À Pornichet, découvrez une exposition vibrante et pleine de couleurs à ne pas manquer jusqu'à dimanche
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Le titre parle de couleurs, et il n'a pas tort, mais il passe à côté de ce qui rendait cette exposition intéressante. Les Couleurs du Japon, présentée à la salle d'exposition de Pornichet jusqu'au dimanche 27 avril 2025, montrait le travail d'Icinori, le duo formé par Mayumi Otero et Raphaël Urwiller. Leur sujet n'est pas la couleur en soi : c'est l'impression, la contrainte du nombre de passages sous presse, et la façon dont deux ou trois encres superposées finissent par en produire six. C'est beaucoup plus concret, et beaucoup plus instructif, qu'une explosion chromatique.
Qui sont Icinori, au juste
Mayumi Otero et Raphaël Urwiller se sont rencontrés pendant leurs études d'illustration à Strasbourg et travaillent ensemble depuis, sous un nom unique. Ils dessinent à quatre mains, publient leurs propres livres et impriment une partie de leur production eux-mêmes, en sérigraphie et en risographie. Cette double casquette d'auteurs et d'éditeurs explique la cohérence de ce qu'on voyait accroché : chez eux, l'image et l'objet imprimé sont pensés d'un seul mouvement.
Leur travail circule bien au-delà des salons de micro-édition, avec des commandes de presse et des couvertures qui les ont fait connaître à l'étranger. Les voir à Pornichet plutôt que dans une galerie parisienne relève d'un choix de programmation qui mérite d'être salué, parce que ce genre d'illustration se prête très bien à une salle municipale : format modeste, lecture rapprochée, aucun besoin de scénographie coûteuse.
Ce que veut dire vraiment le mot japonais dans le titre
La référence au Japon n'est pas un décor exotique plaqué sur des dessins. Elle tient à des choses précises : des aplats sans dégradé, un cerne net, des cadrages qui laissent des zones vides sans chercher à les remplir, et un rapport à la répétition du motif qui vient directement de l'estampe. Quiconque a déjà regardé de près une gravure sur bois d'Edo reconnaît la logique de fabrication : une planche par couleur, un calage millimétré, et la superposition qui crée les teintes intermédiaires.
Icinori ne copie pas ces images, le duo en reprend la contrainte technique et la déplace dans un vocabulaire contemporain. C'est là que l'accrochage devenait pédagogique, pour qui comparait deux planches voisines.
Cent mètres carrés, ni plus ni moins
La salle d'exposition de Pornichet fait 100 mètres carrés, ce qui correspond à une trentaine de pièces au format raisonnable, pas davantage. Autant le dire franchement : on n'y voit pas une rétrospective, et il ne faut pas y venir en attendant l'équivalent d'un centre d'art. C'est une salle de proximité, avec la qualité que cela suppose, la possibilité d'entrer un quart d'heure en sortant de la médiathèque, et la limite qui va avec.
Cette échelle a un mérite que les grands lieux ont perdu : personne ne fait la queue, et l'on reste devant une image aussi longtemps qu'on veut. Pour du dessin imprimé, qui se regarde de près, c'est presque un meilleur cadre qu'une grande institution un samedi après-midi.
Ce qui reste quand l'accrochage est décroché
Une exposition de quelques semaines ne laisse pas grand-chose derrière elle, sauf si l'on prolonge par les livres. C'est le cas ici : les ouvrages d'Icinori se trouvent en librairie et dans les fonds jeunesse et illustration des médiathèques, et ce sont eux qui contiennent le gros du travail du duo. La salle voisine étant justement la médiathèque, la bascule se faisait en traversant le hall.
Pour le reste, la programmation municipale tourne vite dans ce même espace, entre gravure, photographie et peinture. Consulter l'agenda de la ville avant de se déplacer évite l'aller-retour pour rien, surtout hors saison, quand les horaires se resserrent sans toujours être répercutés partout.
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