--- title: "Un projet ambitieux pour revitaliser le vieux môle de Pornichet" url: https://www.nouvelouest.com/un-projet-ambitieux-pour-revitaliser-le-vieux-mole-de-pornichet.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2025-05-04T09:05:12+02:00 date_modified: 2026-09-10T09:12:47+02:00 categories: ["Actualités"] tags: ["Côte d'amour"] description: "Un mur de pierre centenaire qui prend l'eau ne fait pas la une, et c'est bien le problème. Le vieux môle de Pornichet abrite le port d'échouage depuis un siècle, il..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Un projet ambitieux pour revitaliser le vieux môle de Pornichet Un mur de pierre centenaire qui prend l'eau ne fait pas la une, et c'est bien le problème. Le vieux môle de Pornichet abrite le port d'échouage depuis un siècle, il se dégrade lentement par infiltrations, et la commune a dû trouver comment payer sa remise en état sans que la ligne disparaisse au premier arbitrage budgétaire. La réponse tient en deux décisions prises en conseil municipal un mercredi de fin septembre : rebâtir la passerelle qui reliait le boulevard du Port au môle, et ouvrir une souscription publique avec la Fondation du Patrimoine pour financer une partie de l'opération. Cet article regarde l'argent et la décision, pas le chantier. **La mécanique du financement** Une souscription de la Fondation du Patrimoine ouvre droit, pour un particulier imposable, à une réduction d'impôt de 66 % du montant donné. Un don de 100 euros coûte donc **34 euros** au donateur. C'est ce levier, plus que la générosité brute, qui fait décoller ce type de collecte. ## Pourquoi une souscription plutôt qu'une ligne au budget La commune aurait pu tout inscrire à son budget d'investissement. Passer par une collecte publique a trois effets que le budget seul n'a pas. D'abord, l'argent des donateurs vient s'ajouter aux fonds communaux, ce qui réduit le recours à l'emprunt. Ensuite, la Fondation du Patrimoine abonde souvent les souscriptions qui atteignent un seuil de mobilisation, ce qui transforme les premiers dons en effet de levier. Enfin, une collecte oblige à raconter l'ouvrage, donc à le rendre visible avant les travaux. Ce dernier point compte plus qu'il n'y paraît dans une commune où la population double en été. Résidents secondaires, anciens Pornichétins partis ailleurs, plaisanciers du port : ce sont des gens attachés au lieu, qui ne votent pas ici, et qu'aucun impôt local ne mobilise. Une souscription est à peu près le seul instrument capable de les faire contribuer. ## L'état du môle, sans dramatisation Les infiltrations dans une maçonnerie de bord de mer suivent toujours le même scénario. L'eau chargée de sel pénètre par les joints dégradés, gonfle en cristallisant, écarte les pierres, et le cycle recommence à chaque marée. Un joint qui lâche à un endroit accélère la dégradation autour de lui. C'est pour cette raison que le **rejointoiement extérieur** figure parmi les premiers postes de travaux : il ne s'agit pas de cosmétique. Rien n'indique que l'ouvrage menaçait de s'effondrer. Un môle en pierre se dégrade sur des décennies. La question posée aux élus n'était donc pas « faut-il sauver le môle demain matin », mais « combien coûtera l'inaction dans quinze ans », et la réponse à cette question est presque toujours défavorable à l'attente. **Le piège du patrimoine maritime** Reporter des travaux de rejointoiement de dix ans ne divise pas la facture, il la multiplie. Quand l'eau a désorganisé le cœur de la maçonnerie, on passe d'une reprise de joints à une dépose et repose de parements, un autre ordre de grandeur. Les collectivités qui ont attendu sur des ouvrages littoraux le racontent toutes. ## Ce que le conseil municipal a réellement voté Le vote de fin septembre portait sur le principe de la collecte et sur la convention avec la Fondation du Patrimoine, pas sur un chèque signé aux entreprises. C'est une étape administrative, moins spectaculaire qu'un coup de pelle mécanique, mais c'est elle qui conditionne le reste : **sans convention, pas de reçu fiscal**, donc pas de réduction d'impôt, donc pas de collecte. La reconstruction de la passerelle, décidée dans le même mouvement, a été engagée à l'automne suivant le vote, avec des travaux préparatoires puis l'assemblage d'un ouvrage de 106 mètres de long et 3 mètres de large. La ville a détaillé le projet et son intention de relier le passé au présent sur son site officiel, dans une page intitulée [Ville de Pornichet](https://www.ville-pornichet.fr/une-passerelle-pour-relier-passe-et-avenir), tandis que les modalités de don figurent sur la page dédiée à la [souscription pour le vieux môle](https://www.ville-pornichet.fr/une-souscription-lancee-pour-sauvegarder-le-vieux-mole). **Les étapes, dans l'ordre** Vote du conseil municipal fin septembre, signature de la convention avec la Fondation du Patrimoine, ouverture de la collecte, puis lancement des travaux à l'automne suivant. Une souscription reste ouverte pendant toute la durée du chantier, et parfois au-delà pour financer les tranches suivantes. ## Ce qu'un donateur achète, concrètement Pas une plaque à son nom, dans la plupart des cas. Un don à une souscription communale finance des joints, des micropieux et de l'acier galvanisé, choses dont personne ne prend de photo. Le retour réel est l'usage : pouvoir remonter sur le môle à pied, à n'importe quelle heure de marée, et regarder l'entrée du port depuis un endroit où l'on ne pouvait plus aller depuis une dizaine d'années. Pour les entreprises locales, le mécanisme est différent, avec une réduction d'impôt sur les sociétés au titre du mécénat et une contrepartie de communication encadrée. Les chantiers de ce type intéressent surtout les entreprises du bâtiment, du nautisme et du tourisme, celles dont l'activité dépend de l'attractivité du port. **Ce qui rend une collecte crédible** Un objet identifiable, une somme cible annoncée, un calendrier de travaux public et un compte rendu de l'avancement. Les souscriptions qui échouent sont presque toujours celles où le donateur ne voit jamais à quoi son argent a servi. Sur ce dossier, la ville a au moins l'avantage d'un ouvrage visible depuis le quai. ## Un môle, un front de mer, un même sujet La restauration du môle avance en parallèle du réaménagement du front de mer, engagé plus tôt et bien plus lourd financièrement. Les deux chantiers répondent à la même question : que fait une station balnéaire de son bord de mer quand la saison ne dure que deux mois et que les équipements datent, pour certains, de l'entre-deux-guerres. Nous avons consacré un article distinct à [la fin des travaux du front de mer de Pornichet](https://www.nouvelouest.com/pornichet-se-prepare-a-celebrer-la-fin-des-travaux-sur-son-front-de-mer.html), qui relève de la même logique d'ensemble. Reste une inconnue que personne ne maîtrise : le niveau de la mer et la fréquence des tempêtes. Un ouvrage de protection conçu il y a cent ans a été dimensionné pour des conditions qui ne sont plus tout à fait celles d'aujourd'hui. Le rejointoiement le remet en état, il ne le redimensionne pas. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !