--- title: "Vous imaginez-vous pouvoir économiser des centaines de litres d'eau chaque jour sans vous priver ?" url: https://www.nouvelouest.com/vous-imaginez-vous-pouvoir-economiser-des-centaines-de-litres-deau-chaque-jour-sans-vous-priver.html author: "Geoffrey Miron" date_published: 2024-02-14T08:34:29+01:00 date_modified: 2026-09-14T10:52:41+02:00 categories: ["Energie"] image: https://www.nouvelouest.com/wp-content/uploads/2024/02/-73.webp description: "Économiser des centaines de litres d'eau chaque jour sans se priver ? Il y a exactement une situation dans laquelle c'est possible : vous avez une fuite et vous ne..." site: "Nouvel Ouest" license: "Reproduction autorisée avec lien vers la source." --- # Vous imaginez-vous pouvoir économiser des centaines de litres d'eau chaque jour sans vous priver ? Économiser des centaines de litres d'eau chaque jour sans se priver ? Il y a exactement une situation dans laquelle c'est possible : vous avez une fuite et vous ne le savez pas. En dehors de ce cas, l'arithmétique s'y oppose. Un Français consomme **environ 150 litres par jour**, tous usages confondus, et personne ne peut économiser 300 litres sur 150. Ce qui ne veut pas dire qu'il n'y a rien à gagner : le gisement existe, il est simplement ailleurs que là où les listes de conseils vont le chercher. **Les 150 litres, poste par poste** Bains et douches : environ 39 %. Chasses d'eau : 20 %. Lave-linge : 12 %. Vaisselle : 10 %. Ménage et arrosage : 12 %. Boisson et cuisine : moins de 7 %. Autrement dit, deux robinets décident de près de 60 % de la facture, et ce ne sont pas ceux de la cuisine. ## La fuite, seul geste qui se compte en centaines de litres Un joint de chasse d'eau usé qui laisse filer un mince ruban d'eau dans la cuvette évacue couramment 100 à 200 litres par jour. Un flotteur bloqué peut monter bien plus haut. Le propriétaire ne voit rien, parce que le filet est silencieux et que la cuvette est blanche. Il découvre le problème sur la facture annuelle, six ou dix mois plus tard, quand le mètre cube est déjà parti. Le test se fait en dix minutes. Fermez tous les robinets, ne lancez aucun appareil, relevez l'index du compteur avant de vous coucher et relevez-le au réveil. Si le chiffre a bougé, quelque chose fuit. Deuxième vérification, pour la chasse d'eau seule : une feuille de papier toilette collée au fond de la cuvette, contre la paroi arrière, une heure après la dernière utilisation. Si elle est mouillée, **le joint est mort**. Il coûte quelques euros et se change sans plombier sur la plupart des mécanismes. **Ce qui se paie le plus cher** À un tarif de l'ordre de 4 euros le mètre cube, assainissement compris, une fuite de chasse d'eau à 150 litres par jour représente environ 220 euros sur une année. C'est la seule ligne de ce sujet qui se chiffre en centaines d'euros, et la seule qui se répare en une soirée. ## La douche : la durée, pas le pommeau Un pommeau standard débite 12 à 15 litres par minute, un pommeau économe 6 à 9. Le remplacement coûte entre 20 et 40 euros et se visse à la main. Mais l'effet est vite annulé si la douche s'allonge parce que le jet paraît moins vigoureux, ce qui arrive souvent. La durée reste le facteur qui décide de tout : cinq minutes contre douze, c'est 80 litres d'écart, chaque jour, par personne. Le mitigeur thermostatique fait mieux que les deux réunis dans beaucoup de salles de bains. Il supprime les trente à soixante secondes de réglage au démarrage, cette eau tiède qui part directement au siphon en attendant la bonne température. Sur une famille de quatre, cela représente quelques dizaines de litres quotidiens que personne ne remarque. ## Le jardin, poste saisonnier et local En Loire-Atlantique, la consommation d'un pavillon avec pelouse peut doubler entre juin et août. C'est aussi la période où les arrêtés préfectoraux de restriction tombent : la sécheresse de l'été 2022 a placé l'ensemble du département en alerte, avec interdiction d'arroser les pelouses et de laver les voitures en journée. Ces épisodes se sont répétés depuis, et le calendrier d'arrosage ne dépend plus seulement du bon vouloir de chacun. Un arrosage tôt le matin ou après 20 heures perd beaucoup moins par évaporation qu'à 15 heures. Un paillage de 5 à 7 centimètres au pied des massifs divise les besoins par deux. Et la pelouse grillée de juillet reverdit en septembre sans qu'on ait rien fait : elle n'est pas morte, elle dort. Renoncer à l'arroser est le geste le plus rentable du jardin. **Le récupérateur d'eau de pluie, en vrai** Une cuve de 300 litres se remplit avec 10 mm de pluie sur 30 m2 de toiture, ce qui arrive souvent sur la côte. Elle couvre l'arrosage et le nettoyage extérieur d'une bonne partie de la belle saison. Cette eau n'est pas potable et ne doit jamais rejoindre le réseau intérieur. Pensez au couvercle : une cuve ouverte devient un élevage de moustiques en trois semaines. ## Les gestes marginaux, à leur place Fermer le robinet pendant le brossage des dents économise 3 à 5 litres par lavage. C'est bien, ça s'apprend aux enfants, et c'est sans commune mesure avec le reste. Même chose pour la vaisselle : un lave-vaisselle récent en cycle éco consomme 9 à 12 litres, là où un lavage à la main sous le robinet en utilise 40 ou 50. Le bac de rinçage rétablit l'équilibre, mais l'appareil moderne gagne presque toujours. **Par où commencer ce week-end** Le relevé de compteur nocturne. La feuille de papier dans la cuvette. Un pommeau économe si le vôtre a plus de dix ans. Trois actions, moins d'une heure au total, et la quasi-totalité de ce qui est récupérable dans un logement ordinaire. ## Le vrai ordre de grandeur Un foyer attentif descend autour de 110 à 120 litres par jour et par personne, contre 150 en moyenne. Sur une famille de quatre, cela représente une quarantaine de mètres cubes par an, soit 150 à 180 euros. C'est réel, c'est utile, et c'est très loin des centaines de litres quotidiens promis par le titre. Les chiffres spectaculaires ne servent pas la cause : ils donnent l'impression que le sujet est réglé par une astuce, alors qu'il tient à deux robinets et à un joint de chasse d'eau. --- ## À propos de l'auteur **Geoffrey Miron** — Je suis un fervent défenseur de la cause des animaux et de la communauté vegan, je m'intéresse à toutes les espèces et surtout à leur protection. J'adore découvrir de nouvelles espèces à l'international et leurs petites particularités !