--- title: "Pornichet : Une énergie prometteuse chez les passionnés de judo" url: https://www.nouvelouest.com/pornichet-une-energie-prometteuse-chez-les-passionnes-de-judo.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-12-11T07:31:44+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:58:13+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/12/-31.webp description: "Trois cent cinquante judokas sur les tatamis d'une même journée, cela représente quatre aires de combat à tracer, une pesée à organiser, des commissaires de table à..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Pornichet : Une énergie prometteuse chez les passionnés de judo Trois cent cinquante judokas sur les tatamis d'une même journée, cela représente quatre aires de combat à tracer, une pesée à organiser, des commissaires de table à trouver, une buvette à tenir et un parking à gérer. Le club de judo de Pornichet a fait tourner cette machine en 2024. C'est cet aspect-là de l'histoire qui mérite d'être raconté : derrière la belle vitalité affichée, il y a une poignée de bénévoles qui organisent une compétition régionale dans une salle municipale, et qui recommencent l'année suivante. ![Deux judokas en kimono lors d'un combat sur un tatami de compétition](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/12/-30.webp) ## Ce que représente une compétition de 350 combattants Le chiffre paraît anodin. Il ne l'est pas. Avec 350 inscrits, on tourne autour de plusieurs centaines de combats à faire passer dans la journée, chacun réglé au chronomètre, avec un arbitre central et une table de marque. Les poules se constituent la veille au soir à partir des pesées et des catégories d'âge, le planning glisse toujours, et les clubs qui montent ce type de rendez-vous y consacrent un mois de préparation pour huit heures de compétition. **L'ordre de grandeur** Le club de judo de Pornichet, créé en 2013, a accueilli une compétition rassemblant environ 350 judokas. Pour une association de commune balnéaire, c'est le format le plus lourd qu'on puisse monter sans salle omnisports dédiée à plein temps. ## Un club jeune, dans une ville qui vieillit l'hiver Pornichet compte un peu plus de 10 000 habitants à l'année, avec une population qui explose en juillet et qui se vide le reste du temps. Pour un club de sport, cette saisonnalité complique tout : les effectifs de septembre ne ressemblent pas à ceux de mai, une partie des familles sont des résidents secondaires, et le recrutement se joue sur quelques semaines à la rentrée. Monter un club de judo dans ce contexte en 2013 et le voir peser dans le paysage régional dix ans plus tard n'a rien d'automatique. Le club a ouvert ses créneaux à partir de 8 ans et complète le judo par des séances de **renforcement musculaire**, des sports collectifs et des sorties collectives, du type Up2Play. Ce choix n'est pas cosmétique : un enfant de 9 ans qui ne fait que du kata et des randoris pendant trois ans finit souvent par lâcher. Ceux qui restent sont ceux à qui le club a donné une bande de copains. **Ce qui retient les jeunes dans un club** Ni les médailles ni le niveau technique, dans la majorité des cas. Ce sont les créneaux réguliers, les sorties hors du dojo et un entraîneur que l'enfant a envie de retrouver le mercredi. Pornichet a construit son offre là-dessus, et cela se voit dans la taille du groupe. ## Lucie Nguema Oudo, et la mécanique des sélections Parmi les judokas du club, Lucie Nguema Oudo a été sélectionnée en catégorie minimes. Ce mot de sélection mérite d'être expliqué, parce qu'il recouvre une réalité assez rude. Chez les minimes, on parle d'athlètes de 13 à 14 ans qui s'entraînent souvent trois à quatre fois par semaine, se pèsent, apprennent à gérer un poids de catégorie, et se déplacent le week-end à plusieurs heures de route. La sélection récompense une saison entière de résultats, pas un bon dimanche. Reste la question dont personne ne parle : que devient un jeune de 14 ans repéré dans un club de bord de mer, quand la structure d'entraînement de haut niveau se trouve à Nantes ou plus loin ? Beaucoup arrêtent là, pas faute de talent, mais parce que la famille ne peut pas suivre les trajets. **Le vrai point de rupture** Le passage minimes-cadets est le moment où les clubs de taille moyenne perdent leurs meilleurs éléments. Ce n'est pas un problème de niveau technique mais de kilomètres, de disponibilité parentale et de coût des déplacements. ## Les valeurs affichées et ce qu'on en fait le mardi soir Tous les clubs de judo de France affichent le même code moral : politesse, courage, sincérité, honneur, modestie, respect, contrôle de soi, amitié. Rédigé au mur d'un dojo, ce texte ne coûte rien. Ce qui compte se joue dans les détails du cours : la façon dont l'entraîneur reprend un gamin qui se moque de son partenaire, le salut exigé avant et après chaque randori, le fait qu'un ceinture noire de 17 ans travaille avec un débutant de 10 ans sans lui faire mal. Le judo se transmet là, ou pas du tout. ## Comment s'y prendre si on veut essayer La porte d'entrée est la même pour un adulte et pour un enfant : un cours d'essai en semaine, un kimono emprunté les premières fois, une licence fédérale. Les premières séances sont physiquement ingrates, parce qu'on apprend d'abord à tomber. Passé ce cap, le reste vient. Les tarifs restent ceux d'un club associatif de commune moyenne. **Avant de pousser la porte du dojo** Comptez un cours d'essai, une licence et un certificat ou une attestation de santé selon l'âge. Les trois premières séances servent surtout à apprendre les chutes : c'est la partie la plus ingrate, et celle qui protège pour toute la suite. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !