas d'empêchement. Une école qui repose sur une seule personne annule ses cours dès la première grippe. Une école qui en compte trois ou quatre absorbe l'imprévu. ## Piano, violon, flûte : pourquoi cet ordre On ne monte pas une école en ouvrant douze classes le premier jour. Le **piano** vient en premier parce que c'est l'instrument du fondateur et parce qu'il concentre la demande, chez les enfants comme chez les adultes qui reprennent après vingt ans d'arrêt. Le violon et la flûte suivent parce qu'ils sont légers, transportables, et qu'ils permettent de faire jouer les élèves ensemble assez vite. Le jazz vient élargir le répertoire au-delà du solfège classique, ce qui est un choix de recrutement autant qu'un choix esthétique : beaucoup d'adolescents décrochent quand on leur impose trois ans de gammes avant le premier morceau qu'ils aiment. Le point faible de ce modèle est connu de toutes les écoles associatives : **la deuxième année**. La première année, on inscrit ceux qui attendaient une offre. La deuxième, il faut aller chercher de nouveaux élèves, et la moitié du budget dépend de ce renouvellement. **Le calendrier d'une école de musique** Les inscriptions se jouent en une quinzaine de jours, entre le forum des associations de début septembre et la première semaine de cours. Le reste de l'année ne rattrape presque rien. C'est aussi pour cela que les auditions publiques et les concerts comptent autant : ils font office de campagne de recrutement pour l'année suivante. ## Sortir de la salle de cours Grégoire Humbert veut faire jouer ses élèves devant du public, en concert à l'école et lors des rendez-vous de la ville. C'est le prolongement logique de sa pratique, et pour les élèves c'est ce qui donne un sens aux heures de travail solitaire. Pornichet offre pour cela un calendrier estival chargé, à commencer par la Fête de la musique, dont nous avions détaillé [le programme des concerts du 21 juin à Pornichet](https://www.nouvelouest.com/quels-artistes-incroyables-vont-enflammer-la-fete-de-la-musique-a-pornichet-le-vendredi-21-juin.html). Reste à voir ce que Pianocéan 44 pèsera dans cinq ans. Les écoles de musique associatives qui durent sont celles qui finissent par former leurs propres professeurs, c'est-à-dire par voir revenir comme enseignants des élèves entrés à huit ans. C'est long. À l'échelle d'une commune comme Pornichet, c'est aussi la seule mesure qui vaille. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !