--- title: "Tatouages, tensions et dégradations : révélations et échos de Presse Océan" url: https://www.nouvelouest.com/tatouages-tensions-et-degradations-revelations-et-echos-de-presse-ocean.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-04-20T08:31:19+02:00 date_modified: 2026-09-14T11:01:09+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2025/04/-25.webp description: "Autant le dire tout de suite : il n'y a pas de révélation. Le titre promet des tensions et des dégradations, la lecture des articles de presse locale sur le sujet..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Tatouages, tensions et dégradations : révélations et échos de Presse Océan Autant le dire tout de suite : il n'y a pas de révélation. Le titre promet des tensions et des dégradations, la lecture des articles de presse locale sur le sujet ne donne ni chiffre de dégradation, ni plainte, ni incident daté. Ce qui existe, en revanche, et qu'on ne raconte presque jamais, c'est un cadre légal précis, une réglementation européenne sur les encres qui a changé en 2022, et un chiffre de sondage qui circule depuis sept ans sans jamais être daté par ceux qui le citent. C'est de ça que parle cet article. ![Gros plan sur un avant-bras tatoué, motifs noirs sur fond clair](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2025/04/-24.webp) Le tatouage occupe une place bizarre dans la conversation publique française. Tout le monde a un avis, presque personne ne connaît les règles qui encadrent le métier. Résultat : on écrit des textes sur les « tensions » que le tatouage susciterait dans la société, pendant que les questions concrètes, l'hygiène, la composition des encres, le détatouage, restent hors du champ. **Le chiffre, et sa date** Le fameux « 18 % de Français tatoués » vient d'un sondage **IFOP** publié en 2018. C'est une donnée déclarative, sur échantillon, et elle a sept ans. La reprendre en 2025 sans la dater, comme le font la plupart des articles sur le sujet, revient à présenter une photo d'archive comme une image du jour. ## Ce que dit la loi, et que presque personne ne cite Le tatouage n'est pas une activité libre en France. Depuis le **décret du 19 février 2008**, tout professionnel qui perce ou tatoue doit déclarer son activité auprès de l'agence régionale de santé, et suivre une formation à l'hygiène et à la salubrité, d'une durée de 21 heures. Le matériel piquant doit être à usage unique ou stérilisé, les déchets d'activités de soins à risques infectieux évacués par une filière dédiée. Le tatouage d'un mineur sans autorisation écrite des parents est un délit. Ces obligations changent la nature du débat. Un salon en règle tient un registre, achète ses encres auprès de fournisseurs identifiés, et peut être contrôlé. Ce n'est pas un détail administratif : c'est ce qui sépare un studio d'un tatouage fait dans une cuisine avec un kit acheté en ligne, qui reste la principale source réelle de complications. ## Les encres ont changé en 2022, et ça se voit sur les couleurs Le 4 janvier 2022, le **règlement européen REACH** a restreint l'usage de plus de 4 000 substances dans les encres de tatouage et de maquillage permanent. Deux pigments très utilisés, le Bleu 15:3 et le Vert 7, ont bénéficié d'un report d'un an avant d'être interdits à leur tour en janvier 2023. Concrètement, des tatoueurs ont dû reformuler des palettes entières. Les verts et les bleus turquoise sont ceux qui ont le plus souffert : les substituts autorisés tiennent moins bien dans le temps, selon ce que rapportent les professionnels. Un client qui compare son tatouage de 2019 à celui de 2024 et trouve la couleur moins dense n'imagine pas forcément qu'une décision réglementaire européenne est passée entre les deux. **Le piège du détatouage** En France, l'usage du **laser** pour effacer un tatouage est réservé aux **médecins**. Une séance ne suffit jamais : il en faut généralement entre cinq et dix, espacées de plusieurs semaines, pour un résultat qui reste souvent partiel sur les couleurs. Le coût total dépasse largement celui du tatouage d'origine, et rien n'est pris en charge par l'assurance maladie. ## « Dégradation » : le mot est mal choisi Le terme revient régulièrement dans les titres, sans jamais être défini. Il recouvre en réalité trois choses différentes qu'il vaut mieux distinguer. La première, c'est le vieillissement normal. Un tatouage bouge : les lignes fines s'épaississent avec les années, le noir vire au bleu-gris, l'exposition au soleil accélère tout. Ce n'est pas un accident, c'est de la physiologie. Les tatoueurs sérieux le disent avant de piquer. La deuxième, c'est la complication médicale : infection après une mauvaise cicatrisation, réaction allergique à un pigment, granulome. Elle existe, elle reste minoritaire, et elle est très liée aux conditions d'hygiène et au respect des consignes de soins pendant les deux semaines qui suivent. La troisième, c'est le regret. Il n'a rien de médical, et c'est pourtant le sujet dont on parle le plus mal. Le regret concerne le plus souvent des tatouages faits jeune, sur un coup de tête ou pour marquer une relation. Aucun encadrement ne protège de ça, à part le délai qu'on s'impose entre l'envie et le rendez-vous. ## Instagram a changé le métier, pas seulement l'image Le compte d'un tatoueur est devenu son portfolio, son carnet de rendez-vous et sa vitrine. Ça a eu un effet mesurable sur les pratiques : des styles très photogéniques, le fine line en tête, se sont diffusés vite parce qu'ils rendent bien sur un écran. Ils tiennent aussi moins bien dans le temps que des lignes plus épaisses, ce que les tatoueurs répètent sans grand succès. L'autre effet, moins visible, concerne les « flash days » et les tarifs. Un tatoueur reconnu sur les réseaux affiche des mois d'attente, tandis que des débutants cassent les prix pour se constituer une clientèle. La différence de tarif ne dit rien du niveau d'hygiène, qui lui est encadré de la même façon pour tout le monde. **Trois questions à poser avant de s'engager** Le studio est-il déclaré à l'ARS et affiche-t-il son attestation de formation hygiène ? Le tatoueur ouvre-t-il les aiguilles devant vous ? Peut-il vous montrer des photos du même tatouage cicatrisé, un an après, et pas seulement à la sortie de la séance ? Un professionnel sérieux répond aux trois sans se vexer. ## À Pornichet, un rendez-vous qui rend les choses visibles La Côte d'Amour accueille désormais son week-end consacré au tatouage, qui rassemble des artistes du Grand Ouest et au-delà. Ce genre de rassemblement a une utilité que les articles sur les « tendances » ratent souvent : il met côte à côte des styles, des tarifs et des façons de travailler, et il laisse au visiteur la possibilité de discuter une heure sans rien décider. C'est probablement la meilleure façon d'aborder le sujet. On regarde, on pose des questions sur la tenue des couleurs dans dix ans, on demande à voir des cicatrisations, et on repart. La décision peut attendre six mois. Le tatouage, lui, n'attend pas : il reste. **Ce qu'il faut retenir de ce dossier** Le tatouage en France est une activité réglementée depuis 2008, dont les encres sont contrôlées au niveau européen depuis 2022. Les vraies questions portent sur l'hygiène du studio, la composition des pigments et le coût du détatouage, pas sur une supposée fracture sociale que rien ne documente. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !