Découvrez les incroyables messages que la nature nous transmet à travers l'exposition de Pornichet !

Sommaire3 sections
  1. 01La chapelle fait la moitié du travail
  2. 02Des arbres, de la mer, et pas grand-chose d’autre
  3. 03Comment la regarder si la peinture vous ennuie

Autant enlever le suspense du titre : la nature ne transmet aucun message, et l’exposition présentée à la chapelle Sainte-Marguerite de Pornichet au printemps 2024 ne prétendait pas le contraire. Ce que Lydie Allaire et Nathalie Clément accrochaient aux murs, c’étaient des arbres et de la mer, peints par deux femmes qui vivent devant. Le titre de l’expo, « La nature nous parle », est une image, pas une promesse ésotérique. Reste une question qui vaut le détour par le 37 avenue du Littoral : que peut encore dire une peinture de bord de mer dans une commune où tout le monde a la vue en question depuis sa fenêtre ?

La chapelle fait la moitié du travail

Une chapelle est un mauvais lieu d’exposition sur le papier. Les murs sont irréguliers, l’éclairage naturel change toutes les heures, et l’accrochage doit composer avec des éléments d’architecture qu’on ne déplace pas. Sauf que ce défaut devient l’atout du lieu : dans un volume pareil, une toile de deux mètres respire, et la lumière qui tourne pendant la visite fait bouger les couleurs d’un tableau de mer bien mieux que trois spots réglés une fois pour toutes.

La chapelle Sainte-Marguerite se trouve dans la partie est de Pornichet, à quelques dizaines de mètres du littoral. On peut donc voir les arbres et l’eau peints à l’intérieur, puis sortir et regarder les mêmes cinq minutes plus tard. C’est un exercice de comparaison que peu de salles d’exposition proposent, et il est plus instructif que n’importe quel cartel.

Des arbres, de la mer, et pas grand-chose d’autre

Le motif de l’arbre revient beaucoup dans le travail des deux artistes. Un tronc de pin maritime tordu par le vent d’ouest, ce n’est pas décoratif : la forme raconte quarante ans d’exposition aux rafales dominantes, et c’est ce que la peinture attrape quand elle est bonne. Les verts des boisements de la côte se cognent aux bleus de l’estuaire, avec les gris qui vont avec, parce qu’ici la mer est verte, brune ou blanche bien plus souvent que bleue.

Sur l’ensemble, l’intention est lisible et un peu attendue. On tourne autour de la fragilité du littoral sans jamais l’écrire, et le spectateur a le droit de trouver que le propos s’arrête là. Une exposition n’a pas à sauver un écosystème pour valoir le déplacement.

Comment la regarder si la peinture vous ennuie

Le travail à deux mains ajoute un intérêt supplémentaire. Deux artistes qui peignent le même littoral n’en tirent jamais la même chose, et l’accrochage commun rend ces écarts visibles d’un mur à l’autre : le trait, le format, la place laissée au ciel. C’est souvent plus parlant qu’une exposition monographique, où l’œil n’a rien à quoi comparer.

Un conseil de visite, pour ceux que la peinture figurative laisse tiède. Ne cherchez pas le sujet, cherchez l’heure. Chaque toile de paysage porte une lumière datée : le blanc dur de midi en juillet, le rose bas de novembre à 16 h 30, la grisaille lourde d’un coup de vent d’avril. Identifier le moment devient un jeu, et le tableau se met à parler d’un temps qu’on a soi-même vécu sur cette côte.

L’autre entrée possible passe par les artistes. Elles habitent la région, elles peignent des endroits accessibles à pied ou à vélo. Rien n’empêche de repérer un lieu sur une toile puis d’aller le retrouver, ce qui transforme une visite de trente minutes en promenade d’après-midi.

Source: labaule.maville.com

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