--- title: "Trois jours de musique enflammée avec Culture Bar-Bars à Saint-Nazaire, Pornichet et Trignac" url: https://www.nouvelouest.com/trois-jours-de-musique-enflammee-avec-culture-bar-bars-a-saint-nazaire-pornichet-et-trignac.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-11-29T22:17:35+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:57:56+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/11/-105.webp description: "Un festival dans onze bars répartis sur trois communes, ce n'est pas un festival : c'est onze soirées qui se tiennent en même temps et entre lesquelles il faut..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Trois jours de musique enflammée avec Culture Bar-Bars à Saint-Nazaire, Pornichet et Trignac Un festival dans onze bars répartis sur trois communes, ce n'est pas un festival : c'est onze soirées qui se tiennent en même temps et entre lesquelles il faut choisir. La 22e édition de Culture Bar-Bars, du jeudi 28 au samedi 30 novembre 2024 à Saint-Nazaire, Pornichet et Trignac, se jouait exactement là. Comprendre le format, c'est comprendre pourquoi on ne verra pas tout, et comment on s'organise pour en voir quand même la meilleure part. ![Un groupe joue dans la salle d'un bar bondé, le public serré autour des musiciens](https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/11/-104.webp) Culture Bar-Bars est né à Nantes à la fin des années 1990, autour d'une idée simple et un peu militante : le bar de quartier est la première salle de concert du pays, celle où un groupe joue ses dix premières dates devant quarante personnes. Le festival de fin novembre étend ce principe à l'échelle nationale pendant trois soirs. Sur le bassin nazairien, la déclinaison 2024 mobilisait onze établissements. **Le format en trois chiffres** Trois soirs, du 28 au 30 novembre 2024, onze lieux, trois communes. Aucun billet à acheter : dans le modèle Bar-Bars, l'entrée est libre et c'est **le bar qui prend en charge le cachet**, en se rattrapant sur les consommations. Le public paie donc en buvant, ou ne paie pas du tout. ## Pourquoi ça se passe dans un bar et pas dans une salle Une salle de spectacle demande une jauge, une billetterie, une équipe technique et une date calée un an à l'avance. Un bar demande une prise de courant, un coin de salle et un patron d'accord. Pour un groupe qui commence, la différence est décisive : c'est la seule scène où il peut jouer sans avoir déjà un public. Le revers est connu de tous ceux qui ont joué dans ces conditions. La sono est celle du lieu, la balance se fait à 18h entre deux tables, et le public de 22h n'est pas toujours venu pour la musique. Un concert de bar réussi tient souvent à un détail : la position de l'ampli par rapport au comptoir. ## Trois villes, trois soirées différentes Saint-Nazaire **concentre la plus grosse partie des lieux**, dans un périmètre qui se fait à pied : on peut enchaîner deux ou trois bars dans la soirée, écouter vingt minutes, sortir, aller voir ailleurs. C'est le seul endroit du dispositif où la logique de tournée fonctionne réellement. Pornichet et Trignac, elles, se vivent en soirée unique. On choisit un bar, on y reste, et on repart en voiture ou pas du tout. Les dix kilomètres entre Pornichet et le centre de Saint-Nazaire suffisent à décourager tout enchaînement, surtout un soir où l'on boit. **Le point aveugle du festival** Trois soirs de concerts gratuits dans des bars, à dix kilomètres les uns des autres, en novembre, avec des fins de soirée après minuit. Le retour est le vrai sujet, et il se règle avant de partir : un conducteur désigné, un taxi réservé, ou un lieu choisi à distance de marche de chez soi. ## Ce que ça rapporte aux bars, et ce que ça coûte Pour un établissement, accueillir un concert un jeudi de fin novembre n'a rien d'évident. Il faut dégager de la place, donc perdre des tables, payer un cachet, tenir jusqu'à une heure du matin avec le personnel qui va avec. Le calcul se tient quand la salle se remplit : la consommation moyenne monte, les clients restent plus longtemps, et une partie revient les semaines suivantes. Quand il ne se tient pas, le patron ne recommence pas l'année d'après. C'est ce qui explique la rotation des lieux d'une édition à l'autre, plus que les effets d'annonce sur la vitalité culturelle du territoire. ## Comment choisir sa soirée sans y passer la semaine La programmation d'un festival de bars ne se lit pas comme celle d'une salle. Les noms d'artistes ne disent rien à personne, sauf aux habitués de la scène locale. Deux méthodes marchent : suivre un style annoncé, ou suivre un lieu qu'on connaît déjà et dont on sait qu'on y sera bien assis, ou debout, selon ce qu'on cherche. Le samedi concentre l'affluence, **le jeudi reste la meilleure soirée pour écouter vraiment**. Si l'objectif est de découvrir un groupe et de lui parler après, c'est le jeudi qu'il faut y aller. **La bonne stratégie** Un lieu par soir, choisi à l'avance, plutôt qu'une tournée improvisée à cinq bars. Sur trois soirées, cela fait trois groupes vus en entier, ce qui vaut mieux que dix débuts de concerts entendus depuis le trottoir en cherchant une place au comptoir. ## Ce qu'il en reste après le week-end La scène du bassin nazairien vit toute l'année, dans des conditions plus discrètes : bars qui programment un concert par mois, associations qui montent des soirées, groupes qui répètent dans des locaux municipaux. Le festival de fin novembre rend cette activité visible trois jours, puis elle redevient une affaire d'affichettes sur une vitre et de pages suivies par trois cents personnes. C'est le point qui mérite d'être dit franchement : venir une fois par an à Bar-Bars ne soutient pas grand-chose. Y revenir un mardi de février, quand il y a quinze personnes dans la salle, oui. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !