--- title: "Récupérateur d'eau de pluie : Indispensable pour l'été 2023 , voici nos conseils" url: https://www.nouvelouest.com/recuperateur-eau-pluie-conseils.html author: "Julien" date_published: 2023-09-06T08:58:21+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:41+02:00 categories: ["Jardin"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/06/recuperateur-deau-de-pluie-indispensable-pour-lete-2023-voici-nos-conseils.webp description: "Un récupérateur d'eau de pluie mal posé se remplit une fois, au premier orage, et ne resservira plus jamais. C'est l'erreur la plus fréquente, et elle se joue au..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Récupérateur d'eau de pluie : Indispensable pour l'été 2023 , voici nos conseils Un récupérateur d'eau de pluie mal posé se remplit une fois, au premier orage, et ne resservira plus jamais. C'est l'erreur la plus fréquente, et elle se joue au moment de choisir l'endroit : trop loin de la gouttière, posé sur une terre meuble, ou à une hauteur qui ne permet pas de remplir un arrosoir. Le matériel n'y est pour rien. Avant de comparer les modèles de 300 ou 1 000 litres, autant régler la question de l'emplacement, parce qu'une cuve pleine qu'on n'arrive pas à vider ne sert à rien. ## Le calcul qui décide de la contenance **Un millimètre de pluie sur un mètre carré de toiture donne un litre d'eau**. Sur la côte, entre Pornichet et Saint-Nazaire, il tombe de l'ordre de 800 mm par an. Une maison dont un seul pan de toit fait 50 m² récupère donc théoriquement 40 000 litres sur l'année, dont il faut retirer ce qui s'évapore, ce qui déborde et ce qui reste sur les tuiles : comptez 70 à 80 % en pratique. Ce même pan de 50 m² remplit une cuve de 300 litres avec 6 mm de pluie, c'est-à-dire une averse ordinaire de fin de journée. Autrement dit, une petite cuve déborde vite et se vide vite. Elle couvre l'arrosage d'un balcon ou de quelques bacs. Pour un potager de 40 m² en juillet, qui demande facilement 150 litres par semaine, il faut viser 1 000 litres au minimum, et une cuve enterrée de 5 000 à 10 000 litres si l'on veut tenir un été sec sans toucher au robinet. **Un millimètre, un litre, un mètre carré** Sur un pan de toiture de 50 m², une averse de 6 mm suffit à remplir une cuve de 300 litres. Avec 800 mm de pluie par an sur la Côte d'Amour, le même pan pourrait fournir près de 40 000 litres, dont on récupère réellement 70 à 80 %. Un potager de 40 m² consomme environ 150 litres par semaine en juillet. ## À côté de la descente de gouttière, et pas ailleurs Le récupérateur se branche sur une descente de gouttière, avec un collecteur qu'on installe en perçant le tuyau. La cuve doit donc être contre la descente, à moins de quelques dizaines de centimètres. Les rallonges horizontales fonctionnent mal : l'eau stagne, les feuilles bouchent, et le collecteur finit par déborder à l'intérieur du tuyau. Choisissez de préférence la descente qui draine la plus grande surface de toit, en général celle de l'arrière de la maison. Si le jardin est de l'autre côté, un tuyau d'arrosage de vingt mètres coûte moins cher qu'une deuxième cuve mal alimentée. ### La question de la hauteur Un arrosoir de dix litres se remplit sous un robinet situé à 40 cm du sol au minimum. Or les cuves de 300 litres ont leur robinet à 15 ou 20 cm. D'où le socle, vendu à part et souvent oublié dans le budget : il surélève de 30 à 40 cm et change tout à l'usage quotidien. **La cuve pleine pèse 300 kg**, donc le socle se pose sur une dalle béton ou sur des parpaings de niveau, jamais sur de la terre battue qui va s'affaisser à la première pluie. **Trois erreurs de pose qui reviennent** Poser la cuve loin de la descente de gouttière, la poser à même la terre, et oublier le socle. Une cuve de 300 litres pleine pèse 300 kilos : sur un sol meuble, elle penche en quelques semaines. Sans socle, le robinet est trop bas pour glisser un arrosoir dessous, et on finit par ne plus s'en servir. Dernier point sur l'emplacement, souvent tranché trop vite : une cuve posée plein sud contre un mur clair chauffe, et l'eau tiède favorise le développement des algues, qui verdissent la paroi et finissent par boucher le robinet. Une exposition au nord ou à l'ombre d'un mur, quand la descente de gouttière le permet, garde l'eau plus claire et plus longtemps utilisable. ## Les moustiques, réglés par un couvercle Une cuve ouverte est un site de ponte idéal pour le moustique tigre, bien implanté en Loire-Atlantique. Le cycle complet de l'œuf à l'adulte prend une semaine en été, dans quelques centimètres d'eau stagnante. La parade n'a rien de compliqué : un couvercle qui ferme, ou une moustiquaire à mailles fines tendue sur l'ouverture et maintenue par un tendeur. Le collecteur de gouttière doit lui aussi être fermé. Un contrôle par mois d'avril à octobre suffit, en profitant du passage pour retirer les feuilles accumulées dans le filtre. ## L'hiver, et le gel Sur la côte, le gel prolongé reste rare, mais il suffit d'une nuit à moins cinq pour fendre une cuve pleine : l'eau gèle par le haut et fait pression sur les parois. La règle est de **vider la cuve aux trois quarts en novembre**, robinet ouvert, et de dévier le collecteur pour que l'eau reparte dans la descente. Une cuve à l'abri d'un mur exposé au sud tient mieux qu'une cuve en plein vent. **Le calendrier de l'année** Mars : remise en service du collecteur et nettoyage du filtre. D'avril à octobre : contrôle mensuel du couvercle contre les moustiques. Novembre : vidange aux trois quarts et dérivation du collecteur avant les premières gelées. Un quart d'heure par intervention, pas davantage. ## Ce qu'on a le droit d'en faire L'eau récupérée sert à l'arrosage, au lavage de la voiture et au nettoyage des sols extérieurs. Elle est plus douce que l'eau du réseau, sans chlore ni calcaire, ce qui plaît aux hortensias et aux plantes de terre de bruyère, nombreuses dans les jardins de la région. **Elle n'est pas potable** et ne doit pas servir à rincer des légumes crus. À l'intérieur du logement, l'arrêté du 21 août 2008 encadre strictement les usages autorisés (chasse d'eau, lavage des sols, machine à laver sous conditions) et impose un réseau entièrement séparé, avec des canalisations repérées et une déclaration en mairie quand le logement est raccordé à l'assainissement collectif. Un branchement bricolé sur le réseau d'eau potable est interdit, et pour de bonnes raisons. Pour aller plus loin sur le contexte des restrictions et les aides existantes, on a détaillé ailleurs [ce que change réellement un récupérateur en période de sécheresse](https://www.nouvelouest.com/le-recuperateur-deau-de-pluie-efficace-face-a-la-secheresse/). Côté achat, les cuves de 300 à 1 000 litres se trouvent en jardinerie et en grande surface de bricolage, entre 40 et 250 euros selon la contenance et la finition. Elles partent vite au printemps : en 2022 comme en 2023, les rayons se sont vidés dès les premiers arrêtés préfectoraux de restriction. --- ## À propos de l'auteur **Julien** — Je suis Administrateur Système et Réseaux, mais au delà des nouvelles technologie j'aime jardiner et trouver des solutions écologiques.