--- title: "Brigitte Macron appelle à l'aide pour l'hôpital en France: quelles solutions pour améliorer la situation?" url: https://www.nouvelouest.com/situation-hopital-en-france.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2023-09-05T09:04:52+02:00 date_modified: 2026-09-14T10:51:36+02:00 categories: ["Actualités"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2023/03/-2.webp description: "Une phrase prononcée par l'épouse du président ne déplace pas un euro du budget de la Sécurité sociale. C'est ce qui rend l'épisode intéressant : quand Brigitte..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Brigitte Macron appelle à l'aide pour l'hôpital en France: quelles solutions pour améliorer la situation? Une phrase prononcée par l'épouse du président ne déplace pas un euro du budget de la Sécurité sociale. C'est ce qui rend l'épisode intéressant : quand Brigitte Macron s'est inquiétée publiquement de l'état de l'hôpital et a dit qu'elle en parlerait à son mari, tout le monde a commenté la phrase, personne n'a regardé le seul endroit où l'hôpital se décide vraiment. Ce texte prend le sujet par là : qui tient les manettes, à quel moment de l'année, et pourquoi une prise de parole compatissante ne pèse presque rien face à un vote de novembre. ## Une parole sans levier Brigitte Macron n'a pas de mandat électif. Elle ne signe aucun arrêté, ne nomme aucun directeur d'agence régionale de santé, ne vote aucun crédit. Son statut a été précisé par une charte de transparence publiée en 2017, qui lui reconnaît une équipe et un rôle de représentation, sans budget propre ni pouvoir de décision. **Sa sortie relevait du témoignage, pas de l'action publique.** Ce n'est pas rien pour autant. Une épouse de président qui dit tout haut que les urgences craquent, ça oblige l'exécutif à répondre quelque chose. Mais la réponse a été verbale, elle aussi. **Qui décide quoi** Le financement de l'hôpital public se joue dans la loi de financement de la Sécurité sociale, votée au Parlement chaque automne, et dans les tarifs fixés ensuite par arrêté. Les effectifs dépendent des quotas d'entrée en institut de formation en soins infirmiers, arrêtés par les régions. Ni l'un ni l'autre ne passe par l'Élysée en direct. ## Le calendrier réel tient en deux mois Chaque année, l'objectif national de dépenses d'assurance maladie est débattu en octobre et novembre. **C'est là que se décide le nombre de milliards que l'hôpital recevra l'année suivante.** Une déclaration en septembre arrive au bon moment pour peser sur ce débat, à condition d'être suivie d'un amendement, d'un chiffrage, d'un arbitrage de Bercy. Rien de tel n'a suivi. Les soignants qui ont réagi à l'époque l'ont dit sans détour : ils avaient déjà eu droit à beaucoup de compassion. Le Ségur de la santé, en juillet 2020, avait revalorisé les salaires de plusieurs centaines d'euros mensuels. Trois ans plus tard, les lits fermés faute de personnel n'avaient pas rouvert pour autant, parce que l'argent ne fabrique pas des infirmières en douze mois. **Trois ans, pas trois mois** Le diplôme d'État d'infirmier se prépare en trois ans. Une décision d'ouvrir des places en institut de formation prise en 2023 produit ses premiers effets sur le terrain en 2026, et seulement si les promotions ne se vident pas en cours de route. L'abandon en première année reste le point noir du dispositif. ## À Saint-Nazaire, l'hôpital paie une facture en plus Vu de la Côte d'Amour, le débat national passe à côté d'un détail local qui compte. La Cité sanitaire, ouverte en 2012 boulevard Georges Charpak, regroupe sur un même site l'hôpital public et la clinique mutualiste de l'Estuaire. Elle a été construite en partenariat public-privé, un montage qui oblige l'établissement à verser chaque année un loyer à un consortium privé, et cela pendant des décennies. Concrètement, **une part du budget nazairien part en loyer avant même d'avoir payé un soignant**. C'est une contrainte que l'hôpital de Guérande ou celui de Nantes ne connaissent pas dans les mêmes termes. Quand on habite Pornichet ou Saint-Marc et qu'on attend aux urgences, ce n'est pas une abstraction comptable, c'est une ligne budgétaire qui n'ira pas au recrutement. **Le raisonnement qui ne tient pas** Dire que l'hôpital manque d'argent est vrai mais insuffisant. Deux établissements dotés du même budget par habitant n'ont pas les mêmes marges de manoeuvre selon leur dette, leur mode de construction et leur attractivité auprès des soignants. Le débat national de 2023 a beaucoup parlé de milliards, très peu de ces écarts. ## Ce qu'on peut attendre d'une prise de parole Reste une question honnête : faut-il reprocher à quelqu'un sans mandat de s'exprimer sur un service public ? Non. Le problème n'est pas qu'elle ait parlé, c'est que la séquence médiatique se soit arrêtée là. Pendant les quinze jours de commentaires, on n'a pas su combien de lits étaient fermés en Loire-Atlantique, ni combien de postes d'infirmiers restaient vacants au centre hospitalier de Saint-Nazaire. Ces chiffres existent, les établissements les publient, ils sont juste moins commentés qu'une phrase à l'Élysée. La bonne façon de suivre le sujet est plus ennuyeuse : lire le rapport annuel de l'établissement, regarder le taux d'occupation des lits en hiver, compter les postes ouverts au recrutement sur le site du centre hospitalier. Ça ne fait pas un titre, mais ça dit exactement où en est l'hôpital de son propre bassin de vie. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !